Non au député-maire !

Notre député Bernard Brochand vient de déposer un projet de loi visant à faire une entorse à la loi sur le cumul des mandats pour les députés. L’idée étant d’autoriser les députés à être maire en même temps au prétexte d’une nécessaire proximité entre les députés et le « terrain». Cette proposition est reprise en boucle par le président du sénat, Monsieur Larcher,  qui propose la même entorse pour les sénateurs. La question de la proximité des parlementaires d’avec les électeurs n’est effectivement pas anodine quand on voit que la plupart des députés LREM, en dehors des transfuges d’autres partis, sont des novices en politique souvent parachutés dans des circonscriptions où leurs attaches sont ténues. Ce constat pourrait laisser penser que nous partageons le point de vue de Bernard Brochand. Certes, nous considérons que des liens profonds avec les citoyens de leur circonscription et même au-delà permettent aux parlementaires d’avoir des éléments concrets pour participer aux débats et valider leur vote en dehors de toute pression des lobbys qui leur font le siège.  Mais, nous faisons aussi le constat, aussi bien en ce qui concerne Monsieur Brochand, que Monsieur le sénateur Leroy, que leur activité de parlementaire n’a jamais été aussi intense que depuis qu’ils ne sont plus maires de leur commune. De même Mr Lisnard, comme Mr Leroy Jr. paraissent occupés à plein temps par leurs mandats de Maires.  Les pages de Nice Matin en font foi au vue du nombre de publication des interventions des uns et des autres dans leur domaine respectif. Si la proximité est une chose importante aussi bien pour les élus locaux que nationaux, elle n’implique pas la nécessité de cumuler deux mandats. Cette proximité se construit au quotidien par l’engagement personnel de l’élu dans sa fonction et pour l’heure, compte tenu de l’importance des responsabilités liées à ces deux types de mandats, il s’agit d’une activité à plein temps, nécessitant l’entière disponibilité de l’élu. Il n’y a donc aucune urgence à ce retour en arrière. Par contre, une réforme utile serait que les parlementaires soient élus à la proportionnelle réelle, permettant ainsi à tous les catégories de citoyens d’y être représentés. Et, en même temps,  de mettre en place un dispositif de réel contrôle de la probité des élus. Monsieur Brochand sait bien de quoi nous parlons, lui qui est encore en délicatesse avec le tribunal correctionnel, ce dernier lui ayant refusé le plaider coupable concernant son compte en Suisse.