POUR UNE FÊTE DES TRAVAILLEURS MILITANTE.

Cette année, nous aurions dû encore plus et mieux que les autres années réussir le 1er mai. Cependant, une bonne centaine de personnes étaient réunies devant la mairie de Cannes (coté port). Certes nous étions plus nombreux que l’an passé, mais pas autant que nous pouvions l’espérer compte tenu des circonstances. Cette date s’inscrit dans un contexte de luttes sociales très importantes où, après les retraités, les personnels de santé, ceux d’air France et bien d’autres encore,  le combat des cheminots pour l’avenir de la SNCF devient  le fer de de lance des autres luttes notamment pour la sauvegarde des services publics. Plus le libéralisme avance et plus les services publics reculent !

 

Mais ce jour est aussi important car les mouvements d’extrême droite d’Europe ont choisi de s’y rassembler à Nice et Le Pen a trouvé une statue de Jeanne d’Arc à Cannes, à quelques centaines de mètres de notre rassemblement, pour y venir déposer une gerbe. L’extrême droite s’est approprié le symbole de la « fête de Jeanne d’arc et du patriotisme » (officiellement le 8 mai) instaurée en 1920 par le  parlement  aux bottes de la bourgeoisie qui souhaitait depuis la fin du 19 ième siècle  faire de l’ombre au 14 juillet aux échos trop révolutionnaires. D’ailleurs, l’Action Française du fasciste martégal Mauras, dont la publication des œuvres par les éditions Robert Laffont fait polémique ces temps derniers, honore encore Jeanne D’Arc le 8 mai. Le FN entre 1979 et 1988 a défilé le 8 mai pour fêter Jeanne d’Arc.

Depuis 1988 et alors que Jean Marie Le Pen espérait être au second tour de l’élection présidentielle qui devait avoir lieu justement le 8 mai, le chef du FN a décidé de déplacer le rassemblement du 8 au 1 mai pour mobiliser ses troupes. N’ayant pu accéder au second tour, le FN a trouvé intéressant de  chercher à s’accaparer la date de la fête du travail tant prisée par le maréchal Pétain.

Chômé et férié dès 1946 sous l’impulsion du ministre communiste du travail Ambroise CROIZAT, le 1° mai retrouve son appellation de fête du travail en 1948, et non pas fête des travailleurs comme il l’aurait fallu. Rassemblements et manifestations sont interdits ce jour pendant les guerres d’Indochine et d’Algérie. Ce n’est qu’ensuite que le mouvement syndical profite de ce jour pour en faire une résonnance des luttes.

Allons-nous laisser l’extrême droite s’emparer définitivement du 1° mai ? Nous ne les laisserons pas faire et c’est en étant chaque année plus nombreux à ce rassemblement que nous montrerons notre détermination à plus de justice sociale.

 

On voit bien ici l’enjeu. Dans le contexte de mouvement social et après plusieurs mobilisations réussies, le mouvement social a besoin, pour être victorieux, d’une perspective de débouché politique, les propositions que nous faisons sont une véritable alternative proposée à ceux qui ne veulent pas voir Macron et son monde triompher. Le passé récent nous a appris qu’un mouvement social puissant et prolongé n’était pas suffisant pour gagner (Plan Fillon puis Woerth pour les retraites, loi El Khomery). Les salariés en grève qui perdent du salaire ont besoin, pour continuer, d’apercevoir un horizon autre que celui où l’on répète, à l’instar de Margaret Thatcher, qu’il n’y a pas d’alternative. Rien n’est écrit d’avance !

 

Face aux fascistes et aux nationalistes qui, après « la Fête de Jeanne d’Arc » du père Le Pen, essaient de nouveau de détourner les symboles du mouvement ouvrier, nous devons donner à voir un autre monde : Un monde pacifié, régi par un droit international qui s’impose à tous et qui sache se rénover pour ne plus être l’otage des puissances impérialistes régionales ou mondiales. La culture de paix, le respect des droits des peuples et des droits humains, le farouche combat contre toutes les formes de discriminations dans le monde, voici quelques-unes des valeurs que nous devrons porter.

 

Mobilisons autour de nous pour imposer le choix de l’humanisme, du progrès social, de la souveraineté populaire sur les choix économiques et l’utilisation du capital !