La chute d’une étoile !

 

Les patrons du CAC 40 ne digèrent pas l’affaire Ghosn. Que « l’empereur de l’automobile » se retrouve du jour au lendemain, embastillé comme la dernière des crapules, ça les tétanise. Le MEDEF flippe. C’est la panique dans les beaux quartiers. Le PDG d’Orange se dit « sidéré ». La presse  « bien-pensante » en rajoute ; Ce serait un mauvais coup, une mauvaise manière des Japonais, qui détestent les étrangers, qui sont « xénophobes ». Ce serait le retour du péril jaune, en quelque sorte. La justice nipponne serait donc au service d’autres intérêts que ceux de …la justice. Comment croire de telles bêtises quand les chefs d’accusation à l’égard du PDG de Renault Nissan sont avérés. Sa garde à vue est aujourd’hui prolongée, probablement jusqu’au début de l’année prochaine, alors que le parquet de Tokyo l’accuse maintenant d’abus de confiance ; il aurait utilisé des fonds de ses entreprises pour éponger des pertes personnelles lors de la crise des subprimes en 2007/2008.

Contrairement à ce qu’on essaye maintenant de nous faire avaler, Monsieur GHOSN n’est pas un homme à part, une « ovni » comme dit le Figaro. Il est l’incarnation du capitalisme outrancier, symbolisé par cette caste de  grands patrons rapaces de sociétés multinationales à qui les gouvernements cèdent tout sur l’autel du profit. Cette monarchie patronale qui ouvre et ferme les usines ; qui achète, liquide et revend en pièces détachés entreprises et salariés. Ce qui se passe aujourd’hui avec Ford Blanquefort en est un autre exemple. L’arrestation de Ghosn met effraie ses amis du CAC 40. Elle monte que personne n’est au-dessus des lois. Alors que les gilets jaunes, pas dupes du jeu de bonneteau auquel se livrent Macron et sa majorité au parlement, continuent d’occuper les ronds-points en exigent du « pouvoir vivre », Il est peut-être temps que la justice française s’intéresse à la manière dont ces grands capitaines du capitalisme construisent leurs fortunes et qu’un peu d’ordre y soit remis.

Dominique HENROT  21/12/18