LE CHOEUR DES HYPPOCRITES

Les lecteurs attentifs de NM auront noté les différentes réactions des Maires de nos grandes agglomérations côtières à la décision, après proposition du Préfet et de la DDTM, de la ministre du logement, de « carencer » leurs villes, c’est-à-dire de les taxer sévèrement pour non-respect de la loi SRU. Chacun y va de ses arguments spécieux ; et de prétendre qu’il fait le « job » ou que les conditions ne permettent pas de tenir des objectifs aussi ambitieux, ou encore qu’il ne reste plus de réserves foncières, qu’elles sont en zone inondable ou comme le maire de Cannes que cela va faire s’effondrer le marché de l’immobilier !

Le maire de Cannes n’est pas le dernier, ni le moins virulent dans cette charge contre la loi SRU, et ne peut s’empêcher d’une nouvelle charge anti-communiste, faisant semblant de croire que les soviets vont bientôt s’installer sur la Croisette. S’il est vrai que la ville de Cannes, avec plus de 17% de logements sociaux, (chiffre stable depuis une bonne décennie) est l’une du département qui a fait le plus d’efforts en la matière, ce n’est certainement pas le fait du Maire actuel qui se gargarise des réalisations de ses prédécesseurs. C’est pourquoi la ville de Cannes est de nouveau « carencée » pour la période 2017-2019 : pour avoir trop peu construit. C’est un peu différent pour Mandelieu qui avec un taux de 8.5% et malgré la construction de 69 logements sociaux sur la période (quelle performance !) est aussi carencée. En effet, pour les villes à faible pourcentage un dispositif de la loi permet de prendre en compte les efforts réalisés, ce qui ne semble pas être le cas ici. Enfin, le Cannet est, certes, la ville à plus forte densité du département il n’en demeure pas moins qu’au vu du nombre de grues que l’on voit s’élever et d’affichage de promotions immobilières que l’on peu voir dans ses rues on a du mal à croire qu’il n’y a plus de foncier disponible pour du logement social.

Certes, l’Etat de son côté n’aide pas beaucoup, mettant en difficulté les bailleurs sociaux publics en siphonnant leur trésorerie ou en leur imposant des regroupements qui vont éloigner les lieux de décision quand il faut pouvoir répondre aux besoins au plus prés. 

Pour l’heure, et alors que les demandes vont croissant, nos Maires qui se plaignent ne font pas vraiment les efforts nécessaires pour répondre à cette demande de manière satisfaisante.

Ajoutons que, contrairement à ce que prétend Monsieur LISNARD, ce n’est pas l’excès de construction de logements sociaux qui risque de provoquer l’effondrement du marché immobilier (à Cannes entre 3000 et 7000 € du m2 !). C’est peut-être plutôt les suites de la crise de la COVID, qui via la crise sociale notamment chez les employés de la restauration, du petit commerce, de l’évènementiel et de l’artisanat, va mettre toute une frange de la population dans une situation financière très critique. Cette situation conduisant à l’impossibilité d’assumer un crédit immobilier ou un loyer dans le secteur privé et va provoquer une demande accrue de logement dans le secteur social s’ajoutant aux plusieurs milliers de demandes non satisfaites dans le bassin cannois. Tout le monde ne va pas pouvoir dormir dans sa voiture !

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