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« Malheureux les pays qui ont besoin de héros

 

Le ministre de l’intérieur est devenu un problème sérieux pour la République. En effet, en quelques jours Gérard Collomb a violé au moins deux principes de base de la légalité républicaine : le fait que seul l’État doit être dépositaire des pouvoirs de police et le droit des citoyens et citoyennes de ce pays à manifester en toute quiétude.

Ainsi, pour la 1ère fois depuis août 1944 et la sinistre milice de Joseph Darnand, on a vu en toute impunité un groupe para militaire d’extrême droite paradé en gardes frontières à grands renforts d’hélicoptères et de 4×4 de luxe, cela en s’arrogeant le droit d’arrêter des gens. La tolérance coupable du gouvernement vis-à-vis de l’existence et des agissements de cette milice d’hommes en bleu est d’autant plus grave lorsqu’on la met en regard de la répression qui s’abat sur les citoyens et les organisations qui font œuvre de solidarité en vers les migrants. Quel crédit porter aux paroles de Macron lorsqu’il critique les autorités hongroises au nom des droits humains alors que lui-même et son ministre de l’intérieur laissent agir une milice d’extrême droite sur les frontières de notre République ?
Puis, non content de laisser les « identitaires » faire la police aux frontières, Gérard Collomb s’est employé à saboter méthodiquement la manifestation du 1er mai à Paris, en laissant tranquillement la rue pendant plus d’une heure à quelques centaines d’encagoulés en noir.
Résultat, dans les médias, on ne parla donc que de vitrines brisées, de magasins incendiés, de mobiliers urbains saccagés, pas un mot sur les plus de 50.000 manifestant·e·s, sur les revendications et les luttes des cheminots, des personnels d’Air-France, des étudiants, des hospitaliers, des salarié·e·s Carrefour, des sans-papiers… pas une ligne, ni une image sur les très nombreux cortèges en province. Avec au passage une « héroïsation » malsaine et complaisante de la figure du « black bloc » assimilé à un « combattant anti capitaliste » (sic) en opposition aux « cortèges syndicaux, avec femmes, enfants, vieillards » qualifiés de manière méprisante de ringards, représentants de l’ancien monde, d’inutiles…. « Malheureux les pays qui ont besoin de héros » pour reprendre la citation de Bertolt Brecht, mise dans la bouche de Galilée.
Comme l’a demandé le groupe communiste au Sénat, il serait salutaire que les agissements du ministre de l’intérieur fassent l’objet d’une enquête parlementaire.
Mais, ne nous y trompons pas, Gérard Collomb n’agit pas en franc tireur, son action s’inscrit dans le concept de « démocratie limitée » qu’essaie d’imposer à notre pays Emmanuel Macron avec sa réforme constitutionnelle. Or le sens du combat des communistes, à l’ordre du jour du Congrès du PCF, est justement celui d’une démocratie politique et sociale étendue, fondée sur le principe de l’humain d’abord. Une démocratie qui ne s’arrête pas aux portes des banques et des entreprises et qui n’est pas limitée par les intérêts du capital.

Yann Le Pollotec, responsable de la commission transparence du congrès du PCF

SOUTENIR LES KURDES AU MOYEN ORIENT

Les Kurdes ce sont 35 millions de personnes réparties sur 4 pays du Moyen Orient : Syrie, Turquie, Irak, Iran . En 1920, suite à la disparition de l’Empire Ottoman, un traité prévoyait la création d’un Etat Kurde dans la zone d’implantation de cette communauté. Mais les intérêts économiques des grandes puissances (notamment liés au pétrole et à l’eau) ont fait que la région a été morcelée en plusieurs états aux frontières artificielles et sous le joug de la France et du Royaume Uni. Depuis dans les 4 pays concernés ce ne sont que conflits entre les autorités au pouvoir et les populations Kurdes dont les droits élémentaires sont bafoués quand elles ne sont pas persécutées ou massacrées notamment en Irak avec Saddam HUSSEIN et en Turquie avec ERDOGAN encore aujourd’hui. Alors que les troupes Kurdes ont combattu avec le succès qu’on sait contre l’Etat Islamique en Syrie et en Irak avec le soutien des occidentaux. Le président islamiste turc Erdogan, allié en sous-main de Daech, vient de lancer ses troupes contre les Kurdes en Syrie alors que occidentaux et russes regardent ailleurs, voire font preuve d’une certaine complaisance en autorisant les exactions contre les populations civiles Kurdes de la région d’Afrin.
Samedi dernier la communauté Kurde des Alpes Maritimes organisait un rassemblement avec manifestation à Cannes pour dénoncer le pouvoir Turc et le silence des alliés contre Daech. Le PCF par l’intermédiaire de ses représentants à Cannes leur a apporté son soutien, estime que la position du président Macron n’est pas digne de la France. On ne peut se contenter de demander à Erdogan ; «de  la modération », comme s’il pouvait y avoir des bombardements modérés. L’honneur de la France serait que son président dénonce ces massacres (qui ne sont pas sans rappeler le génocide arménien de triste mémoire) comme les emprisonnements et tortures effectués sur tous les opposants d’Erdogan.

VŒUX DU PCF AUX HABITANTS DE LA 8ième CIRCONSCRIPTION.

Les communistes de notre section  adressent leurs meilleurs vœux pour l’année nouvelle aux cannois, mandolociens et théouliens

Au-delà des souhaits de bonheur, de santé et de paix, nous pensons que cette année devra aussi être une année de solidarité, de fraternité et de combativité.

En effet, 2017 a vu un recul sans précédent de ces valeurs, avec en point d’orgue l’élection présidentielle, au profit d’un individualisme qui ne sert que les intérêts d’une caste dominante dont d’aucuns prétendent, avec autant de morgue que de démenti quotidien, que le succès « ruissellera » sur la majorité de la population.

Si c’est cela la « modernité », cela ressemble étrangement à un retour en arrière vers des conceptions ayant cours au 19 ième siècle, et dont, de nombreuses conquêtes sociales et valeurs de gauche, nous avaient affranchis.

J’en veux pour preuve le fait que ces jours-ci les retraités auront vu leurs pensions réduites de manière significative avec l’augmentation de la CSG et leur pouvoir d’achat s’amenuiser sérieusement, si en plus ils étaient bénéficiaires de l’APL.

Les chiffres donnés à la fois par l’ONG OXFRAM et l’OFCE montrent que les mesures prises par le gouvernement profitent essentiellement aux plus riches et tout particulièrement aux millionnaires qui font aujourd’hui parti du gouvernement. Le rapport de l’OXFRAM montre que « le boom des milliardaires n’est pas le signe d’une économie prospère, mais un symptôme de l’échec du système économique ». Si on ajoute « capitaliste » à cette phrase nous n’aurions pas dit mieux.

Au moment où la grande majorité des français vont subir les effets dévastateurs des premières mesures du pouvoir macronien, n’y a-t-il pas urgence  à rechercher la convergence de  ces aspirations pour imposer des reculs, voire changer le système pour que dans l’unité populaire, dans les ripostes sociales et politiques soit mis un terme à la pauvreté et aux inégalités sociales les plus criantes.

 

Pour l’année qui vient vous pouvez compter sur notre présence aux côtés de ceux qui souffrent, de ceux qui luttent pour réagir dans l’unité et mettre d’autres choix en débat et conduire à leur mise en œuvre.

Macron : c’est l’homme pressé, le régent des riches et des privilégiés.

Pour avoir les coudées franches, Macron espére la pérennité d’une vie politique anémiée, d’un débat politique sclérosé, d’une division profonde de la gauche, de l’affaiblissement des organisations syndicales. Cherchant l’unité nationale derrière les puissances de l’argent, le président de la République et ses soutiens cassent méthodiquement toutes les avancées sociales durement conquises depuis 150 ans.

En début de semaine dernière, Emmanuel Macron avait un choix politique à faire. Il pouvait aller à Fleury-Mérogis écouter et répondre aux revendications des gardiens de prison qui constituent pourtant le révélateur de l’état calamiteux de la société française. Il a choisi, au contraire, de se rendre à Davos pour rendre compte de son action à la tête de l’État devant le club fermé des 1% de personnes qui, à elles seules, accaparent 82% de la richesse mondiale. Son cynisme, comme celui de la classe dirigeante, n’a pas de bornes.

En Chine il y a quelques jours, à Versailles lundi dernier comme à Davos le chef de l’Etat essaye de nous faire croire que le progrès social doit passer par la bonne santé des actionnaires des multinationales et le silence soumis de celles et ceux qui produisent les vraies richesses.

Après les ordonnances et de nombreux autres textes votés des deux mains par une majorité parlementaire « godillot », Macron va passer en 2018 la vitesse supérieure.

Faisons un focus sur le système éducatif :

Regardez « Parcours-sup », la contre – réforme de l’accès à l’université :  appliquée, fait inouï , sans que la Loi soit passée par un Vote aux Assemblées ,  elle renforce tous les processus ségrégatifs , ne répond en rien aux problèmes antérieurs , ne prépare pas la jeunesse aux défis de l’avenir , dissuade les élèves issus de couches sociales aux revenus modestes  et ne parvient pas à dissimuler  l’outil de sélection généralisée qu’elle institue .

Regardez le nouveau bac annoncé et qui va réformer en profondeur l’organisation complète du lycée avec des dispositifs dont l’ensemble est une usine à gaz.  De plus avec une réduction des moyens humains tout cela va favoriser encore et encore ceux qui n’avaient jusqu’alors pas ou peu de difficultés et renforcera la sélection sociale.

Regardez la formation professionnelle avec la mise en difficulté de l’enseignement professionnel en lycée, en mettant l’accent sur l’apprentissage qui est la plupart du temps aux mains du patronat, mais aussi en privant les lycée professionnels de la taxe d’apprentissage au profit exclusif des centres de formation d’apprentis.

Regardez la nouvelle carte des REP, ce qu’on appelait il n’y a pas si longtemps zones prioritaires. Décidée certes, sous le gouvernement précèdent à la rentrée prochaine elle va notamment priver le collège Gérard Philippe des moyens qui avaient été maintenus malgré tout jusqu’à présent alors qu’en même temps s’ouvre le collège de Pégomas ce qui va transformer en profondeur la structure sociologique de Gérard Philippe.

Regardez les cours préparatoires à 12, belle expérience certes, mais qui s’est faite en faisant disparaitre celle d’un maitre en plus par école. Et comment va-t-on faire pour étendre l’expérience à l’ensemble des classes de ce niveau et ensuite au CE1 sans moyens supplémentaires.

Quelques indications sur la situation du logement à Cannes et alentour

Le département des Alpes Maritimes voit sa population vieillir et peu ou pas  se renouveler. Cependant, Cannes accueille 1000 habitants de plus entre 2010 et 2015.

« Cela prouve que la ville est attractive, que les familles viennent à elle et y trouvent ce qu’elles cherchent » ose dire le maire David LISNARD.

Attractive, oui mais, pour qui ? Plus de 40% de résidences secondaires. Près de 60% des ménages sont locataires. Le département des Alpes Maritimes est après Paris et les Hauts de Seine le troisième département le plus cher de France et tout particulièrement la bande littorale. Le taux d’effort financier pour le logement est ici de 25% des revenus des ménages ; ce qui pèse considérablement sur le niveau de vie des familles aux revenus modestes.

Mais, pour le coup, en « même temps », il y a à Cannes, un taux de pauvreté de 19.1 % largement supérieur aux moyennes départementales et nationale.

« En même temps » et malgré un pourcentage de logement sociaux de près de 18 % (l’un des meilleurs du département), seulement la moitié des logements  cannois sont des résidences principales et plus de 4% des logements sont VIDES alors que beaucoup de familles ne parviennent pas à se loger décemment. Avoir un logement est un droit. C’est une question de dignité. Il y a besoin d’une politique ambitieuse de construction de logements sociaux et de la décliner en propositions fortes.                                                                                                                                                                                   Le parc privé, particulièrement dans notre communauté d’agglomération, est beaucoup trop cher et impossible d’accès au regard des conditions de salaires. Les marchands de sommeil s’engraissent sur le dos des gens. De surcroit les propriétaires préfèrent louer ponctuellement plutôt qu’à l’année à des familles ou des salariés.

Compte tenu de la réduction de l’APL, des tarifs des loyers dans le locatif privé, des obstacles à la location liés à la situation professionnelle du locataire, le logement social est la seule issue possible notamment pour les jeunes. On ne peut pas en limiter la construction sur notre commune comme c’est le cas actuellement au prétexte que les voisins ne font pas, eux, l’effort nécessaire (aucune des autres communes de la CAPL ne dépasse les 10% !) ou que cela crée des foyers de djihadistes comme ose le prétendre odieusement le député Brochand.

Construire des logements sociaux, c’est-à-dire d’abord des LOGEMENTS et ensuite que ceux-ci soient accessibles au plus grand nombre, ce n’est pas obligatoirement « créer des ghettos » comme l’affirme le maire de Cannes dans ses vœux. Une politique dynamique et intelligente de construction peut être menée en implantant les logements sociaux en petites unités et sur l’ensemble du territoire communal. Cannes figure dans le trio de tête des villes françaises de 50 000 à 100 000 habitants pour la sur-occupation de logements et ce sont les catégories sociales des ouvriers et employés qui sont le plus affectées par cette sur-occupation.

Enfin, dans les projets à venir le campus universitaire de la Bastide Rouge est prévu pour 1000 étudiants et seulement 140 logements y seront construits. Où vont donc pouvoir se loger les 860 autres jeunes qui compte tenu de la nature des formations proposées ne seront pas tous cannois. Quand on voit les difficultés que rencontrent déjà les étudiants actuels des BTS ou autres classes post bac cannoises ; tout porte à croire que l’avenir ne sera pas rose et que la sélection par l’argent va s’opérer, là encore. Les formations prévues pourraient avoir aussi quelques difficultés à se remplir si les étudiants en trouvent ailleurs d’équivalentes avec un coût de vie moins élevé.

Alors qu’un véritable effort a été fait, par le passé, notre commune a été déclarée « carencée » pour la période 2014-2016. Par rapport aux objectifs de la loi SRU, Cannes est la ville championne de France des « récalcitrantes » avec seulement 9% de l’objectif atteint. Plutôt que d’investir dans de nouvelles constructions, notre commune, donc chacun d’entre nous, va devoir payer une amende pour construction insuffisante de logements sociaux !!  Cherchez l’erreur!

Deux mots sur l’emploi, la production industrielle et les services publics :

« Dans les Alpes-Maritimes, nous sommes loin d’une embellie puisqu’à la fin novembre, 70.680 personnes sont en catégorie A, soit une baisse de 0,1 % sur un mois, une baisse de 0,9 % sur trois mois, mais une progression de 0,5 % sur un an. » nous dit le Bulletin Côte d’Azur «  la Tribune » de fin décembre 2017 ; l’avez-vous vu évoqué par quelque élu de notre département que ce soit ?

Nous connaissons les inquiétudes pour l’emploi et l’avenir industriel chez Thales. Au lieu de se livrer à une concurrence effrénée avec Airbus qui conduira sous peu à des suppressions massives d’emploi dans la plus grosse entreprise industrielle de notre bassin et ses sous-traitants, ne pourrait-on pas envisager la création d’un grand service public de la conquête spatiale avec les grandes entreprises du secteur par une collaboration solidaire.

Carrefour vient d’annoncer, un plan de transformation de l’entreprise au nom de la concurrence internationale.

Les salariés s’étaient déjà mobilisés en décembre et ils ont raison.

2400 « départs volontaires » au siège de Carrefour c’est autant de suppressions d’emplois et d’externalisations de services. Mais c’est aussi l’incertitude pour les salarié-es de 5 hypermarchés destinés à la mise en gérance et ceux des 273 magasins de proximité mis en vente (et fermés en cas d’absence d’acquéreur). Nous en avons plusieurs sur le bassin cannois dont le carrefour contact de la Bocca qui va probablement fermer.

Rien ne justifie ce plan social.

Avec ses 115 00 salariés en France, des hypermarchés et plus de 800 magasins de proximité, Carrefour a fait plus de 40 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2016 et offre environ 500 millions d’euros par an à ses actionnaires. Pire, l’entreprise a été aidée par l’État à hauteur de 1,2 milliards d’euros de fonds publics (CICE, exonérations sociales et fiscales) en trois ans. C’est inacceptable.

L’Hôpital est malade du choix pris par les gouvernements successifs de réduire les dépenses publiques notamment au travers de la Sécurité sociale :

  • 2015/2017 les budgets hospitaliers ont supporté 10 milliards de réduction
  • 2018 Macron et Buzyn réduisent encore de 1,4 milliards le budget des hôpitaux. Ils nous préparent  un mauvais coup car selon eux : « il y aurait 30% de soins inutiles » !
  • Emmanuel Macron a bien l’intention d’accélérer le regroupement autoritaire d’hôpitaux publics par «territoire» (GHT)  engagé depuis le 1er juillet 2016 : c’est l’aggravation combinée des  réductions de moyens matériels et humains des hôpitaux publics, de la suppression de services, des milliers de lits fermés, et la disparition des hôpitaux et maternités de proximité en déléguant au privé le plus rentable.

Cette baisse de moyens se traduit par des pressions insupportables sur les conditions de travail des personnels hospitaliers et sur une remise en cause du droit à l’accès aux soins pour tous. Essayez de prendre un rendez-vous par téléphone avec un service à l’hôpital de Cannes et vous serez édifiés.

Dans le même temps, les besoins de santé augmentent pour répondre à la nécessaire croissance de la population, à son heureux vieillissement, à l’apparition concomitante de pathologies chroniques, et à l’égalité d’accès de tous au progrès médical et scientifique.

Mais comment dans de telles conditions financières l’hôpital public peut-il y faire face ? Et pourtant les établissements publics font chaque jour la preuve de leur utilité sociale, en accueillant la première vague de l’hiver des malades de la grippe !

A la Bocca la clinique le Méridien va être transformée en EPHAD (beaucoup plus rentable) ce qui va accroitre davantage la pression sur l’Hôpital public déjà sous pression.

Ce dont a besoin la population dans sa diversité ce n’est pas de superstructures hospitalières mais d’hôpital public de proximité travaillant en concertation avec les services spécialisés, de recherche et d’enseignement, dans un parcours de soins intégrant une offre publique ambulatoire de centre de santé, des équipes en nombre suffisant et bien formées, investies dans la prise en charge partagée

L’égalité d’accès à une médecine de qualité pour répondre aux besoins est possible, pour toutes et tous, partout, et certainement pas  le « tout ambulatoire » qui fermera 7 lits sur 10 d’ici 2020 !

On pourrait faire une analyse similaire pour le système éducatif, la police, les impôts, pôle emploi et l’ensemble des services publics.

Finalement la vigilance et la combativité doivent être permanentes, car rien n’est jamais acquis ; la lutte pour les conquêtes sociales est quotidiennement à l’ordre du jour sous peine de reculs significatifs.

Cependant, l’aspiration à la justice sociale et écologique, le pacifisme, le féminisme, la solidarité avec les victimes, les migrants et ceux qui les accueillent, montrent qu’ici et là ces valeurs ne sont pas mortes, que des expériences dans ce sens se multiplient et que l’aspiration à inventer un nouveau monde est encore bien réelle et puissante.

Mais les nantis, les riches, même si momentanément ils détiennent les pouvoirs, ne sont pas majoritaires ; nous sommes plus nombreux qui, au contraire, aspirons à une vie démocratique et avons soif de justice et de paix. Une large unité de l’immense majorité de celles et de ceux qui subissent ce système est possible.

   N’en doutez pas, nous continuerons de nous y employer. Nous comptons beaucoup aussi sur tous ceux qui aspirent à un réel changement et sur leur détermination à agir tous ensemble. C’est pourquoi, en plus des initiatives que nous organisons régulièrement sur les marchés, dans les quartiers ou devant les entreprises, nous allons solliciter l’ensemble des organisations se revendiquant de la gauche, les syndicats, les associations et tous ceux qui veulent ce changement afin de faire converger nos actions. L’idée n’étant pas de nous positionner en leader de ce rassemblement, mais de contribuer à la construction d’une alternative progressiste au même titre que d’autres avec qui nous pouvons avoir des valeurs et des projets en partage tout en conservant notre spécificité.

Dominique HENROT

Ces nouveaux rouages du capitalisme.

Dans l’immense casino mondial, le bal des hypocrites bat son plein au rythme d’une lutte de classe de haute intensité. Ils tentent de faire passer la fraude et l’évasion fiscale pour des « dérives ». À peine sont-ils prêts à laisser désigner quelques moutons noirs au milieu d’un troupeau immaculé. La thèse de l’immoralité sert de petit bréviaire avant d’entonner à chaque révélation les mêmes cris d’orfraie qui sonnent de plus en plus faux.

La question est pourtant simple : existe-t-il une seule multinationale, une seule banque qui n’ait recours à des sociétés offshore ? Évidemment non. Pire, de moyennes entreprises se plient désormais à la règle non écrite de l’évasion fiscale pour peser dans le grand bain concurrentiel mondial.

Comment des commissaires européens gardiens de traités organisant « la concurrence prétendument «libre et non faussée » et « la liberté totale de circulation du capital » peuvent-ils feindre de découvrir ces pratiques d’envergure sans craindre le ridicule ?  Ils ne font que leur donner une plus grande ampleur en ajoutant chaque jour qui passe une brique supplémentaire à « un marché unique » où règne le dumping fiscal, social et environnemental.

Cette affaire n’est pas réductible à la « morale », ni même aux « législations » puisqu’il semble que le droit des États modernes couvre, par le truchement de centaines d’astuces prodiguées par des cabinets de conseil bien renseignés, cet immense vol d’argent pendant que la chasse aux pauvres est grande ouverte. Ce qui est en question, ce ne sont pas quelques pratiques frauduleuses dans l’océan vertueux du système capitaliste mondialisé et financiarisé, c’est le système lui-même. Celui qui fait de l’argent-roi l’unité de toute mesure.

Ceux qui en appellent à la morale sont souvent les mêmes qui soutiennent les choix budgétaires inégalitaires des pouvoirs successifs et se pâment devant cette « Europe » qu’il faudrait défendre. Ainsi en va-t-il de cette funeste théorie du ruissellement par l’enrichissement des plus riches grâce à la suppression de l’impôt sur la fortune pour les actifs financiers, parmi d’autres joyeusetés, au prétexte que leur argent sert à financer l’économie réelle.

Depuis le début des années 1980, les sommes amassées par les paradis fiscaux ont été multipliées par dix. Leur existence pérenne est étroitement liée au modèle néolibéral organisé depuis plus de trente ans.  Elle en est même la condition. Les paradis fiscaux remplissent toutes les conditions qu’exige le MEDEF pour la société française : imposition très faible, flexibilité maximale, discrétion totale sur les avoirs et concurrence absolue au bénéfice des trusts. Leur progression a contaminé les États dotés de systèmes sociaux et construits autour d’un contrat social. Ils sont sommés de se plier aux nouvelles règles du jeu d’autant plus facilement que leurs dettes publiques, gonflées parallèlement à la montée en force des paradis fiscaux avec le consentement des forces patronales et de leurs commis politiques et médiatiques, les y lient pieds et poings.

L’immense masse de liquidités produite par l’économie néolibérale transite par les nombreuses places offshores grâce à la libéralisation accélérée des marchés de capitaux. Les travailleurs, les retraités, tous ceux qui ont contribué à créer les richesses, à construire le cadre dans lesquels le capitalisme peut exister, se voient confisquer les fruits de leur labeur. L’économie réelle, la transition environnementale de notre système productif, les services publics, les biens communs sont sacrifiés. Les pays les plus pauvres sont contraints à la stagnation par ce système de prédation terrible qui voit les multinationales  pillant leurs ressources s’exonérer du moindre devoir à l’égard des populations locales et de leur environnement. Voici le visage hideux du capitalisme financier mondialisé dont le Président de la République est l’un des mécaniciens. La suppression de l’impôt sur la fortune, l’instauration d’une « flat tax » sur les revenus du capital ou la baisse de huit points de l’impôt sur les sociétés sont des éléments de ce rouage général.

Cette spirale de la financiarisation de l’économie est un poison mortel contre notre société et la civilisation. Placer les profits dans un paradis fiscal, c’est à la fois le moyen de continuer de refuser les augmentations de salaires et de se soustraire au bien commun en détruisant les services publics et la sécurité sociale que les mêmes entreprises privées s’accaparent. C’est priver les Etats de ressources que paient les plus modestes en plus d’une dette grossie des intérêts qui ne profitent qu’aux fonds financiers. Et ce flux vers les paradis fiscaux sert sans cesse d’argument pour pousser partout à la compétition vers le moins-disant fiscal. Ces cercles vicieux doivent être brisés en fermant tous les paradis fiscaux. C’est le sens de la proposition innovante de nos amis Alain et Eric Bocquet de lancer une conférence mondiale contre la fraude fiscale sous l’égide de L’ONU. Ne pas y mettre fin détruirait les idées de justice, d’égalité, de démocratie et de liberté, aussi sûrement que le réchauffement climatique détruirait notre planète.  C’est une mission de salubrité publique.

Patrick LE  HYARIC 16 novembre 2017

 

Tout va très bien chez Thales Alenia Space ?

 

Un article récent (11/09/17) de Vincent LAMIGEON dans la revue Challenges a attiré notre attention. Il s‘intéresse au secteur spatial et notamment aux commandes de satellites dont Thalès et Airbus sont les principaux concepteurs européens. La semaine mondiale des satellites (World Satellite Business Week) qui s’est tenue du 11 au 14 septembre à Paris a montré un très net ralentissement des commandes notamment sur les satellites de communication. Les américains Boeing et Loral sont en grande difficulté ce a qui conduit même ce dernier à supprimer 200 postes sur son site californien au printemps dernier. Les constructeurs européens, plutôt que d’essayer de coopérer, semblent entretenir une concurrence effrénée pour rester seul en lice. Cette stratégie peut s’avérer très dangereuse  pour l’emploi notamment du site de Thalés Alenia Space  Cannes, comme pour Airbus d’ailleurs et à terme pour Ariane espace si la faiblesse des commandes devait perdurer. Les directions de ces entreprises font preuve d’un bel optimisme que ne partagent pas les salariés ni leurs organisations syndicales. Celles-ci, pour le site cannois, ont dès le printemps lancés un droit d’alerte et ont récemment interpellé le député Brochand, qui fait partie de la commission « Espace » de l’Assemblée, afin qu’il intervienne auprès du premier ministre voire du président de la république. Ce sont des centaines emplois directs qui sont à terme menacés sans compter les sous-traitants et emplois dérivés. Le cabinet Euroconsult spécialiste du spatial et organisateur de la World Satellite Business Week prévoit quant à lui le lancement de 300 satellites commerciaux en orbite géostationnaire ces dix prochaines années. Les dirigeants d’Airbus tablent sur une reprise après 2021 et ceux de Thales Alenia Space  sont quant à eux très silencieux. Comment cela va-t-il se traduire en termes d’emploi dans le « creux » de 2017 à 2021 ? Le journaliste parle de faire « le dos rond ». Ce qui signifie, comme toujours dans des cas semblables, une politique de restriction des investissements qui risque de frapper notamment la recherche développement hypothéquant ainsi davantage l’avenir de l’entreprise.