Mr « CONTRÔLE +Z » et les Mathématiques dans l’Enseignement secondaire Public.

Si le plus « haut » personnage de l’État peut déclarer qu’ « on ne peut pas demander à la fois moins d’impôts et plus de services publics » sans que cela déclenche un tel tollé qu’à défaut de partir , il doive se cacher , il ne faut pas s’étonner que Mr « Contrôle +Z », alias Blanquer ,  puisse, sans bruit et en toute impunité, rayer d’un trait de plume l’enseignement des mathématiques du corpus commun de l’enseignement secondaire à partir de la seconde.  Qu’un ci-devant ex-Ministre de l’Éducation Nationale n’en ait jamais eu « besoin », à entendre les « raisonnements » dont il abreuve ses passages médiatiques, ne fait pas de doute. Et il est sûr,  qu’on peut, sa vie durant, n’avoir jamais eu à utiliser les « identités remarquables » qui n’ont de « remarquables » que l’adjectif. Il ne s’agira pas ici de la défense d’une discipline dont Carl Gustav Jacob Jacobi , l’un de ses contributeurs marquants écrivait à Joseph Louis Fourier, aux travaux d’inspiration inépuisable   : «un philosophe comme lui aurait dû savoir que le but unique de la science, c’est l’honneur de l’esprit humain, et que sous ce titre, une question de nombres vaut autant qu’une question du système du monde » ; elle se passe fort bien de défenseurs face aux cuistres qui se mêlent de l’attaquer . Y a-t-il  la moindre nécessité d’enseigner à toutes et tous les rudiments de la façon la plus stupide, à la façon du Dr Knock : « Chaque jour, à la même heure, on ouvrira le même livre, à la même page, et on récitera : 2+2=4 » .

Sur ces aspects, Martin Adler, Président de l’Association « Animath », a tout dit.

 Mais c’est d’une toute autre question qu’il s’agit. Cette suppression dans le tronc commun n’est pas seulement une insulte à l’avenir immédiat : derrière l’automation croissante, impliquant la réduction massive du temps de travail contraint et non l’augmentation du chômage et de la précarité, se cachent de nouvelles qualifications, ce dont le MEDEF ne veut pas en entendre parler. Qualifications relatives au contrôle et à une infinité de processus connexes qui supposent des citoyen.nes en mesure de les maîtriser. Toutes, partie infime du continent des questions qui se posent à l’humanité,  mobilisent, à des degrés divers, certaines connaissances mathématiques.

Que l’Education Nationale soit en crise profonde n’est un secret pour personne ; elle n’est qu’une des dimensions multiformes de celles qui affectent la société française. Le statut quo est impensable ; Mr « Contrôle+ Z » s’emploie à la « réformer ». Personnage lisse du gouvernement, passé sans transition de la Sarkozie à la Macronie,  échappant aux quolibets mérités par d’autres, sa caractéristique principale est la détermination absolue dans la mise en pièces de ce qui subsiste d’Etat social pour y substituer ce qu’exige un Etat par et pour le profit.

Il y a encore bien plus grave : cette suppression « anodine » accentuera la scission entre exécutants et décideurs. Une citoyenneté de plein exercice se voit ainsi amputée.  Avant de constituer un assemblage de hiéroglyphes, les mathématiques sont constitutives de l’imaginaire,  participent du mouvement des idées et des représentations, entretiennent un dialogue avec toutes les formes artistiques, font partie du patrimoine architectural, sont partie intégrante de l’acquisition du sens critique, de la culture .Sans tapage nocturne, elles contribuent au sens de l’universel.  

Cette suppression « anodine » s’inscrit directement dans l’abandon de l’idée de « démonstration » à l’appui de toute pensée.  Discipline dont l’accès est par essence même démocratique, ne requérant aucun code socioculturel préalable, sa suppression du tronc commun accentuera les inégalités sociales, fragmentera davantage le tissu territorial, contribuera à la dislocation du Service Public d’Education nationale.

Après les « mesures d’économie », Mr Blanquer a inventé l’économie de la pensée.