Synthèse du débat organisé à Cannes (Maison des Associations) le 19/02 (cadre du Grand Débat National)


Note : La synthèse qui suit ne saurait prétendre refléter correctement les interventions ; elle ne peut que prétendre à la conformité par rapport aux thématiques abordées.

La réunion a rassemblé entre 40 et 50 personnes à l’invitation de la Section du PCF de Cannes. D’entrée de jeu, il a été précisé, que, la discussion était placée sous l’exclusive responsabilité des participants(es) et qu’aucune formation politique ne se l’approprierait sous quelque forme que ce soit. La durée des interventions a été limitée d’avance à 3 minutes, temps de parole généralement respecté ; le nombre d’interventions est d’une trentaine ; le débat a eu lieu entre 18h45 et 20h30 avec une rapide tentative de restitution synthétique laquelle a été approuvée. Ce qui suit développe quelque peu cette restitution synthétique. On distinguera deux parties :

  1. Les Thématiques avec de brefs résumés des idées avancées
  2. Les propositions formalisées.
  1. Les Thématiques : on peut en distinguer 4.

-La question du changement climatique et ses défis :

 L’échange conduit à deux constatations : a) cette problématique est forte au sein de la discussion ;

b) s’opposent deux conceptions ; la première consiste à faire de cette question celle qui surplombe et détermine toutes les autres ; la seconde consiste à considérer qu’on ne doit pas opposer la réponse aux défis climatiques et celle correspondant aux questions sociales. Il n’y a pas consensus sur l’une ou l’autre de ces conceptions.

– Fiscalité et justice sociale : l’échange montre qu’il s’agit d’une thématique majeure. Diverses pistes sont explorées (voir item propositions) ; le principe de l’égalité devant l’impôt fait consensus .Le recours à la taxation indifférenciée par rapport aux ressources ne fait pas accord .La discussion montre une opposition catégorique vis-à-vis de la problématique « Impôts supplémentaires ou moins de services publics ».  

– Démocratie et refondation institutionnelle :

L’idée selon laquelle les institutions actuelles ne sont plus adaptées au débat démocratique est très largement partagée. Diverses pistes sont explorées (voir item propositions) ; la complexité du sujet ne peut en un court espace de temps aboutir à un accord cristallisé sur telle ou telle proposition. Dans le cadre de cette rubrique, il faut noter l’insistance sur les enjeux nouveaux de la mondialisation et la nécessité d’une législation et humaine, ouverte vis-à-vis des flux migratoires ; aucune intervention ne réclame une conception sécuritaire.

_ Politique extérieure, paix et désarmement :

L’interventionnisme, notamment militaire de la France est controversé ; certaines propositions sont avancées (voir item propositions) ; elles ne font pas objet de débat ni d’opposition manifeste.

  • Les Propositions formalisées

On les trouvera ici exposées schématiquement ; aucune n’a pu faire l’objet de discussion.

On reprend l’ordre des items précédents.

Sur la question climatique : création d’un impôt européen affecté – l’espace européen étant considéré comme dimension pertinente ;  .Action nationale sur les  dépenses thermiques des immeubles collectifs ; relance et expansion du ferroutage et de l’utilisation des voies d’eaux et maritimes pour les transports de marchandises. Création d’un Parlement Mondial sur l’Ecologie et le Climat.

Sur fiscalité et justice sociale : augmentation du nombre de tranches du barème de l’impôt sur le revenu ; rétablissement de l’ISF, prélèvement à la source des compagnies du CAC 40 et lutte contre l’évasion et l’optimisation fiscale ; suppression pure et simple de l’impôt sur le revenu ; création d’un revenu universel versus salaire à vie (ici la discussion s’est esquissée sans accord) ; accord sur le principe de la contribution de chaque citoyen(ne) à proportion de ses ressources. Augmentation effective et importante  du SMIC, des salaires et pensions de retraite ; 

Création d’un impôt sur le Patrimoine. Augmentation de la TVA sur produits de luxe et diminution sur produits de base. Revoir le statut de la BCE afin qu’elle prête directement aux États. (Cette proposition fait l’objet d’applaudissements).

Application de la taxe Tobin sur les transactions financières .Taxer les laboratoires pharmaceutiques et l’industrie du médicament.

Sur Démocratie et refondation institutionnelle

Pratique du référendum plus fréquente ; diminution du nombre de parlementaires (ce point est vivement contesté) ; élections à la proportionnelle intégrale ; rétablir l’importance des corps intermédiaires ; rétablir les pouvoirs des Maires notamment dans les petites communes ; combiner démocratie représentative et démocratie participative avec contrôle des élus(es). Maintenir les départements, espace pertinent pour le maintien et le développement de services publics de proximité avec les ressources et les dotations étatiques afférentes.

Retour au droit des États à battre monnaie.

Prendre en compte les défis humains de la mondialisation avec comme devise «  Liberté, Égalité, Solidarité » ; refus de la politique sécuritaire vis-à-vis des Migrants qui bafoue les principes de la République ; nécessité d’un accueil digne et humain en France et dans l’Union Européenne (avec insistance particulière sur les Régions du Sud qui ont depuis des décennies été terre d’accueil).

La jeunesse doit faire l’objet d’une politique volontariste visant à lui redonner de l’espoir en son avenir.  

Sur Paix et Désarmement : l’interventionnisme militaire de la France a contribué à détruire de nombreux États et a créé de ce fait des devoirs particuliers dans la reconstruction et l’accueil des populations chassées par la guerre ; abrogation de la Loi de programmation militaire ; aller vers l’interdiction des armes nucléaires ; arrêter les ingérences dans les affaires d’autres pays. (Aucune de ces propositions n’a pu faire l’objet de discussion). 

Olivier GEBURHER rapporteur