ET MËME LES TROUS NOIRS PEUVENT MOURIR ( II)


Réflexions sur les élections des Etats Unis d’Amérique

Olivier GEBURHER 11 novembre 2020
Je poursuis ici les réflexions figurant en partie I ; depuis deux éléments nouveaux sont venus s’ajouter ; d’une part les commentaires de l’Humanité , spécialement de Christophe Deroubaix que je partage à des nuances près qu’on découvrira ; d’autre part, un ami me fait part d’objections relatives au vote par correspondance ; ne voulant pas être dévié du sujet principal je rejette mes commentaires à cet égard en Note
3)Le Vote et ses caractéristiques
On a pu dire globalement que c’était un vote « Ville » Versus « Campagne » ; sans avoir accès aux cartes détaillées on peut admettre ce principe avec une observation ; au centre des Etats Unis les territoires sont très peu peuplés avec d’immenses propriétés ( ranchs ) et de toutes petites agglomérations et dans celles-ci le temps semble s’être arrêté au siècle dernier en tout cas ; le système électoral fait que à l’évidence les Etats « monocolores » sont en fait Bicolores partout avec une dominante ; cette dominante peut être extrêmement concentrée dans les grandes métropoles où l’information circule , où la connexion internet est la règle ce qui n’est absolument pas le cas dans les petites agglomérations . Ceci est aussi un facteur explicatif mais il faut entrer dans les détails.
Il est profondément inexact de dire que le vote démocrate est d’abord un vote anti Trump ; même en admettant que le programme Biden était très limité , il contient néanmoins des engagements significatifs DE GAUCHE et de plus on ne voit pas pourquoi le raisonnement en serait pas parfaitement symétrique : Le Vote Trump pourrait être déclaré aussi bien vote Anti Biden : il est par ailleurs clair que ces DEUX motivations symétriques ont joué leur rôle mais y réduire le scrutin est une falsification .
a) D’une part, on le verra, le programme Démocrate n’est pas insignifiant ; il l’est, vu depuis la lunette d’un observateur de gauche EN FRANCE.
b) Avant le scrutin , d’éminents observateurs politiques Français notaient que le problème pour Biden serait dans ce qu’on appelle la Rust Belt , la ceinture de la rouille dans les Etats du Nord Est où l’industrie a été saccagée et où on peut voir encore des villes fantômes et les désastres des politiques antérieures : du chômage de masse on passe à la pauvreté , à l’endettement , à l’éclatement familial , à la maladie , l’absence de soins etc… Ces mêmes observateurs se réjouissaient sous cape de penser que le programme « vert » de Biden créerait un antagonisme irréductible vis-à-vis d’une classe ouvrière martyrisée et fragilisé ; il n’en a rien été comme on l’a vu. Les mêmes observateurs se ravisèrent après les résultats et conclurent que ceux-ci étaient dues aux promesses mensongères de D Trump. Evidemment ce rappel est exact ; D Trump promit la relocalisation d’industries dans ces Etats saccagés mais au bout de 4 ans , on ne vit rien venir et cela ne se pardonna pas .Le phénomène mérite qu’on s’y arrête ; il faut noter avant tout que ces Etats retrouvent une majorité Démocrate PLUS IMPORTANTE que les pertes occasionnées par le basculement Trump des années antérieures ; Comment expliquer la première bascule , c’est-à-dire le vote Trump aux précédentes élections présidentielles : il semble que les choses soient simples ; d’une part le glissement du parti Démocrate avait provoqué désertion et dégoût ; et d’AUTRE PART , Trump joua a fond son image de Businessman , et beaucoup d’ouvriers très qualifiés s’y laissèrent prendre . UNE FOIS. Dans un pays où le syndicalisme de classe est INEXISTANT il devrait être noté comme remarquable un retournement POLITIQUE de cette nature ; il n’y a pas de mystère ici : l’ombre portée de la campagne Sanders a réveillé un sens de classe latent et ce même facteur colore qu’on le veuille ou non la campagne démocrate, et selon moi, l’effet Sanders n’est pas achevé. Il est rarissime que je sois d’accord avec un politicard aussi véreux que D Cohn Bendit mais je dois dire qu’il répliqua de bonne façon à l’ignoble Luc Ferry à ce sujet qui prétendait comme il est de règle à l’extrême droite française que la classe ouvrière Nord-Américaine votait Trump. C’est FAUX.
c) On l’a déjà noté, le Ticket Biden – Harris est tout sauf insignifiant et n’est en rien un remake des époques antérieures. Mais encore faut il y insister pour la suite ; en dépit des projections lues dans l’Humanité d’aujourd’hui , le vote des Sénateurs en Géorgie qui aura lieu dans deux mois peut arracher le Sénat à la Majorité Trump : le parti Démocrate y comporte des militantes de tout premier ordre et d’une extraordinaire combativité ce qui est encore totalement nouveau ; mais surtout il y a la déclaration stupéfiante de Kamala Harris lorsque la victoire était proche ; elle donna rendez-vous dans deux ans pour PROLONGER le vote actuel ; ce positionnement de combat est lui aussi très significatif ; la bataille ne fait que commencer . Cela n’a rien en commun avec le scénario 1981 en France .Je m’empresse d’ajouter que ce même positionnement de la Vice-Présidente n’en fait pas une révolutionnaire cachée ni même une supporter de Sanders mais ses déclarations montrent pour le moment une détermination très compréhensible , lucide et qui situe le combat politique sur la durée : le parti Démocrate joue là son avenir et étant donné la mobilisation actuelle il semble raisonnable de penser que cette attitude prévaudra au sein du Parti Démocrate ; l’échec n’est donc à ce stade nullement fatal
d) Examinons le Vote Trump :
Les observateurs politiques les plus lucides en France lui attribuent un socle de 20 à 30% de son score actuel , lequel est évidemment beaucoup trop élevé à mon goût ; alors le reste ? Plutôt que faire de la « sociologie » politique très sujette à caution, il paraît inévitable d’insister sur une autre donnée. Que tout l’« électorat » trumpiste soit empoisonné à un degré ou un autre par le racisme , la peur du déclassement , le nationalisme le plus imbécile est hors de doute ; néanmoins ce n’est pas ce sur quoi je veux insister .La désintégration de l’URSS , catastrophe prévisible et non inévitable eut une étrange conséquence ! le capitalisme était nu . Une génération avait suffi pour lui conférer un visage sans cesse plus hideux , ses tares plus apparentes et plus insupportables : cela finit par donner des audaces au sein du parti Démocrate impensables auparavant dont Bernie Sanders est l’expression la plus achevée mais du même coup les forces les plus agressives , les plus violentes du capital réalisèrent soudain qu’il n’était plus possible de souder autour du « combat sacré » contre la Grand Satan et que l’Iran ne pouvait en tenir lieu ; ni même les épouvantables mesures anti islam . L’ennemi était dorénavant INTERIEUR ; il n’était pas l’appendice de Moscou aux Etats Unis ; c’était pire. L’ennemi avait droit de cité au sein du Parti Démocrate lui-même. C’est là et nulle part ailleurs qu’il faut chercher l’extension du vote Trump au-delà de son noyau. L’idée de basculer vers le « socialisme » épouvante toute une série de citoyennes et de citoyens nord- américains, de segments de couches sociales plus ou moins victimes d’une crise dont ils ne comprennent pas les ressorts et ce n’est nullement le Goulag qu’ils craignent mais simplement que l’ETAT leur prenne soudain le peu qu’ils ont. L’ETAT pour ces masses désemparées est profondément haï, détesté et ce sentiment cultivé à droite depuis la Guerre de Sécession fait partie profondément du mythe « pionnier », de la « Nouvelle Frontière » , etc … C’est là aussi que réside l’opposition Ville Campagne ; SI, je dis bien SI, le Parti Démocrate s’appuie résolument sur ce qui naît et le Bébé est en pleine forme , le Vote Trump de cette élection quelles que soient les péripéties ultérieures sera un baroud d’honneur .
La Troisième partie évoquera d’autre dimensions de ce moment exceptionnel
Reste pour cette seconde partie à revenir au Vote par correspondance : les modalités de ce vote sont toutes de nature dissuasive ; vote parfaitement légal au demeurant mais destiné à n’être utilisé qu’à la marge . La Poste elle -même, agence semi publique avait elle-même prévenu ses utilisateurs potentiels du risque de voir leur vote perdu ou invalidé ; Trump eût aimé l’interdire carrément. Ajoutons qu’aux Etats Unis le scrutin Présidentiel auquel s’ajoute une foultitude d’autres cases, a lieu un jour qui n’EST PAS CHÔME !!! De ce fait des dizaines de millions de salarié(es)sont dissuadés de voter sauf arrangements avec leur entreprise ce qui est loin d’être la règle : je maintiens intégralement mon propos ; aux Etats Unis le vote par correspondance n’est en aucune façon une INCITATION bien au contraire : la classe dirigeante l’avait prévu pour garantir le plein des voix des personnes jugées aptes au discernement. Aux Etats Unis et ce depuis la constitution de l’Etat , le VOTE est ELITAIRE ce qui remplace le vote CENSITAIRE : le fait que l’intention initiale ait été détournée et transfigurée par le Vote populaire en dit long sur l’état de mobilisation POLITIQUE à gauche On ne s’étonnera pas de voir la classe dirigeante en France rechigner à l’établissement de ce vote pour des raisons symétriques de celles d’Outre Atlantique : les scrutins en France ont lieu un jour férié et de ce fait un absent n’a pas d’excuse sauf procuration ; une large abstention populaire fait partie sinon de l’objectif recherché en tout cas d’une situation dont on peut tranquillement s’accommoder et j’ajoute que rendre le vote obligatoire n’y changerait rien .Sans doute y aurait-il place ici pour un développement sur une abstention populaire recors aux Municipales ce qui est nouveau mais ceci sera pour une autre fois , le mystère à cet égard n’est pas bien grand .

ET MËME LES TROUS NOIRS PEUVENT MOURIR ( I)


Réflexions sur les élections des Etats Unis d’Amérique

Olivier GEBURHER 9 novembre 2020
Après 4 jours ( et des morceaux de nuit )passés compulsivement sur les différentes chaines de télévision de notre pays , mon clavier me demanda de déposer quelques réflexions sur l’événement de dimension mondiale qu’on vient de vivre presqu’en Live. On ne prétendra pas tout couvrir et ce qui suit est l’exclusive responsabilité de l’auteur.
Introduction : Il me fallut avoir le cœur bien accroché pendant deux jours pour entendre à l’envi une véritable horde de commentateurs qui, tous n’avaient d’yeux et d’oreilles que pour Trump ; le résultat, qui n’est pas final, acquis, on en trouva qui s’offusquèrent du fait que des responsables de grands réseaux Télévisés Nord-Américains avaient pu OSER couper la parole présidentielle ; il est vrai qu’en matière de déontologie nos propres médias peuvent donner des leçons au monde entier ! L’idée seule que leur héros pouvait être battu leur était insupportable ; ces commentateurs pour ne rien perdre firent venir à qui mieux mieux les représentants de la droite et de l’extrême droite française comme nord-américaine ; ce furent des moments à vomir. Ils illustrent l’état de nos médias ; au sein de ce concert dégradant on entendit néanmoins quelques voix sensées, y compris des représentants du Parti Démocrate en France dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils furent dignes de bout en bout.
Le phénomène, évènement à portée mondiale qui vient de se produire comporte trop d’entrées pour que je me sente capable de les ordonner par importance et c’est pourquoi je ne ferais qu’une liste d’items comme ils me viennent au fil du clavier .
1) Le Mouvement populaire ;
On a là en vraie grandeur la manifestation de ce qu’est un mouvement populaire majoritaire. Il a lieu aux Etats Unis d’Amérique, ce qui impose de prendre la mesure de ses singularités qui ne permettent pas de transposition. Il est d’abord évident, et on n’y reviendra pas que cet épisode n’a pas pour effet de sortir du capitalisme et j’ajoute qu’il ne s’en est jamais donné l’objectif. Si c’est pour nous en tenir à de pareilles banalités, il vaut mieux faire autre chose. Le système institutionnel Nord-Américain n’offre, dès le départ qu’un choix extrêmement réduit où dans tous les cas, le capitalisme comme tel n’est pas affecté. Une fois cela dit, nous ne sommes pas dans une situation politique déjà connue depuis longtemps. La période Trump a constitué une véritable rupture avec des supposés invariants de la représentation qu’entend donner de lui-même le système nord -américain ; cette rupture concerne tous les aspects de la vie civile et au premier chef donne libre cours à des courants fascisants intégrés pleinement dans les canevas du Parti Républicain ; comme l’a souligné très bien un observateur lucide ( Roland Cayrol ? ) le « trumpisme » c’est la réunification au sein du Parti Républicain de tous les courants de droite , extrême droite comprise et non tenue à la marge . Il ne semble pas que cette donnée ait été bien comprise ou / et intégrée. De ce fait, si on prend en compte cette donnée fondamentale, ce qui s’est produit constitue à lui seul un événement historique. Médiapart et d’autres avec lui qu’on trouve hélas dans les rangs communistes font la moue. Joe Biden n’a PAS été élu sur un fil, on en est très loin ; en fait même ma propre expression est inexacte : c’est un ticket qui a été porté au pouvoir et pas n’importe lequel ; usuellement un vice-président ne compte pas ; comme on a dû s’en rendre compte avec Kamala Harris c’est fondamentalement différent. C’est CE ticket qui a été porté au pouvoir dans un surgissement démocratique considérable. Ce surgissement était en germe avec l’élection de Barack Obama, il se poursuit ici dans des proportions inédites ; tous les observateurs ont noté que la participation électorale rompt d’un coup avec la « tradition » d’une abstention massive recherchée par ailleurs par la classe dominante depuis la création des Etats Unis d’Amérique, et elle rompt avec l’élection d’un Président « à la marge » ; le Ticket Démocrate l’emporte avec un score qui dépasse celui de toute élection antérieure. Si l’on veut bien tenir compte du fait mentionné ci-dessus, à savoir la rupture cataclysmique des 4 années précédentes, si on ajoute le fait que la crise sanitaire a créé des freins potentiels considérables à l’expression du suffrage universel, si on ajoute enfin les freins institutionnels usuels dont la complexité du bulletin de vote est l’exemple le plus notable, il faut considérer l’éviction de D Trump comme un immense succès démocratique. « Eviction de D Trump », n’est ce que cela ? Nous parlerons des éléments programmatiques de l’équipe Démocrate plus loin. Là encore des observateurs pétris d’intentions pures ne voulaient pas regarder dans la Lunette de Galilée puis se réveillèrent avec une gueule de bois.
Jamais auparavant le Parti Démocrate n’a connu pareil enthousiasme populaire, une semblable levée en masse. Il est évident pour tout observateur sérieux que l’influence des idées semées par Bernie Sanders au début des Primaires Démocrates sans en faire l’expression d’un révolutionnaire à l’américaine , mais aussi d’autres forces comme on le verra , au sein du même parti ont contribué de façon déterminante à ce résultat, ce qui était d’ailleurs la ligne politique assumée de Bernie Sanders qui donna là un exemple en matière de lucidité et de profondeur politique .
2)Le Capital
La classe dirigeante Nord- américaine accueillit Trump dans son ensemble avec faveur et la désastreuse campagne d’Hillary Clinton n’était pas de nature à la préoccuper. Elle se gava 4 années durant sans broncher. La classe dirigeante Nord-américaine ne fut d’ailleurs pas seule à tout admettre, tout « excuser » de ce que les médias mainstream considérèrent vite comme un nouvel héros politique, un exemple , une figure d’exception . On laissera Serge July à ses délires.
Au bout de ces 4 années, on fit les comptes. Il y avait eu le cataclysme sanitaire où les propos du Président en exercice commençaient à faire hérisser le poil jusqu’à la City (capitaliste ou pas, protégé ou pas, on préfère en général vivre que mourir, fût-ce dans « les règles »). Il y avait eu les cataclysmes climatiques qui se heurtaient à la Maison Blanche à un mépris hallucinant, et au final les émeutes provoquées par les conséquences de « la Loi et l’Ordre ». Tout cela ensemble conduisit à commencer d’entrevoir que le cash-flow, n’était pas tout. De surcroît , la politique internationale menée par l’Hôte de la Maison Blanche conduisait non seulement à rompre avec des principes établis et ancrés dans la marbre par H Kissinger ( « Diplomacy » 600 pp) mais à créer une instabilité communiquée par ailleurs à toute la société , instabilité pouvant conduire à des désordres financiers peu compatibles avec les constantes du capital ; tout cela n’eut rien été sans la révolte populaire de GAUCHE qui couvait et finit par se manifester comme on l’a vu . A cela s’ajoute et ce n’est pas la moindre donnée, qu’au sein du Département d’Etat qui ne passe pas pour être constitué de révolutionnaires dangereux, on vit apparaître article après article des critiques d’abord voilées puis carrées. (Foreign Affairs). Ces critiques n’étaient évidemment pas inspirées de l’amour du genre humain mais d’une considération qui finit par arriver au- devant de la scène et que le discours de Joe Biden au moment de la proclamation de sa victoire énonça avec la plus grande clarté : Le capitalisme made in USA avait cessé « d’être respecté ». Devant un tel constat, fait en public par un Président Démocrate nouvellement élu et issu du sérail, on ne pouvait que prendre la mesure du désastre. Au-delà de l’enjeu évidemment capital de voir le capitalisme pérenne au plan mondial , il fallait impérativement que l’idée dominante dans le monde relative aux Etats Unis d’Amérique inspire le respect sans lequel on ne pouvait que s’attendre à des catastrophes du POINT DE VUE DU CAPITAL .Il n’existe dans le monde aucun Etat en mesure d’assurer cette fonction en lieu et place des Etats Unis d’Amérique .
Sans cette représentation, le leadership Nord-américain est durablement mis en cause et avec lui l’idée que le capitalisme lui-même est éternel . La conscience du « péril en la demeure » motive la réaction de Wall Street avant même que le résultat de l’élection ne soit rendu public : il y eut une réaction haussière des marchés financiers, ce qui n’échappa pas aux observateurs français les plus lucides et ceux-ci allèrent plus loin en examinant COMMENT la réaction des Marchés Financiers se répartissait ; on observa alors que chutaient les valeurs « classiques » telles que celles liées aux industries extractives et en particulier celles du pétrole ( par parenthèse une étude antérieure avait montré que ces groupes avaient un investissement NUL en matière de recherche extractive décarbonée) , celle des BANQUES devenues très impopulaires sous la mandat du héros de « America First » et d’autres encore ; les valeurs haussières comportaient , on s’en doute , celles qui correspondent au capitalisme vert , à la BIGPHARMA » …… Comme par hasard les valeurs haussières sont celles qui figurent en bonne place dans le programme auquel nos médias mainstream finirent avec un dégoût évident par s’intéresser.
On ne conclura pas de ce qui précède qu’il y ait une sorte de guerre ouverte au sein même des forces du capital mais d’importants conflits d’intérêt et surtout on se gardera de conclure de ce qui précède qu’au fond, au final , la crise systémique du capital serait en quelque sorte derrière nous . Chaque chose en son temps. Dans la seconde partie de cet essai, d’autres dimensions non moins importantes seront scrutées aussi loin que le peuvent les capacités intellectuelles de l’auteur.

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is , le mystère à cet égard n’est pas bien grand .

On vit vraiment une époque formidable !

En tant qu’ancien employé des PTT (j’ai distribué le courrier pendant 4 étés lorsque j’étais étudiant) j’avais une haute idée de la qualité du service. Hélas, depuis j’ai dû en rabattre constatant au fil du temps et de la privatisation de ce service public que la qualité de la distribution du courrier se détériorait. Non seulement, je reçois mon quotidien par paquet de 2, voire de 3 ou 4, ce qui rend les nouvelles fraiches un peu fanées et m’amène à envisager la suppression de mon abonnement et son achat en boutique ; mais en plus je viens de recevoir mardi 17 août une lettre postée de Cannes le 6 août ! soit 11 jours pour faire le trajet de Cannes à la Bocca : c’est presque aussi performant que le 22 à Asnières de Fernand RAYNAUD.

Cependant cela n’est pas très étonnant puisque le centre de tri des Alpes Maritimes a été supprimé et que le courrier transite automatiquement par Toulon (bonjour l’empreinte carbone !). Il est vrai qu’un département comme les Alpes Maritimes avec 1 million de résidents et au moins le double pendant la saison touristique n’a pas un débit de courrier suffisant pour justifier un centre de tri local. Ce sont là de bien étranges économies et en tous cas cela n’incite pas à continuer d’utiliser ce service public qui préfère privilégier ses activités bancaires au détriment de la collecte et de la distribution du courrier. Scandaleux !

COLLECTE DE MATERIEL SCOLAIRE

La rentrée scolaire approche.

Pour beaucoup de familles, c’est une angoisse. Comment financer l’achat de la longue liste de fournitures scolaires demandée par l’école, le collège, le lycée ? Nombre de familles ne touchent pas la prime de rentrée scolaire. Pensons aussi aux enfants migrants qu’il est si important de scolariser.

Ces difficultés sont aggravées par la crise sanitaire et la hausse du chômage.

C’est pourquoi nous avons décidé de renouveler, cette année encore, notre opération Collecte de Fournitures Scolaires en coopération avec le Secours Populaire, le Réseau Éducation sans Frontière (RESF), Tous citoyens. L’an passé, plus de 500 enfants en avaient bénéficié.

Nous faisons donc à nouveau appel à la générosité de nos concitoyens.

IIs peuvent offrir à ces enfants le matériel suivant : cahiers et feuilles grand et petit format, classeurs grand et petit format, sac d’école, pochettes intercalaires, petit matériel de géométrie, tubes de colle, pochettes de crayons et feutres de couleur, stylos, crayons de papier, gommes, calculettes, etc.

Ils peuvent aussi tout simplement faire un chèque dont le montant nous servira à acheter ce matériel scolaire.

Nous centraliserons tous les dons

Lundi 31 Août entre 15h et 19h,

à notre siège, situé à l’angle des rues Joseph Flory et du Bosquet (Panneau « Cannes à Vous »).

Les chèques peuvent aussi être envoyés à : PCF chez Avenir de la Bocca, le Cézanne C 40 rue Jean Gras, 06150 – CANNES la BOCCA (Chèque à l’ordre de : ADF PCF 06).

Une distribution aux familles dans le besoin sera organisée dans nos locaux (rue Jean GRAS) en partenariat avec l’antenne locale du Secours Populaire,

Mercredi 2 septembre de 15 h à 19 h

Nous savons pouvoir compter sur la générosité solidaire de nos concitoyens que nous remercions par avance, au nom des enfants dont les yeux brilleront comme chaque année lorsque nous leur remettrons ce matériel qui va leur permettre de faire une bonne rentrée scolaire.

                Dominique HENROT

                Jean-Marie LANGOUREAU

                Parti Communiste, Cannes

LE GRAND JARDIN RESTERA AU PRIVE ….DOMMAGE!

Et voilà, c’est fait : le grand jardin est vendu (voir NM du 07/07). Malgré notre pétition ( http://chng.it/BjQjDrcS), malgré les nombreux articles de presse (NM, Le Patriote, Libération, 20 minutes, FR3, etc..) la vente est réalisée sans que la ville de Cannes intervienne.

Lors de la campagne des municipales nous proposions que la ville rachète ce bien ou organise un « tour de table » avec d’autres investisseurs publics afin d’en faire un lieu d’accueil, de loisirs et de culture. Cela aurait été possible avec un emprunt sans nuire à nos capacités d’investissement ni accroître de manière extraordinaire notre endettement. De plus cela aurait permis de valoriser encore plus le dossier de classement des Îles au patrimoine de l’UNESCO.

Bien entendu, le maire et ses services nous ressortent le bon vieux PLU « protecteur et sanctuarisateur » de l’île. La ville de Cannes a donc appris « par la presse » que la vente est faite et le projet de résidence pour « fêtards ultra fortunés » qui est fait pour ce domaine ; cela laisse rêveur sur la marge de manœuvre qu’elle peut avoir face au pouvoir financier d’Ultima Capital qui n’a pas l’habitude d’investir de manière hasardeuse.

Cela nous confirme la fuite en avant de la ville de Cannes vers toujours plus de tourisme de luxe, ce qui n’est pas surprenant quand on se rappelle qu’ont été donnés les permis de construire pour plus de 700 chambres de deux hôtels haut de gamme à proximité de Thalès faisant du boulevard du midi un prolongement de la Croisette à la Bocca. L’opportunité de voir revenir dans le domaine public ce joyau de l’île Sainte Marguerite ne se reproduira pas de sitôt ; voilà une belle occasion manquée.

Notons au passage, que ces nouveaux propriétaires milliardaires envisagent de créer un héliport à quelques centaines de mètres de la réserve ornithologique de l’étang du Bateguier. Nous avons alerté la LPO.

Enfin, la crise sanitaire a montré la fragilité du modèle économique « tout tourisme de luxe » ; n’est-il pas temps de réfléchir différemment aux gisements d’emploi de notre commune.

DOMINIQUE HENROT