Archives de l’auteur : Dominique HENROT

Le 1er mai 1871 n’est pas encore journée internationale des travailleurs, mais ce jour-là, on chante déjà sur les barricades parisiennes Le temps des cerises. Si trois semaines plus tard, la Commune de Paris s’achève dans un bain de sang, ette expérience révolutionnaire française inédite, observée du monde entier, proposait des avancées spectaculaires côté démocratie et travail, en particulier grâce à l’implication des femmes dans le mouvement révolutionnaire.
Beaucoup de ces innovations existent encore aujourd’hui reprises par le mouvement social, le Front Populaire et le conseil national de la résistance. Mais ces conquêtes sont en danger, remises en cause en permanence par un pouvoir tout dévoué aux nantis et au capitalisme mondialisé.
Sur fond de politique sanitaire hasardeuse, nous subissons une vague d’attaques contre les libertés et les services publics, la destruction méthodique de nos conquis sociaux et un discours raciste et xénophobe de la pire espèce, sans équivalents dans l’histoire récente de notre pays. Nous vivons une période sombre, marquée par une offensive d’une grande violence. Malgré les cris de la rue, la loi des riches tient le haut du pavé. Devons-nous pour autant nous résigner. Gardons à l’esprit que le peuple n’a pas toujours accepté sans réagir la violence des forces dominantes de l’argent : il y a 150 ans, au printemps 1871, la Commune secouait l’ordre bourgeois. Nous fêtons le premier mai 2021 en nous demandant si manifester est encore un droit. Ce gouvernement vient de faire voter par le Parlement des lois liberticides et s’apprête à faire cautionner par le parlement une loi climat bien loin des conclusions de la consultation qui l’a précédée décevant ainsi la plupart des citoyens qui s’y étaient engagés. Ce pouvoir organise des élections régionales et départementales les 20 et 27 juin dans des conditions encore jamais vues et pour lesquelles la campagne électorale sera réduite par les mesures sanitaires mettant à mal la démocratie. Départementales et régionales bientôt, présidentielle et législatives l’an prochain ne nous laissons pas enfermé dans le duel écrit d’avance entre LREM et RN ou Macron Le Pen. Il peut en être autrement si nous nous en mêlons tous : ici faisons en sorte que l’ensemble des forces alternatives de gauche et écologistes s’unissent comme nous le faisons sur les 4 cantons, comme le collectif « il est temps » veut le faire pour les régionales. Et allons plus loin encore pour la présidentielle et les législatives. Il est encore temps de bousculer l’ordre des choses qu’on prétend écrites.
On essaye de nous anesthésier à longueur d’antenne avec des dirigeants omniprésents sur les écrans : pandémie, violences urbaines, terrorisme et pendant ce temps dans l’arrière-boutique on détricote, on essaye de museler le peuple. Maintenant des galonnés, soutenus par Marine Le Pen, choisissant la date anniversaire du putsch d’Alger, en même temps que celle de la présence au second tour de Le Pen père, à l’élection présidentielle (face à Chirac) se répandent dans les médias et annoncent un possible coup d’état militaire fascisant (sommes nous en Birmanie ?). Ce n’est pas anodin, cela montre en particulier la place de plus en plus importante des idées de l’extrême droite et la tentation de les mettre en oeuvre chez ceux qui portent un uniforme. Cela montre aussi que malgré tout ses efforts pour faire passer le RN pour un parti comme les autres, Le Pen continue de marcher et de porter les idées de l’extrême droite. C’est un véritable danger et seule l’union des forces de gauche et écologistes est de nature à le combattre efficacement.
Dominique HENROT

LE CHOEUR DES HYPPOCRITES

Les lecteurs attentifs de NM auront noté les différentes réactions des Maires de nos grandes agglomérations côtières à la décision, après proposition du Préfet et de la DDTM, de la ministre du logement, de « carencer » leurs villes, c’est-à-dire de les taxer sévèrement pour non-respect de la loi SRU. Chacun y va de ses arguments spécieux ; et de prétendre qu’il fait le « job » ou que les conditions ne permettent pas de tenir des objectifs aussi ambitieux, ou encore qu’il ne reste plus de réserves foncières, qu’elles sont en zone inondable ou comme le maire de Cannes que cela va faire s’effondrer le marché de l’immobilier !

Le maire de Cannes n’est pas le dernier, ni le moins virulent dans cette charge contre la loi SRU, et ne peut s’empêcher d’une nouvelle charge anti-communiste, faisant semblant de croire que les soviets vont bientôt s’installer sur la Croisette. S’il est vrai que la ville de Cannes, avec plus de 17% de logements sociaux, (chiffre stable depuis une bonne décennie) est l’une du département qui a fait le plus d’efforts en la matière, ce n’est certainement pas le fait du Maire actuel qui se gargarise des réalisations de ses prédécesseurs. C’est pourquoi la ville de Cannes est de nouveau « carencée » pour la période 2017-2019 : pour avoir trop peu construit. C’est un peu différent pour Mandelieu qui avec un taux de 8.5% et malgré la construction de 69 logements sociaux sur la période (quelle performance !) est aussi carencée. En effet, pour les villes à faible pourcentage un dispositif de la loi permet de prendre en compte les efforts réalisés, ce qui ne semble pas être le cas ici. Enfin, le Cannet est, certes, la ville à plus forte densité du département il n’en demeure pas moins qu’au vu du nombre de grues que l’on voit s’élever et d’affichage de promotions immobilières que l’on peu voir dans ses rues on a du mal à croire qu’il n’y a plus de foncier disponible pour du logement social.

Certes, l’Etat de son côté n’aide pas beaucoup, mettant en difficulté les bailleurs sociaux publics en siphonnant leur trésorerie ou en leur imposant des regroupements qui vont éloigner les lieux de décision quand il faut pouvoir répondre aux besoins au plus prés. 

Pour l’heure, et alors que les demandes vont croissant, nos Maires qui se plaignent ne font pas vraiment les efforts nécessaires pour répondre à cette demande de manière satisfaisante.

Ajoutons que, contrairement à ce que prétend Monsieur LISNARD, ce n’est pas l’excès de construction de logements sociaux qui risque de provoquer l’effondrement du marché immobilier (à Cannes entre 3000 et 7000 € du m2 !). C’est peut-être plutôt les suites de la crise de la COVID, qui via la crise sociale notamment chez les employés de la restauration, du petit commerce, de l’évènementiel et de l’artisanat, va mettre toute une frange de la population dans une situation financière très critique. Cette situation conduisant à l’impossibilité d’assumer un crédit immobilier ou un loyer dans le secteur privé et va provoquer une demande accrue de logement dans le secteur social s’ajoutant aux plusieurs milliers de demandes non satisfaites dans le bassin cannois. Tout le monde ne va pas pouvoir dormir dans sa voiture !

Nous avons besoin de gardiens de la Paix pas de forces de l’ordre !


Alors que l’opposition au projet dit de « Sécurité globale » trouve un très large écho dans le pays et que l’insupportable violence policière qui s’est abattue sur Michel Zecler provoque une lame de fond d’indignation et de colère, le président de la République et le gouvernement, confrontés à une véritable crise politique, ne peuvent se contenter de déclarations. C’est l’ensemble du texte qui doit désormais être rejeté, au regard des atteintes graves qu’il porte en matière de liberté d’informer et de savoir, de liberté d’expression, de liberté de manifester, de processus de privatisation des missions de sécurité, alors qu’une politique publique ambitieuse est plus que jamais nécessaire. Le nouveau Schéma national du maintien de l’ordre, le Livre Blanc sur la sécurité intérieure, le projet de loi « confortant les principes républicains » (ex-projet de loi contre le séparatisme), ainsi que les 3 décrets publiés discrètement dans le Journal Officiel le 4 décembre et qui autorisent dorénavant à ficher les personnes en fonction de leurs opinions politiques, philosophiques, religieuses ou syndicales, complètent cette loi et dessinent un horizon lourd de menaces pour le droit dans notre République. Le droit à la sécurité pour toutes et tous est un impératif démocratique, une garantie essentielle pour les droits humains. Les provocations du ministre de l’Intérieur et du préfet de Police de Paris ne doivent plus être tolérées. L’IGPN doit être remplacée par une instance indépendante et démocratique. Il y a urgence à reconstruire le lien de confiance entre police et citoyens par la création d’une véritable police nationale de proximité, répondant aux attentes et aux besoins des populations, comme le met en avant une proposition de loi déposée en septembre 2017 par le groupe Communiste, républicain, citoyen et écologiste au Sénat.

La formation initiale, trop courte, et la formation continue, qui doit être élargie à plus de bénéficiaires, sont à rebâtir. Les brutalités et les violences, le racisme et toutes les formes de discrimination, les manquements à la déontologie et à une indispensable exemplarité, dont se rendent coupables certains membres des forces de l’ordre, portent un très lourd préjudice à notre pacte républicain.

La police nationale n’a pas à « être à l’image de notre société » comme le prétendent le RN ainsi que certains députés de LR : elle doit, sur les principes républicains, être exemplaire et les écarts sévèrement sanctionnés.

 Le PCF apporte son soutien aux fonctionnaires de police qui, dans des conditions difficiles, avec une dégradation continue de leurs conditions de travail et une réduction de leurs effectifs au cours des dernières années, face à une pression de plus en plus dure au nom de la politique du chiffre et d’une politique de répression, maintiennent une action respectueuse de nos principes républicains en assurant des missions de sécurité et de tranquillité publiques.

MAUVAIS CHOIX POUR L’HOPITAL DE CANNES

Nice Matin du 25 novembre annonce la création d’un nouvel EPHAD public à l’Hôpital de Cannes. On pourrait se réjouir de voir enfin les responsables, qui ont laissé sombrer dans une vétusté inacceptable les locaux et l’accueil de la « maison de retraite » de l’hôpital, comme ceux du centre de long séjour d’Isola Bella dépendant aussi de l’hôpital de Cannes, décider de les reconstruire. Mais les cannois doivent cependant savoir que ce beau projet n’est peut-être pas aussi idéal que le prétendent les « autorités » : direction de l’hôpital, comme Mairie de Cannes.

Car ce que ne dit pas l’article c’est que pour financer tout cela le terrain d’Isola Bella, un peu plus de 3 hectares quasiment en centre-ville, au pied de la Californie, est vendu à un promoteur !

Le service public de santé est dans un tel état de difficulté financière que pour financer une nouvelle activité ou remettre aux normes des locaux vétustes, on démembre, on cède activités, personnels, mais aussi terrain et bâtiments comme dans le cas présent. Il est clair que cette opération de crise hypothèque pour des décennies la possibilité de construction d’un autre EPHAD public à Cannes, alors que les besoins sont criants dans le bassin cannois et que les tarifs pratiqués par le privé sont prohibitifs excluants toute une partie de la population contrainte d’aller chercher ailleurs. Les multinationales de la gériatrie sont très implantées sur notre communauté d’agglomération, mais tout le monde n’a pas les moyens d’y séjourner. Il faut savoir que les tarifs de la maison de retraite de l’hôpital sont les plus faibles du département et environ moitié de ceux qui se pratiquent dans le privé.

De plus, la question de la capacité d’accueil est posée. En effet, regrouper les services d’ISOLA BELLA et ceux de la maison de retraite de l’hôpital laisse craindre une réduction de la capacité d’accueil globale même si le décompte annoncé est le même que l’actuel. Bien sûr, on nous dresse une liste exhaustive des lits à venir, mais quand on compare les services à l’existant le compte n’y est pas et en particulier dans la liste publiée n’apparaissent ni le CMP SHOAN, ni le service hospitalier de jour EXTIME tous deux basés à Isolla Bella. Il est vrai que ce sont deux services de la psychiatrie qui est la dernière roue du carrosse du ministère de la santé.

 En outre, le site actuel de l’hôpital est régulièrement saturé ; la construction de cette unité va accroitre de manière significative la circulation et les difficultés de stationnement tant pour les personnels que pour les malades et les visiteurs.

Lors de la campagne des municipales 2020 nous avions déjà soulevé ce lièvre. Notre liste, CANNES A VOUS , avait proposé de conserver le site d’Isola Bella, de le rénover et d’y maintenir une activité d’accueil de personnes âgées valides, leur offrant ainsi la possibilité d’accéder aisément au centre-ville, voire au bord de mer. Dans le même temps, il fallait travailler à d’autres moyens de financement de la reconstruction de l’EPHAD S. VEIL et d’y installer celles et ceux dont la dépendance nécessite la proximité des services hospitaliers. Cela permettait, de conserver sur S. VEIL un peu de foncier pour une éventuelle extension de l’hôpital dans les années à venir et à Isola Bella une augmentation de l’accueil en EPHAD. Au lieu de cela le projet mis en œuvre verrouille totalement le foncier.

Enfin, rappelons que le projet actuel se substitue à un projet antérieur dans le cadre d’un partenariat public-privé avec Orsac-Montfleuri qui, lui, n’aurait rien couté à l’ARS, mais qui a fini par capoter du fait de la maladresse ou de l’inconséquence des décideurs porteurs du projet actuel.

La direction de l’hôpital comme la mairie de Cannes ne devraient pas se féliciter de ce projet quand il faudrait regretter la réduction du service public pour de sombres intérêts financiers et de mauvais choix stratégiques.