APRES L’ELECTION A L’AMF.

Elections à l’Association des Maires de France (AMF).

Pour la première, fois à l’AMF, deux listes se sont affrontées. Celle conduite par le maire de Cannes, David Lisnard, l’a emporté haut la main, avec plus de 62 % des exprimés dans un scrutin informatisé, qui aurait dû rencontrer une participation beaucoup plus importante (presque 70% d’abstention) même si c’est beaucoup mieux que d’habitude. Cette faible participation s’explique pour partie parce qu’il est de tradition de constituer une seule liste qui soit représentative de l’ensemble des élus. David LISNARD et son partenaire du PS André LAIGNIEL ont constitué une liste répondant aux critères habituels de diversité de l’AMF. On trouve parmi les 23 élus au bureau de l’AMF des maires LR, PS, EELV, PCF mais pas de LREM. Cette instance du fait de sa représentativité est une véritable chambre d’écho de la France « des territoires » comme ils disent. Ce faisant elle pourrait représenter une voie d’opposition au pouvoir central. Macron ne s’y est pas trompé et a profité de la faiblesse des partis politiques d’opposition tant de droite que de gauche pour tenter, bien qu’il s’en défende, d’y installer ses propres troupes afin de verrouiller cette association avec qui les relations ne sont pas au mieux depuis le début de son mandat.

Quel avenir pour LISNARD ?

Le succès de la liste de Lisnard vient confirmer la défiance de l’AMF vis-à-vis de Macron et du pouvoir central. Il donne à celui qui considère les communes comme « les PME de la République » et qui estime « quelles doivent être dirigées comme des entreprises », une audience qu’il n’avait pas jusqu’alors. Cependant, contrairement au conseil municipal de Cannes où il n’a que des affidés, à l’AMF il n’aura pas les mains libres et devra tenir compte du pluralisme de l’association. Espérant se donner une stature nationale, en vue peut être d’autres projets politiques, il pourrait au final être moins populaire qu’escompté. Certes Lisnard, n’a pas le même style que son ami Ciotti, a qui il est venu apporter son soutien du bout des lèvres au meeting que ce dernier organisait il y a deux semaines à Mandelieu. Même si LISNARD se droitise de plus en plus, il ne veut pas insulter l’avenir et ne tient ni discours raciste ou xénophobe ni populiste et ne prend franchement position pour aucun des candidats à la candidature LR : prudence de renard mais place difficile à tenir dans le contexte LR actuel ! Il préfère essayer de donner une image de la droite républicaine qui soit fréquentable versus le RN qui ne le serait pas et s’en tenir aux fonctions qu’il a choisi d’assurer. C’est ainsi que jeudi dernier c’est en tant que président du Comité Régional du Tourisme du 06, passé récemment au hachoir par Muselier et Estrosi, qu’il en annonçait la relance devant ses amis GINESY et LEONETTI avec un financement important du conseil départemental.

La santé est malade !

Entretien avec Anthony Gonçalves, Oncologue médical et chef de département à l’Institut Paoli Calmettes de Marseille.

Le Professeur A. Gonçalves a fait son internat aux hôpitaux de Marseille et obtenu son diplôme de médecine en 1998 et sa thèse en pharmacologie en 2001 à Aix Marseille Université (AMU), après un séjour dans les laboratoires de L. Wilson et MA Jordan à l’Université de Santa Barbara (Californie). En 2001, il rejoint le département d’oncologie médicale de l’IPC, où il pilote le programme sur le cancer du sein métastatique. Il co-dirige l’unité d’essais précoces de l’IPC, en charge de développer des thérapeutiques médicales innovantes pour les tumeurs solides. Au sein du Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille (CRCM), il est membre de l’équipe « Polarité Cellulaire, Signalisation et Cancer » et de la plateforme de Protéomique. Il est également membre du comité scientifique du groupe Sein d’UNICANCER (UCBG), de la coordination du réseau européen de recherche clinique Onco Distinct de l’ESMO, de l’ASCO et de la Société française du cancer. Depuis 2013, il est Professeur à Aix-Marseille Université (Faculté de médecine de la Timone) et depuis 2018, il est responsable du Département d’Oncologie Médicale de l’IPC.

Le Patriote Côte d’Azur : Faites-nous un état des lieux de la santé en France.

Anthony Gonçalves : Il est plus qu’alarmant. Les soignants sont à bout. Cela n’est pas dû à la pandémie, même si elle a aggravé la situation. Avant 2020, avant la Covid 19, les soignants ont tiré la sonnette d’alarme. Manque de personnel, conditions de travail dégradées. Mais ce qui change maintenant c’est que ces dégradations ne viennent plus des réductions d’effectif mais c’est systémique. Depuis les années 1980, l’objectif poursuivi  était la réduction des politiques publiques, et la santé en faisait partie. Fermeture d’hôpitaux de proximité, fermeture de services, mutualisation sont les maîtres mots. Tout au long de la pandémie ils ont continué la fermeture de lits et même ceux de réanimation.  Mais maintenant nous n’en sommes plus là. On ne peut plus mettre un soignant en face du soin.

Dans ma ville, l’hôpital Sainte Marguerite comptait 3 services de réanimation, aujourd’hui il n’y en a plus aucun. Cet hôpital aurait pu aider pendant la pandémie et pourrait aider les autres hôpitaux aujourd’hui. La casse a été tellement programmée qu’aujourd’hui il faudra des années pour redresser la situation. 

 Le Patriote Côte d’Azur : Quelles solutions ?

Anthony Gonçalves : Il faut commencer par arrêter la tarification des actes pour l’hôpital. L’hôpital n’est pas une entreprise. Il a son budget propre, mais il ne doit pas compter ses interventions comme de l’abattage pour être rentable. Cela est primordial pour la qualité des soins prodigués et pour le bien-être des patients.

Il faut une embauche massive de personnels, il ne manque pas moins de 100 000 personnes pour faire fonctionner correctement les établissements. Un exemple en cancérologie sur 80 lits  à Marseille, 6 sont fermés par absence de médecins, d’infirmières et d’infirmiers, alors que le besoin est là. Cela représente environ 8% et nous ne sommes pas les plus mal lotis.

Donc pour embaucher des personnels il faut qu’ils soient formés et c’est là que le bât blesse. Même si le numerus clausus a été supprimé, c’est les ARS qui décident du nombre de médecins qui doivent être formés. Toujours en oncologie, il y a 6 postes de cancérologues qui sont ouverts alors qu’il en faudrait a minima le double tant la demande est exponentielle.  Les études, même si elles sont gratuites, doivent être aidées. En effet, il est quasiment impossible de mener ses études de médecine en ayant un boulot à côté. Donc on pourrait imaginer que l’Etat paye ces études mais qu’en contrepartie ces médecins iraient s’installer là où le besoin se fait sentir. Tout le monde sait que dans certaines spécialités, que cela soit à l’hôpital ou avec la médecine de ville, il faut des mois avant de voir un ophtalmologiste ou un urologue. Et cerise sur le gâteau, en cabinet, les dépassements d’honoraires sont monnaie courante et deviennent la règle. Si les médecins au sortir de leurs études vont dans les déserts médicaux, on pourra retisser une carte des soins et les patients ne feront pas des kilomètres ou ne débourseront plus des sommes astronomiques pour se soigner. Cela peut aussi passer par des pré-recrutements. Cela assurera la continuité du service public.

La question du financement est cruciale. Les cotisations pour la Sécurité Sociale ne doivent pas être revues à la baisse. Il faut, a minima, les maintenir voire les augmenter. La santé n’est pas une marchandise. 

Il faut aussi encourager la recherche. C’est grâce à la recherche publique que les traitements sont trouvés. La recherche publique en France est deux fois moins subventionnée qu’en Angleterre par exemple et dix fois moins que dans d’autres pays de l’Union européenne. C’est pourtant elle qui identifie, dans la majeure partie des cas, la découverte de la cible qui permettra aux laboratoires de finaliser les traitements. Si l’on prend l’exemple des vaccins contre le coronavirus, c’est l’Université d’Oxford en Grande Bretagne qui a découvert la cible et qui a permis de fabriquer avec Astrazeneca le vaccin. Astrazeneca a été correct car il a vendu le vaccin à prix coûtant soit 2€ la dose. Pour Pfizer l’histoire est tout autre, c’est au prix de 19 € qu’il est vendu, alors que lui aussi, est issu de la recherche publique. Il faut arrêter ce pillage organisé de notre Sécurité Sociale qui est notre bien commun à tous. Comment justifier qu’un traitement pour le cancer coûte pour une année 80 000 euros par personne ? Comment fait-on pour soigner les patients quand le budget est épuisé ? Les médicaments sont un business. C’est pourquoi je crois en un pôle public du médicament. Si on sait mettre au point les médicaments on saura les produire et nous n’engraisserons pas des actionnaires.

La santé est malade mais elle peut être soignée. Comment? En sortant ce secteur du service marchand et en prenant en compte que la santé c’est notre bien commun. Les remèdes existent.

FETE DE L’HUMANITE ET DES LIBERTES

Plus d’une centaine de participants sont venus de tous les coins du département, Grasse, Nice, Vence, Levens, Le Paillon, La Vésubie … pour se retrouver et participer à la conférence débat organisée sur le thème : de quel système de santé avons-nous besoin aujourd’hui ? Sujet au premier rang des préoccupations des français et un enjeu de premier plan pour les prochaines présidentielle et législatives.

Un accueil chaleureux des communistes du bassin cannois avec Dominique Henrot et Pierre Bernasconi qui affirmaient d’entrée : la question du service public est vitale.

Antony Goncalves, oncologue au Centre Paoli Calmette à Marseille rappelait qu’au lendemain de l’après-guerre, en 1945, deux actes forts ont marqué la volonté de prendre en charge deux pathologies particulières non prises en charge par la création des centres pour les maladies psychiatriques et les centres anti cancéreux (à l’intérieur desquels n’existent pas les dépassements d’honoraires).

Pour lui, la santé n’est pas que l’affaire des soignants, c’est un bien commun qui appartient à tout le monde et tout le monde doit s’occuper des stratégies de santé.

La pandémie a pointé les zones de faiblesse de notre système de soins au premier rang desquelles l’accès aux soins primaires avec des déserts médicaux qui ne cessent de s’étendre des zones rurales aux quartiers des agglomérations. L’une des raisons, en plus de numerus clausus des études médicales, en est l’absence de régulation d’installation des médecins. Est posée aussi la question de la démocratisation des études et de l’activité médicale. La réponse serait de mettre en œuvre en urgence un plan de formation en ouvrant largement les portes des facultés de médecine aux jeunes notamment des milieux défavorisés.  

Les dépassements d’honoraires se sont généralisés et pèsent sur le reste à charge des patients. 10 % de la population a été amené à un dépassement d’honoraires de plus de 2 000 euros par an et ce système existe dans les murs mêmes de l’hôpital public.

Aujourd’hui tout le monde est conscient de la crise qui secoue l’hôpital public. Cela n’a pas été toujours vrai. Après la guerre, les pouvoirs publics on y a ont massivement investi : les CHU créés alors ont quadrillé le territoire. Mais depuis 1980, l’hôpital a été confronté à la limitation des budgets, à la tarification à l’activité qui conduit à sélectionner les maladies les plus « rentables », à la réduction de la durée moyenne de séjour en prenant le virage de l’ambulatoire. Renvoyer les malades à la maison lorsque l’environnement de soins n’est pas au niveau n’est pas la solution. Le fil conducteur est de réduire la dépense publique sans oublier que la santé est un potentiel marché économique gigantesque qui suscite les appétits.

Aujourd’hui qui pourrait affirmer qu’embaucher 100 000 soignants n’est pas une nécessité ! Il faut relancer une grande politique de maillage médical pour les soins primaires avec des médecins salariés qui feront de la prévention sans dépassements d’honoraires Pour cela mettre en place une logique de pré-recrutement en assurant les études aux soignants assortie d’un engagement de servir en contrepartie.

Autre priorité : notre souveraineté en matière de médicaments. On est confronté à des ruptures et à des pathologies pour lesquelles les médicaments ne sont pas disponibles ! On dénombrait 50 cas de rupture de stocks fin 2000 on en est à 3000 aujourd’hui !

Des difficultés d’approvisionnement en principes actifs fabriqués dans des pays à bas coût : 80 % sont fabriqués hors Europe et on atteint des prix de traitements pharamineux : pour les leucémies, le prix du traitement vendu par Novartis atteint 400 000 € !

Le vaccin contre le covid a été en fait financé par l’Etat allemand et l’Union européenne. Ces recherches publiques ont permis la mise au point du vaccin de Pfizer qui a acheté le brevet et a mis à disposition uniquement ses chaînes de fabrication. La plupart des innovations médicales sont issues des travaux de la recherche de l’Université et des Instituts ensuite captés par une logique marchande à l’origine d’un prix du médicament totalement disproportionné.

C’est pourquoi la création d’un pôle public du médicament qui prenne en charge toute la chaîne de fabrication, produisant à grande échelle est réaliste, sur le plan national et européen.

Les médecins ont des tas d’idées et de propositions mais elles sont contraintes par les exigences financières qui apparaissent prioritaires.

Les vaccins sont efficaces et devraient être la propriété de tous les citoyens partout dans le monde : la sécurité sanitaire en dépend.

Régis Kalfan, oncologue à l’hôpital de Cannes estime que notre système de soins public est majoritairement accessible, performant et perfectible. La plupart des hôpitaux ont été construits dans les années 50 et ont besoin d’être rénovés et modernisés. L’hôpital de Cannes est délabré et le personnel travaille dans des conditions extrêmement difficiles. La crise du personnel n’est pas uniquement liée aux salaires mais aussi aux conditions managériales. Les hôpitaux sont soumis à des impératifs budgétaires qui aboutissent à réduire les effectifs, réduire les formations. Et la disparité s’accroît entre public et privé. Pendant l’épidémie Covid, les « hôpitaux » privés ont peu réduit leur activité médicale car ils doivent faire de l’argent. On se retrouve ainsi dans une logique de concurrence entre établissement de santé et entre professionnels de santé.

La logique de tarification à l’activité s’oppose totalement à une situation de crise. Les difficultés du service public de santé conduisent certains(à droite notamment ) à affirmer que notre modèle de santé serait arrivé à bout de souffle. Qu’il faudrait inventer un nouveau modèle : la privatisation, les partenariats publics – privés …

La grande majorité du personnel hospitalier est coincé entre le marteau et l’enclume et lorsque cette logique devient insupportable, on voit les personnels médicaux partir travailler ailleurs ou changer de métier.

Aujourd’hui à l’hôpital, l’orientation est : développer les activités ambulatoires moins coûteuses, renforcer les prestations annexes aux soins comme la télé, l’hôtellerie, automatiser certains processus comme s’enregistrer sur des bornes automatiques et tout cela fait disparaitre la valeur d’une activité qui est avant tout humaine.

On confie des missions de médecins à des infirmiers, des missions d’infirmiers à des aides-soignants. On instaure la journée de 12 h car elle permet d’économiser 1/3 de personnel. Le personnel travaille moins de jours mais s’épuise.

On se retrouve à imposer des conditions sanitaires épouvantables aux malades. A imposer des heures supplémentaires au personnel qui peuvent atteindre un volume de 100, 200 voire 300 hs par agent.

Les conséquences de cette politique c’est la réduction d’accès aux soins, obtenir un rendez-vous peut prendre 4 à 5 mois, alors que les gens reviennent à l’hôpital faute d’argent pour se faire soigner par une médecine de ville souvent insuffisante et aux dépassements d’honoraires fréquents. On est dans une logique inversée où la finance contraint le soignant et contraint le patient. Au fond du fond, c’est la perte de sens du travail.

Aujourd’hui, l’offre de soins doit être maillée, il faut aller vers des maisons de santé et un service public médical de proximité. Les enseignants acceptent les nominations de postes ailleurs, les services de santé doivent aussi le faire. Les études médicales qui sont financées par l’Etat doivent nécessiter un service rendu en échange pendant un certain temps. Dans notre pays, toute la population n’est pas couverte et c’est celle qui a le plus besoin d’accès aux soins pour diverses raisons qui doit pouvoir y accéder.

Pour Philippe Pellegrini, infirmier au CHU de Nice, syndicaliste, un des gros problèmes c’est l’attractivité des carrières et les conditions salariales. Un psychologue avec bac + 5 débute à 1400 euros et a les patients les plus difficiles. Quant à la semaine de 12 h, elle permet aussi sur les jours libérés à aller gratter quelques sous ailleurs …

Pour lui, on ne peut pas penser la question du service public de santé seul, il faut le penser avec les autres services publics. S’il n’y a plus d’école, de poste, de transports qui va aller soigner dans des territoires abandonnés ?

Le pôle public du médicament est urgent car il y a nombre de principes actifs qui sont aujourd’hui fabriqués par une ou deux usines dans le monde. On est donc totalement à la merci de la moindre mésaventure. Les pays riches ont de gros problèmes d’approvisionnement et sont sous la coupe des multinationales comme Sanofi. C’est un choix ! Les industries pharmaceutiques cubaine, chinoise … parviennent à produire des vaccins, la France non !

Le paludisme est la première cause de décès au monde chez les enfants et même les adultes mais la main invisible du marché fait des dégâts parce que la recherche comme les traitements ne sont pas « rentables ».

Cependant l’argent existe, le mouvement de la paix ici présent le dénonce : l’argent pour l’armement doit servir à la paix, à la santé.

Le débat qui a suivi a permis de creuser la piste des centres de santé qui répondent à la fois à la volonté des jeunes soignants de travailler autrement et permettent l’accès aux soins.

La très grande précarité des agents de santé a été mise en avant, confirmée par le fait qu’au CHU de Nice il y a eu jusqu’à 30 % de personnel contractuel. 

Les réformes successives de l’hôpital ont abouti à casser la démocratie et à faire du soin un acte technique. Alors qu’il ne se réduit pas à cela. Faire de la santé notre bien public commun, donner la priorité à l’humain, aux patients et à leurs familles doit être un axe fort de la campagne électorale.

Ensemble, il nous faut alerter sur les dégradations, dénoncer les carences, exprimer les besoins, et les moyens pour la santé, la médecine scolaire et la médecine du travail.

A la question : oui on peut égrainer ce qui ne va pas, mais comment on s’en sort ?

Après le tour de France de la santé par les députés communistes, le 2 décembre, S. Jumel, député communiste déposera une proposition de loi pour rendre le droit à la santé comme l’est le droit au logement UN DROIT OPPOSABLE. Cela nécessite des mesures contraignantes, des conventionnements sélectifs.

On peut être optimistes : les français ont applaudi les personnels de santé, ils sont conscients de la catastrophe annoncée. Il y a donc des possibilités, il nous faut élargir cette prise de conscience et en faire un enjeu des législatives, à travers un pacte. La priorité des moyens à donner à la santé et à l’hôpital est à porter par l’ensemble de la population.

Eliane GUIGO

ET MAINTENANTL’AVENIR 24 OCTOBRE

COLLECTIF POUR UN PACTE DE LEGISLATURE.

L’élection présidentielle est la consultation populaire qui mobilise le plus les citoyen-e-s. Cependant dans notre République c’est l’Assemblée Nationale qui vote les lois et les budgets, c’est encore cette Assemblée Nationale qui donne une majorité (ou pas) au Président de la République, qui donne la confiance ou la défiance au premier ministre qu’il aura désigné. L’inversion des dates des élections présidentielle et législative, suite à plusieurs cohabitations difficiles à vivre pour les présidents élus, conduit depuis plusieurs mandats à donner pour la législative une majorité confortable au président élu et à laminer complètement l’opposition. C’est la situation que nous vivons aujourd’hui avec un parlement « godillot ».

            La composition de l’Assemblée Nationale est déterminante pour la vie démocratique de notre pays. Il est donc nécessaire que l’ensemble des forces politiques y soient représentées pour ce qu’elles sont véritablement afin que cette instance joue vraiment son rôle.

            C’est le sens de notre démarche aujourd’hui pour un « pacte de législature » entre les différentes composantes de gauche, écologistes et citoyennes. Nous avons pris l’initiative d’interpeller toutes les forces en présence sur notre circonscription en vue d’une candidature commune à l’élection législative de juin 2022, sur la base de propositions élaborées en commun.

Cette construction est exigeante ; en effet il ne s’agit pas de travailler à un « accord de sommet », lequel conclurait évidemment mais ne précèderait pas les initiatives populaires indispensables, mais d’engager dès à présent avec toutes les forces disponibles, de gauche, écologistes, citoyennes les discussions qui permettent au maximum de nos concitoyennes et concitoyens de se prononcer sur les mesures gouvernementales nécessaires.

            Pour ce faire nous proposons aux citoyen-e-s de notre circonscription la constitution d’un collectif regroupant mouvements politiques, mais aussi citoyen-e-s investis dans les groupements syndicaux et associatifs d’y participer.

            Nous vous invitons donc à une première rencontre le 9 novembre de 18 à 19 heures dans nos locaux boccassiens.

(escalier extérieur à l’intersection des rues Joseph Flory et des Bosquets)

17 OCTOBRE UN CRIME D’ETAT OCCULTE.

            Le président de la République a commémoré le massacre du 17 octobre 1961, en pointant la seule responsabilité du préfet de police Maurice Papon, comme si celui-ci était indépendant du pouvoir en place. Il n’a parlé ni de colonisation ni de violences policières et encore moins de « crime d’État ».

            Samedi 16 octobre, le chef de l’État s’est rendu sur le pont de Bezons, dans les Hauts-de-Seine, pour commémorer le 60e anniversaire du massacre du 17 octobre 1961, en mémoire des travailleurs algériens tués ce jour-là par la police, alors qu’ils manifestaient pacifiquement avec leurs familles contre le couvre-feu imposé par décret aux « Français musulmans d’Algérie ».        C’est bel et bien une décision d’Etat qui fut à l’origine du drame. Michel DEBRE, premier ministre, pris la décision lors d’un conseil restreint le 5 octobre et le président DE GAULLE ne pouvait l’ignorer. Pointant la seule responsabilité de PAPON (dont on connait le passé peu glorieux lors de la seconde guerre mondiale), MACRON atténue la responsabilité de l’Etat Français dans la violence de la répression policière comme dans le mensonge qui a suivi. Selon Medhi LALAOUI dans Médiapart. On est passés de trois victimes officielles à “plusieurs dizaines”, mais à part ça, 60 ans après ce massacre, on ne sait toujours pas qui en étaient les commanditaires et les complices. Papon sert de coupable expiatoire. C’est une occasion manquée pour la vérité, qui concerne peut-être le fait qu’il ne faut pas heurter des électeurs potentiels à six mois de la présidentielle… »

 Une dépense d’éducation qui augmente davantage dans le privé

            Aux 1369 créations de postes dans le 1er degré correspondent 1354 emplois supprimés dans le 2d degré. Si l’évolution totale des emplois dans l’éducation nationale est positive (+913) c’est dû au passage de CDD à CDI des personnels d’accompagnement d’élèves en situation de handicap (AESH). Auparavant ils n’apparaissaient au budget !

            Les crédits prévus pour le premier degré augmentent de 2.3% en 2022, en lien avec les créations de postes. Le nombre d’élèves diminue, mais le ministère continue à dédoubler des classes de grande section de maternelle et à limiter à 24 élèves les CP et CE1 hors éducation prioritaire.

            Dans le second degré les dépenses n’augmentent que de 1.5% alors que le nombre d’élèves augmente d’autant en lycée. Ces deux taux sont aussi à comparer au taux d’inflation : 2.7% pour 2021.

            L’enseignement privé connaitra en 2022 une hausse des versements de l’Etat de 3%, passant de 7.7 à 8 milliards malgré la suppression de 159 postes. Faudra ajouter la prise en charge de toutes les maternelles du privé depuis la loi Blanquer. 100 millions sont crédités pour cela au budget. Mais on ne connaitra le cout réel que courant 2022.

 Pour la création d’un Observatoire des Grandes Pauvretés

            « L’ultra-précarité » en région Paca s’est accrue de manière significative dans notre région. Pour « connaître, comprendre, analyser les pauvretés au niveau local », un collectif régional i préconise la création d’un Observatoire des Grandes Pauvretés sur la région.     Un observatoire qui permettrait « une meilleure compréhension des phénomènes de pauvreté, et aboutir à des propositions concrètes« . L’objectif est également de mieux coordonner les actions en « renforçant les liens inter-acteurs, institutionnels et associatifs« . Assurer aussi une politique de logement digne, un accès à une alimentation saine, réduire la fracture numérique… Il est certain que la pandémie a bouleversé des équilibres de vie déjà bien fragiles pour certains. L’objectif, est que cette « ultra-précarité » dans notre région, ne poursuive pas sa courbe une année de plus. Il en va de l’avenir de milliers de personnes. Le maire de Cannes reconnait lui-même, ce que nous dénonçons depuis des années, que sa ville compte 20 % de ses concitoyens vivant en dessous du seuil de pauvreté. Il est peut-être temps de s’y mettre sérieusement.                                                      

La réforme de l’ISF a-t-elle tenu ses promesses ?

Stimuler l’investissement et tarir le supposé exode des riches matraqués par la fiscalité française, tels étaient les arguments du gouvernement pour justifier sa réforme de la taxation du capital. La publication la semaine dernière du troisième rapport d’évaluation de la réforme de la fiscalité du capital lancée au début du quinquennat Macron jette un pavé dans la mare. Le moins que l’on puisse dire à la lecture de ce document, rédigé sous l’égide de France Stratégie, est que ces mesures phares de l’exécutif : instauration d’un prélèvement forfaitaire unique(PFU) à 30 % sur les revenus du capital et transformation de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière (IFI), censées booster l’investissement productif et faire ruisseler la fortune des plus riches dans toute l’économie, peinent toujours à faire leurs preuves. Le second rapport (l’année passée) montrait déjà le boom des dividendes distribués (23 milliards en 2018 contre 14 en 2017 !) ce que confirme ce troisième rapport avec 1 milliards de plus encore. « Les équipes de recherche sont à même d’établir un effet causal de l’instauration de PFU sur le versement des dividendes aux ménages ». Il montre aussi que l’essentiel des placements financiers s’effectue dans l’immobilier et non pas dans le productif comme annoncé. L corrélation entre patrimoines immobiliers en 2019 et dividendes 2018 est très forte. Quant au retour des exilés fiscaux l’effet sur les rentrées fiscales est minime. En 2019 280 imposables à l’IFI ont quitté le pays et 340 sont revenus représentant 0,2% du total de l’IFI : c’est peanuts ! Pour mémoire en 2020 l’IFI à rapporté 1.6 milliards alors qu’en 2017 l’ISF avait rapporté 4.2 milliards !!

Le 1er mai 1871 n’est pas encore journée internationale des travailleurs, mais ce jour-là, on chante déjà sur les barricades parisiennes Le temps des cerises. Si trois semaines plus tard, la Commune de Paris s’achève dans un bain de sang, ette expérience révolutionnaire française inédite, observée du monde entier, proposait des avancées spectaculaires côté démocratie et travail, en particulier grâce à l’implication des femmes dans le mouvement révolutionnaire.
Beaucoup de ces innovations existent encore aujourd’hui reprises par le mouvement social, le Front Populaire et le conseil national de la résistance. Mais ces conquêtes sont en danger, remises en cause en permanence par un pouvoir tout dévoué aux nantis et au capitalisme mondialisé.
Sur fond de politique sanitaire hasardeuse, nous subissons une vague d’attaques contre les libertés et les services publics, la destruction méthodique de nos conquis sociaux et un discours raciste et xénophobe de la pire espèce, sans équivalents dans l’histoire récente de notre pays. Nous vivons une période sombre, marquée par une offensive d’une grande violence. Malgré les cris de la rue, la loi des riches tient le haut du pavé. Devons-nous pour autant nous résigner. Gardons à l’esprit que le peuple n’a pas toujours accepté sans réagir la violence des forces dominantes de l’argent : il y a 150 ans, au printemps 1871, la Commune secouait l’ordre bourgeois. Nous fêtons le premier mai 2021 en nous demandant si manifester est encore un droit. Ce gouvernement vient de faire voter par le Parlement des lois liberticides et s’apprête à faire cautionner par le parlement une loi climat bien loin des conclusions de la consultation qui l’a précédée décevant ainsi la plupart des citoyens qui s’y étaient engagés. Ce pouvoir organise des élections régionales et départementales les 20 et 27 juin dans des conditions encore jamais vues et pour lesquelles la campagne électorale sera réduite par les mesures sanitaires mettant à mal la démocratie. Départementales et régionales bientôt, présidentielle et législatives l’an prochain ne nous laissons pas enfermé dans le duel écrit d’avance entre LREM et RN ou Macron Le Pen. Il peut en être autrement si nous nous en mêlons tous : ici faisons en sorte que l’ensemble des forces alternatives de gauche et écologistes s’unissent comme nous le faisons sur les 4 cantons, comme le collectif « il est temps » veut le faire pour les régionales. Et allons plus loin encore pour la présidentielle et les législatives. Il est encore temps de bousculer l’ordre des choses qu’on prétend écrites.
On essaye de nous anesthésier à longueur d’antenne avec des dirigeants omniprésents sur les écrans : pandémie, violences urbaines, terrorisme et pendant ce temps dans l’arrière-boutique on détricote, on essaye de museler le peuple. Maintenant des galonnés, soutenus par Marine Le Pen, choisissant la date anniversaire du putsch d’Alger, en même temps que celle de la présence au second tour de Le Pen père, à l’élection présidentielle (face à Chirac) se répandent dans les médias et annoncent un possible coup d’état militaire fascisant (sommes nous en Birmanie ?). Ce n’est pas anodin, cela montre en particulier la place de plus en plus importante des idées de l’extrême droite et la tentation de les mettre en oeuvre chez ceux qui portent un uniforme. Cela montre aussi que malgré tout ses efforts pour faire passer le RN pour un parti comme les autres, Le Pen continue de marcher et de porter les idées de l’extrême droite. C’est un véritable danger et seule l’union des forces de gauche et écologistes est de nature à le combattre efficacement.
Dominique HENROT