Archives mensuelles : juin 2019

ASSEZ D’ENFUMAGE, IL FAUT AGIR.

La mondialisation avec ses navires de croisière, ses tankers et porte containers géants carbure au fioul lourd qui empoisonne les mers et les riverains. Notre baie est quasiment deux fois par semaine  le lieu de mouillage de ces grands immeubles flottants dont les moteurs ne cessent de tourner. Suite à l’accident du 2 juin à Venise l’association Transport et environnement publiait une étude très documentée sur les émissions de polluants atmosphériques s dont sont responsables ces « usines à touristes ». Ainsi la multinationale Carnival a rejeté en 2018 dix fois plus d’oxyde de soufre avec 47 bateaux que les 260 millions d’automobiles circulant en Europe.

Les pouvoirs publics essayent de nous rassurer en les tenant à une certaine distance des cotes (800 m si j’ai bien noté dans un récent article de Nice Matin). Ce faisant non seulement on ne prend pas en compte la pollution provoquée par la kyrielle de petites embarcations effectuant les navettes jusqu’au port pour y amener les visiteurs, mais en plus on nous refait le coup du nuage de Tchernobyl qui soi-disant ne franchissait pas les frontières. Qui peut croire que les émissions d’oxydes de soufre, d’oxydes d’azote et de particules fines générées par ces bâtiments vont demeurer au large et ne pas polluer la mer ?

Nous avons soulevé le lièvre, il y a quelques semaines dans un écho dans Nice Matin. Un article de ce jour, fait état d’un courrier du maire de Cannes (David Lisnard) au premier ministre à ce propos. ll y a effectivement urgence à faire quelque chose.

Certes, la mise en place d’un PM (comme le préconise David Lisnard) peut être utile, mais il faut surtout très rapidement créer une  fiscalité dissuasive sur le fuel lourd. De plus, il est nécessaire de faire évoluer les normes permettant d’aller dans un avenir proche vers une réduction drastique des émissions toxiques actuelles. A minima, par exemple en ce qui concerne le souffre, ce qui se fait pour la zone Manche, Mer du Nord, Baltique devrait s’appliquer  aussi pour notre Méditerranée.

Bien entendu, l’idéal serait que la réglementation internationale évolue de manière significative mais si la France prenait une initiative ce serait déjà un grand pas. Notre gouvernement, si prompt à interdire l’accostage des bateaux des ONG qui sauvent les migrants en mer, pourrait aussi aisément interdire l’accès à nos côtes à ces bateaux pollueurs.

Dans le domaine de l’aviation une réflexion de même nature pourrait être conduite afin de réduire les pollutions sonores et environnementales du trafic de l’aérodrome de Cannes Mandelieu. Au passage et pour les même raisons, nous ne versons pas de larmes sur la disparition du Red Bull Race Cannes dont l’effet sur la détérioration l’environnement nous semble plus important à prendre en compte que les retombées économiques.

Dominique HENROT