Donner du « pouvoir d’achat », pour donner du « pouvoir de vivre » décemment pour tous! Moins d’argent aux actionnaires davantage à ceux qui sont dans la misère !

 

Les portes parole de Macron qui regrettent d’avoir  « été trop subtils, trop intelligents », ceux qui considèrent qu’une partie des smicards font partie des « foyers les plus aisés », confirment que la déclaration de Macron l’autre soir à la télé était bel et bien un rôle de composition, que sur le fond rien ne change et que ce gouvernement va continuer à mener sa politique en faveur des plus riches et des grandes entreprises redistributives de dividendes. Il n’y aura pas de progrès du SMIC comme annoncé, mais une augmentation de la prime d’activité délivrée par la CAF et encore pas pour tous les smicards. Ce sont donc les contribuables qui vont financer cette hausse de revenu légitime, pas les patrons. De plus cette prime ne génère aucun droit pour la protection sociale et la retraite. Encore tout bénef pour le patronat. Quant à la défiscalisation des heures supplémentaires, les expériences passées ont montré que ce n’est pas en faisant travailler plus ceux qui ont déjà un emploi qu’on permet à ceux qui n’en ont pas d’en trouver un dussent-t-ils traverser la rue.

Bien sûr, les gilets jaunes, qui sont chômeurs, retraités, artisans, salariés de PME et TPE n’appréhendent pas de la même manière ces questions. Le MEDEF, les actionnaires, le CAC 40, ce n’est pas leur quotidien. Mais le fait qu’ils demandent le rétablissement de l’ISF, montre qu’ils comprennent bien les problèmes contrairement à ce que voudraient faire croire certains. Il faut cependant aller plus loin avec, par exemple, la suppression du CICE dont l’effet sur les créations d’emplois est plus que contestable. Il faut encore aller plus loin en prélevant à la source l’impôt sur les entreprises comme pour les autres contribuables. Il y a là un gisement d’argent public qui permettrait de satisfaire immédiatement plus d’une des revendications des gilets jaunes.

Enfin, le grand débat national est une nouvelle tentative d’enfumage: on doit découper en suivant bien les pointillés. Sur le terrain comme au parlement, les communistes feront tout pour bousculer ce schéma.

Dominique HENROT 21/12/18

 

La chute d’une étoile !

 

Les patrons du CAC 40 ne digèrent pas l’affaire Ghosn. Que « l’empereur de l’automobile » se retrouve du jour au lendemain, embastillé comme la dernière des crapules, ça les tétanise. Le MEDEF flippe. C’est la panique dans les beaux quartiers. Le PDG d’Orange se dit « sidéré ». La presse  « bien-pensante » en rajoute ; Ce serait un mauvais coup, une mauvaise manière des Japonais, qui détestent les étrangers, qui sont « xénophobes ». Ce serait le retour du péril jaune, en quelque sorte. La justice nipponne serait donc au service d’autres intérêts que ceux de …la justice. Comment croire de telles bêtises quand les chefs d’accusation à l’égard du PDG de Renault Nissan sont avérés. Sa garde à vue est aujourd’hui prolongée, probablement jusqu’au début de l’année prochaine, alors que le parquet de Tokyo l’accuse maintenant d’abus de confiance ; il aurait utilisé des fonds de ses entreprises pour éponger des pertes personnelles lors de la crise des subprimes en 2007/2008.

Contrairement à ce qu’on essaye maintenant de nous faire avaler, Monsieur GHOSN n’est pas un homme à part, une « ovni » comme dit le Figaro. Il est l’incarnation du capitalisme outrancier, symbolisé par cette caste de  grands patrons rapaces de sociétés multinationales à qui les gouvernements cèdent tout sur l’autel du profit. Cette monarchie patronale qui ouvre et ferme les usines ; qui achète, liquide et revend en pièces détachés entreprises et salariés. Ce qui se passe aujourd’hui avec Ford Blanquefort en est un autre exemple. L’arrestation de Ghosn met effraie ses amis du CAC 40. Elle monte que personne n’est au-dessus des lois. Alors que les gilets jaunes, pas dupes du jeu de bonneteau auquel se livrent Macron et sa majorité au parlement, continuent d’occuper les ronds-points en exigent du « pouvoir vivre », Il est peut-être temps que la justice française s’intéresse à la manière dont ces grands capitaines du capitalisme construisent leurs fortunes et qu’un peu d’ordre y soit remis.

Dominique HENROT  21/12/18

Produire et partager autrement les richesses

En cette période où la question du pouvoir d’achat taraude le quotidien des ménages modestes, au-delà même des gilets jaunes, il est bon de rappeler ce qu’une étude d’un institut d’études économiques, l’Observatoire français des conjonctures économiques, d’octobre 2015 et consacrée aux prélèvements obligatoires sur les entreprises et les ménages nous indiquait alors.

Elle révélait qu’en 2016 les mesures adoptées par les gouvernements de François Hollande feraient revenir le taux de prélèvement sur les entreprises « à 16,4 % du PIB, soit un niveau inférieur à celui d’avant la crise de 2008 », alors que celui sur les ménages « atteindrait un plus haut historique en 2016, à 28,2 % du PIB ». Elle ajoutait qu’en 2017, différentes autres dispositions en faveur du capital devraient conduire à réduire la fiscalité des entreprises d’environ 10 milliards d’euros, amenant le taux de prélèvement sur les entreprises « à un plus bas historique depuis le début des années 2000 ». Avec l’installation à l’Élysée d’un chargé d’affaires du capital financier, la dérive s’est accentuée. Emmanuel Macron entend baisser progressivement le taux de l’impôt sur les sociétés de 33 à 25 % ; il institue un taux réduit de prélèvement sur les dividendes ; supprime l’impôt sur la fortune pour les plus hauts ­patrimoines financiers et professionnels ; veut transformer le crédit d’impôt compétitivité emploi de François Hollande en une baisse pérenne de cotisations sociales des entreprises, un cadeau d’environ 40 milliards d’euros.

On peut avec ces décisions deviner que son véritable objectif est de désengager le patronat et les riches de toute contribution au système de protection sociale que le peuple français s’est donné et de transférer son financement sur la CSG, soit sur un impôt payé pour l’essentiel par les salariés. À l’opposé de cette démarche ruineuse pour l’économie, dangereuse pour les conditions de vie et la sécurité d’existence des travailleurs et de leur famille, des retraités, des chômeurs et précaires, il faut renforcer les liens du financement de notre modèle social avec le système de production de richesses à l’entreprise, rétablir les cotisations dites patronales en accroissant leur efficacité, notamment en instituant un nouveau dispositif qui conduirait à taxer davantage les entreprises qui spéculent, sont gérées avec le seul souci d’augmenter les profits en sacrifiant l’emploi et les salaires. L’on doit réduire le coût du capital, taxer le patrimoine et les revenus des riches pour augmenter la part de la production de richesses revenant à ceux qui vivent de leur travail.

Pierre IVORRA

L’HUMANITE

Mercredi, 12 Décembre, 2018

De tout le pays monte la colère populaire contre l’injustice sociale et fiscale.

De tout le pays monte la colère populaire

                                                                                 contre l’injustice sociale et fiscale.

 

Qu’ils portent des gilets jaunes, des blouses blanches ou des robes noires, des millions de femmes et d’hommes n’acceptent plus le sort qui leur est fait.

Ils le disent haut et fort : « Trop, c’est trop !

On ne peut continuer à vivre avec des salaires de misère, des pensions sans cesse rognées, des allocations sacrifiées sur l’autel de l’austérité. »

Nous sommes des leurs !

Ce gouvernement au service de la finance a multiplié les cadeaux fiscaux à une poignée d’ultra riches. De l’autre, il aggrave les difficultés et la précarité pour les salariés, les privés d’emplois, les jeunes, les retraités. Les femmes en sont les premières victimes.

Nous disons que la transition écologique, vitale à l’heure où l’humanité est menacée de terribles catastrophes, ne peut être menée à bien sans progrès social et sans changer notre modèle économique.

Avec les femmes et les hommes mobilisés dans les rues, dans les entreprises, dans les quartiers, nous voulons une économie au service de l’humain. Il faut une autre utilisation de l’argent pour produire autrement, pour partager les richesses créées par le travail.

L’heure est à la conquête de nouveaux pouvoirs, de l’entreprise à la République, jusqu’à l’Union européenne.

Il faut cesser de culpabiliser la majorité de notre peuple. Pour que chacune et chacun puisse vivre dignement, il y a besoin d’augmenter les salaires, les pensions, les minima sociaux. Il y a besoin de services publics réhabilités (école, écologie, recherche, système de santé, culture, accessibles à toutes et tous), d’investissements massifs dans les transports collectifs, la rénovation énergétique des logements.

 

Macron, champion de la poudre de perlimpinpin et du jeu de bonneteau !

 

Gros efforts de mise en scène, vocabulaire choisi pour faire plus « peuple », mais le fond est creux. Après le discours du Président de la République force est de constater que celui-ci n’a pas pris la vrai mesure de la crise sociale et politique qui touche notre pays. Un exercice de style visant davantage à essayer de récupérer l’opinion publique. Maniant le bâton et la carotte pour les « gilets jaunes » dont il espère que la « radicalisation », attendue après cette « pseudo » prise en compte des attentes du peuple de France, provoquera une rupture dans le soutien que ce dernier apporte aux gilets jaunes. Stratégie dangereuse et qui pourrait à tout moment produire l’effet inverse de celui attendu.

Cependant, la lutte des Gilets Jaunes,  dont de longue date le mouvement social organisé a préparé le terrain (Code du Travail, SNCF, Retraites, Hôpital Public, EHPADS..), remporte ainsi quelques succès dont il faut féliciter les artisans dont la détermination doit être objet de respect.

Mascarade à propos du SMIC, miettes pour les retraités, appel à la prime de Noel éhonté aux chefs d’entreprises dont tout un chacun sait que les PME et TPE ne pourrons pas l’assurer, sortie du placard de la défiscalisation des heures supplémentaires, etc… le nouveau monde ressemble quand même beaucoup à l’ancien avec les mêmes méthodes, les mêmes recettes qui permettent de ne jamais s’attaquer au fond du problème et notamment aux profits honteux des ultra riches et des multinationales. A aucun moment le Président propose d’améliorer les services publics, de rendre la fiscalité plus juste, de lutter efficacement contre l’évasion et la fraude fiscale.

Supprimer le CICE aux entreprises qui ne l’utilisent que pour améliorer les dividendes, rétablir l’ISF dont on voit bien que la suppression n’a en rien boosté l’économie de ce pays, prélever à la source les profits des multinationales; voilà des décisions qui auraient pu apaiser la colère des français.  Et oui, c’est de plus de justice sociale, de plus de justice fiscale que les français ont un besoin vital aujourd’hui; pas de cautère sur une jambe de bois. Ce n’est pas le choix qui a été fait. Macron a préféré tenté de diviser quitte à produire le chaos.

Le mouvement des gilets jaunes va donc vraisemblablement se poursuivre, probablement se durcir avec des excès dans les actes comme dans les propos. On peut le regretter mais la surdité et l’aveuglement du Président de la République lui font porter l’entière responsabilité de cette situation.

Maintenant, partout dans le pays doivent monter les expressions écrites des doléances de toute nature : le pouvoir a cherché à gagner du temps ; nos compatriotes ne laisseront pas faire ; le PCF sera au premier rang de l’expression populaire pour faire murir les solutions alternatives qu’appelle une crise politique et sociale inédite.