Archives de catégorie : Education

LES COUPS TORDUS ET L’ESBROUFE AU MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION.

 

 

 

Une « réforme »  de l’enseignement avec de la cavalerie budgétaire.

Au prétexte que les petits français seraient « mauvais » en mathématiques on veut nous faire croire qu’en réduisant les moyens avec des élèves en plus on va faire mieux.

Regardons cela de près : dans les Alpes Maritimes pour la rentrée 2018, 37 fermetures de classes pour 12 ouvertures. Cette coupe représente l’accueil pour 600 élèves environ soit environ 10% de la population scolaire publique cannoise en maternelle et primaire. Certes ces fermetures concernent tout le département. Mais pourquoi fermer des classes quand il est prévu 127 élèves de plus pour le département. Pour alléger les effectifs ici, on bourre les classes là en fermant au passage un poste de temps en temps. Et la tactique est simple : on annonce beaucoup de fermetures et, sous la pression des organisations syndicales et des parents d’élèves, on est magnanime et on lâche un peu de lest. C’est ainsi que l’école Saint Exupéry à la Bocca n’aura droit qu’à une seule fermeture (en maternelle) quand deux étaient prévues : heureux parents !

 

Il est vrai que pour faire passer les CP et CE 1 à 12 dans les zones REP+ il faut des enseignants: la Méthode Blanquer-Macron est la suivante.

C’est exactement déshabiller Pierre pour habiller Paul et c’est ainsi qu’on prétend élever le niveau des enfants de notre pays !

Finalement dans le quartier Ranguin Ranchito classé ZEP depuis 1982 et sorti du réseau REP depuis 2016 ce sont deux classes qui ferment et le collège Gérard Philippe qui voit sa dotation aussi réduite. Sans doute est-ce l’application mécanique d’une mesure antérieure qui vient à échéance. Mais qu’en est-il de la question de l’évaluation de ces coupes claires sur la réussite des élèves ?

 

Et au lycée cela va aller mieux?

 

A Carnot plus d’élèves et moins d’heures, à Bristol idem au point que les enseignants ont marqué le coup par un arrêt de travail vendredi dernier (notons au passage que ces enseignants qui ont fait une heure de grève dans l’intérêt des élèves se verront retirer une journée de leur salaire mensuel : belle arithmétique ! Il n’y a pas de petites économies). Au total les établissements publics du second degré de l’académie se verront retirer l’équivalent de 10 emplois pour accueillir 630 élèves de plus. Voilà de quoi faire progresser le niveau des élèves dans des classes surchargées.

La réforme du bac va régler tout cela prétend Mr Blanquer ?

Ben voyons, les syndicats mais aussi les associations disciplinaires ne s’y trompent pas et font leurs comptes :

La quasi-totalité des enseignants des disciplines scientifiques sont vent debout contre cette réforme dont ils ont mesuré qu’elle servirait d’abord à réduire les horaires disciplinaires et supprimer des postes.

Applaudi par toute la droite et sa presse, Le Ministre triomphe aisément dans le public d’une émission taillée sur mesure et sans véritable contradicteur : à vaincre sans péril ….

Réformer le système éducatif, pour l’améliorer, nécessite de prendre du temps .C’est une affaire complexe pour laquelle on ne peut se passer des formes d’intelligence collectives qui pourraient être mobilisées dans le monde enseignant. Les décideurs, prennent trop souvent pour modèles des expériences lointaines et souvent discutables mais oublient toujours la richesse d’expérience professionnelle qui existe au sein de notre propre système d’enseignement.

La vérité est la suivante : d’un côté le Joueur de flûte qui vous explique qu’enfin on « réforme » au pas de charge dans l’intérêt de la nation et des générations à venir et de l’autre les verrous austéritaires draconiens qui renforceront les inégalités sociales et déchirent le tissu territorial.

Nous ne suivrons pas le Joueur de flûte : nos enfants ne sont pas des rats.

Jeudi matin à 8 heures les parents d’élèves des écoles de Ranguin Ranchito  manifesteront dans le quartier. Les communistes cannois serons à leurs cotés.

 

Dominique HENROT

SOUTIEN A L’ACTION DE L’INTERSYNDICALE EDUCATION

 

L’intersyndicale (FSU, CGT, SUD, FO) a décidé d’une journée d’action et de grève le 6 février.

Cette journée d’action faisait suite à la mise en place de  « Parcours-sup », la contre – réforme de l’accès à l’université  qui renforce tous les processus ségrégatifs, ne répond en rien aux problèmes antérieurs, ne prépare pas la jeunesse aux défis de l’avenir, dissuade les élèves issus de couches sociales aux revenus modestes  et ne parvient pas à dissimuler  l’outil de sélection généralisée qu’elle institue.

Depuis cette décision de l’intersyndicale, le gouvernement par ses déclarations et ses actes crée les conditions pour mobiliser davantage les enseignants contre lui.

La publication du rapport Mathiot qui réformera en profondeur le lycée mais aussi le métier d’enseignant, avec notamment la disparition de l’entité classe au profit de groupes d’élèves renouvelés tous les 6 mois qui remet en cause le travail enseignant progressif conduisant l’élève par étape vers le baccalauréat.

Les annonces du premier ministre concernant « l’évolution » du statut de fonctionnaire dont le but inavoué est une réduction 50 000 postes confirment les inquiétudes des enseignants. Annualisation des services qui se traduit par une augmentation du temps d’enseignement de l’ordre de 20%. Plus de pouvoir aux chefs d’établissements pour leur donner plus de souplesse dans leurs recrutements conduira à supprimer des postes de titulaires recrutés sur concours nationaux au profit de contractuels à recrutement local. Enfin, l’individualisation de la rémunération avec une part au mérite et à l’atteinte des résultats individuels et collectifs voudrait transformer l’EN en entreprise de production.

Tous ces projets, sont loin d’être des nouveautés. Mis en œuvre depuis des années dans les pays anglo-saxon et nordiques, ils y ont montrés leurs effets dévastateurs notamment sur le système éducatif. En Suède où ces dispositifs ont été poussés à l’extrême, les résultats sont désastreux. Le niveau des élèves suédois, qui était bon, a décliné dans Pisa. Le métier enseignant a été largement dévalorisé et les écoles ont du mal à trouver du personnel enseignant comme des chefs d’établissement.

Les enseignants ont donc toutes les raisons de se mobiliser le 6 et ils peuvent compter sur le PCF pour soutenir leurs revendications et combattre ces réformes régressives.

Estrosi : d’un côté l’outrance, de l’autre la discrimination.

 

L’outrance :

« 24 millions d’euros de dégâts place de la République, (…), mais quel français peut admettre ça » en réalité cette somme correspond au montant du réaménagement complet de la place entre 2012 et 2013, bien avant les « nuits debout ». Ignorance ou mensonge ?

La discrimination :

Les « économies budgétaires » de la PACA, présidée par Estrosi se font principalement au détriment des politiques solidaires et répondant aux besoins des populations les plus fragiles. Ainsi c’est moins 5 millions d’€ pour l’économie sociale et solidaire.

C’est aussi, moins 22 millions d’€ pour fa formation professionnelle continue. Seuls les organismes dont 70% des formés obtiennent une embauche seront financés, ce qui écarte toutes les formations de remise à niveau et de lutte contre l’illettrisme qui par essence ne donnent pas accès à l’emploi mais permettent ensuite de suivre une formation qualifiante.

C’est encore les transports et les grands équipements qui sont amputés de 24millions d’€. Où sont les promesses électorales pour les TER en particulier ?

Enfin, le développement durable et les actions en faveur de l’environnement sont, elles, impactées de 8 millions d’€ et notamment les actions liées à l’eau et au milieu aquatique.

Quant aux investissements éducatifs, ils subissent aussi un coup de rabot inquiétant et une orientation discutable. Pour les lycées le budget de fonctionnement recule de 2.2 millions d’€ ce qui ajouté aux 150 suppressions d’emplois prévues dans les deux ans qui viennent, va entrainer une dégradation des conditions  pour l’accueil, l’entretien, la restauration et l’hébergement des lycées de la région. Les investissements sont quant à eux en réduction notable de près de 9 millions d’€ et laissent présager des difficultés à réaliser le plan prévisionnel de construction et réhabilitation des bâtiments dont la région a la responsabilité.

Dans le même temps les aides aux entreprises augmentent, elles, de 3.5millions d’€ et 5 millions d’€ sont affectés au soutien aux employeurs d’apprentis. A la région comme au gouvernement on continue de faire semblant de croire d’une part que l’apprentissage est la meilleure réponse aux problèmes d’emploi alors que l’insertion durable dans l’emploi est meilleure chez les jeunes ayant suivi des formations professionnelles sous statut scolaire et d’autre part que la formation initiale doit répondre aux besoins exclusifs des entreprises locales alors que depuis longtemps la démonstration a été faite que l’adéquation entre la formation et l’emploi occupé est très faible.

remerciements au SNES FSU pour les infos

Fermeture de deux classes à Cannes

 » La préparation de la rentrée 2015 avait été marquée par un large mouvement de protestation contre la fermeture des ZEP de Cannes. Mouvement de grande ampleur avec manifestations de rue, occupation des locaux, pétitions et délégations en tout genre, pour qu’au final la ZEP soit fermée tout en gardant une « garantie » verbale de moyens. Alors que l’on pouvait s’attendre à une réelle amélioration des conditions d’accueil puisque le rectorat annonçait des créations de postes en nombre suffisant, tout le monde a été surpris de constater que l’inspecteur d’académie fermait plus de classe qu’il n’en ouvrait dans notre département. C’est ainsi que trois classes sont annoncées en fermeture à Cannes dans le secteur de la ZEP (Maurice Alice, Bocca Parc, Bocca Verrerie. Au final au comité technique du 4 février ce ne sont plus que 2 classes qui ferment a préparation de la rentrée 2016(la réaction immédiate par voie de pétition des parents d’élèves du Parc a-t-elle pesé ?). C’est une stratégie éprouvée des gens de pouvoirs (la même utilisée l’an passé pour la ZEP) : on annonce beaucoup de fermetures, de suppressions d’emplois et puis comme on est magnanime on en supprime un peu moins espérant ainsi faire passer la pilule.
Mais que sont donc devenus ces postes en nombre dont se flattait le Recteur. Il semble qu’une partie sera utilisée pour assurer un remplacement de meilleure qualité. Ce n’est pas une mauvaise chose quand on connait les difficultés de ce secteur. Mais alors cela signifie que les moyens attribués n’ont pas pris en compte l’évolution démographique du département et que pour faire face aux besoins pressants dans certains secteurs l’administration doive piocher là où la pression est moins forte. Ce faisant on fragilise l’ensemble du dispositif car on sait bien qu’il est ensuite plus difficile de rouvrir une classe que cela l’a été pour la fermer. Nous ne parlerons pas ici de l’intérêt de la stabilité des équipes pour la cohérence du projet pédagogique de l’école.
Après la suppression de la ZEP l’an passé, la dégradation de l’accueil dans le service public d’éducation s’accroit encore à Cannes avec ces fermetures prévues à la rentrée prochaine. Comment croire que les évènements ne sont pas liés? En effet, dans notre ville la concurrence entre » école publique » et « école privée » est une constante. Hélas, le service public n’en sort que rarement gagnant tant il doit subir les contraintes que lui imposent les réformes fantasques, à moyens constants ou réduits, des gouvernements successifs. Devant les incohérences et/ ou réductions des conditions d’accueil et d’apprentissage les parents se tournent alors vers le privé et ce de plus en plus tôt afin de pouvoir pérenniser cette filière pour leurs enfants. C’est le cas notamment vers les instituts Lochabair et Stanilas dont l’accès semble s’avérer de plus en plus difficile. La section du PCF Cannes et le FDG Cannes s’insurgent contre le double langage de la Ministre de l’Education Nationale et de ses représentants académiques qui prétendant créer des postes ferment en réalité des classes et détériorent le service public. »

REFORME DU COLLÈGE

Encore des irresponsables !

Au lendemain de la grève des enseignants, le gouvernement choisi de publier au Journal Officiel les décrets et arrêtés concernant la réforme du collège. Cette publication est ressentie par les personnels de l’éducation nationale comme une véritable provocation, comme une marque de profond mépris et discrédite totalement la Ministre chez les enseignants. Bien que la ministre ait prétendu avoir entendu les organisations syndicales, et que sa porte soit toujours ouverte, les syndicats de la FSU, SNES et SNEP, très majoritaires n’ont été reçus depuis septembre 2014 qu’une fois pour le SNES et jamais pour le SNEP. C’est beau la négociation avec le gouvernement Valls! Bien sûr, il est plus facile d’ouvrir sa porte aux syndicats « béni oui-oui », la CFDT et l’UNSA dont les projets éducatifs sont très proches celui du PS, mais qui sont minoritaires à l’éducation et particulièrement dans les collèges; alors l’intersyndicale représente plus de 80% des voix aux dernières élections professionnelles.

L’égo des ministres.
Depuis des décennies chaque nouveau ministre de l’éducation nationale a voulu jouer les Jules FERRY et essayer de laisser son nom dans l’histoire au travers d’une réforme. Madame BELKACEM est fidèle à cette tradition et comme ses prédécesseurs elle s’y prend de la plus mauvaise de manière. Croire qu’on peut réformer le système éducatif et faire l’impasse sur un véritable débat avec les professionnels est voué à l’échec. De plus prétendre que ces derniers n’y ont rien compris, c’est les mépriser et ajouter qu’on va les former pour qu’ils comprennent mieux alors qu’on ajoute pas un kopeck au budget c’est vraiment les prendre pour des abrutis.

Ces « benêts » de profs.
Les ministres de l’éducation nationale les uns après les autres, croient toujours que les enseignants ne se posent pas de questions et appliquent bêtement les programmes pondus par les « crânes d’œuf » du ministère. La réalité est toute autre : ces gens-là confrontés au jour le jour aux difficultés d’apprentissage de leurs élèves n’ont de cesse de trouver des solutions , que souvent ils partagent avec leurs collèges afin d’exercer leur métier dans de meilleurs conditions et pour le meilleur profit de leurs élèves.
Donner plus d’autonomie aux établissements c’est seulement donner plus de pouvoir aux chefs d’établissements dont la formation et le recrutement managérial aujourd’hui s’éloigne de plus en plus des réalités pédagogiques quotidiennes. De plus cela met en place une concurrence entre les établissements et posera des problèmes aux élèves amenés à changer d’établissements.

Réformer avec des moyens ?
Enfin, réformer à moyens constants, c’est comme pour les ZEP: on est obligés de fermer, de supprimer quelque part. L’argumentation de l’équité est irrecevable : les classes européennes, comme celle à deux langues dès la sixième permettait le maintien de certaines langues vivantes en net recul depuis que l’anglais s’est généralisé dans le primaire (qui va choisir de l’allemand ou de l’italien en première langue en sixième quand dans le premier degré il n’y a quasiment que de l’anglais ?).

Hurler avec les loups ?
La droite se saisi de cette réforme pour attaquer le gouvernement avec une rare violence oubliant ses propres responsabilités dans l’échec du collège à faire réussir tous les élèves (suppression massive de postes conduisant à des effectifs pléthoriques, programmes incohérents, orientation bradée, etc..). Sarkozy et la princesse de Clèves, Fréderic LEFREVRE, le passionné de Zadig et Voltaire et Bayrou lui-même qui fait semblant d’oublier le million de manifestants qu’il a réussi à mettre dans la rue le 24 janvier 1994, n’ont de leçons à donner à personne. Mais les enseignants qui sont descendus dans la rue le 19 et ne manqueront pas d’y retourner sous peu, ne sont pas sur le même registre : ils défendent, eux, le service public qui en a bien besoin.
Dominique HENROT