Archives mensuelles : mai 2018

MANIF CHEMINOTS A CANNES

Deux ou 300 personnes étaient rassemblées ce jour devant la gare de Cannes à l’invitation de l’intersyndicale des cheminots en grève. Grévistes, mais aussi retraités de la SNCF, de la fonction publique, représentants du PCF local, dans une ambiance bon enfant, ont partagé un pique nique devant la gare dont la recette revient à la caisse de solidarité des grévistes. Puis du haut des marches au tapis rouge (de la gare) les manifestants ont assisté à une saynète où « Macroléon » se félicitait du succès de ses réformes et de sa méthode par ordonnances, laissant entendre que ce n’était pas fini et qu’on allait voir ce qu’on allait voir, sous les huées de la foule. Enfin les manifestants se sont donnée rendez-vous devant les marches du palais, ce que les forces de l’ordre se sont employées à empêcher. Cependant quelques uns y sont parvenus et ont déployé une banderole proposant de faire dérailler Macron avant de se disperser dans le calme.(voir nos photos jointes et sur notre blog). De nombreux journalistes français et étrangers étaient présents pour couvrir l’événement.

« Malheureux les pays qui ont besoin de héros

 

Le ministre de l’intérieur est devenu un problème sérieux pour la République. En effet, en quelques jours Gérard Collomb a violé au moins deux principes de base de la légalité républicaine : le fait que seul l’État doit être dépositaire des pouvoirs de police et le droit des citoyens et citoyennes de ce pays à manifester en toute quiétude.

Ainsi, pour la 1ère fois depuis août 1944 et la sinistre milice de Joseph Darnand, on a vu en toute impunité un groupe para militaire d’extrême droite paradé en gardes frontières à grands renforts d’hélicoptères et de 4×4 de luxe, cela en s’arrogeant le droit d’arrêter des gens. La tolérance coupable du gouvernement vis-à-vis de l’existence et des agissements de cette milice d’hommes en bleu est d’autant plus grave lorsqu’on la met en regard de la répression qui s’abat sur les citoyens et les organisations qui font œuvre de solidarité en vers les migrants. Quel crédit porter aux paroles de Macron lorsqu’il critique les autorités hongroises au nom des droits humains alors que lui-même et son ministre de l’intérieur laissent agir une milice d’extrême droite sur les frontières de notre République ?
Puis, non content de laisser les « identitaires » faire la police aux frontières, Gérard Collomb s’est employé à saboter méthodiquement la manifestation du 1er mai à Paris, en laissant tranquillement la rue pendant plus d’une heure à quelques centaines d’encagoulés en noir.
Résultat, dans les médias, on ne parla donc que de vitrines brisées, de magasins incendiés, de mobiliers urbains saccagés, pas un mot sur les plus de 50.000 manifestant·e·s, sur les revendications et les luttes des cheminots, des personnels d’Air-France, des étudiants, des hospitaliers, des salarié·e·s Carrefour, des sans-papiers… pas une ligne, ni une image sur les très nombreux cortèges en province. Avec au passage une « héroïsation » malsaine et complaisante de la figure du « black bloc » assimilé à un « combattant anti capitaliste » (sic) en opposition aux « cortèges syndicaux, avec femmes, enfants, vieillards » qualifiés de manière méprisante de ringards, représentants de l’ancien monde, d’inutiles…. « Malheureux les pays qui ont besoin de héros » pour reprendre la citation de Bertolt Brecht, mise dans la bouche de Galilée.
Comme l’a demandé le groupe communiste au Sénat, il serait salutaire que les agissements du ministre de l’intérieur fassent l’objet d’une enquête parlementaire.
Mais, ne nous y trompons pas, Gérard Collomb n’agit pas en franc tireur, son action s’inscrit dans le concept de « démocratie limitée » qu’essaie d’imposer à notre pays Emmanuel Macron avec sa réforme constitutionnelle. Or le sens du combat des communistes, à l’ordre du jour du Congrès du PCF, est justement celui d’une démocratie politique et sociale étendue, fondée sur le principe de l’humain d’abord. Une démocratie qui ne s’arrête pas aux portes des banques et des entreprises et qui n’est pas limitée par les intérêts du capital.

Yann Le Pollotec, responsable de la commission transparence du congrès du PCF

POUR UNE FÊTE DES TRAVAILLEURS MILITANTE.

Cette année, nous aurions dû encore plus et mieux que les autres années réussir le 1er mai. Cependant, une bonne centaine de personnes étaient réunies devant la mairie de Cannes (coté port). Certes nous étions plus nombreux que l’an passé, mais pas autant que nous pouvions l’espérer compte tenu des circonstances. Cette date s’inscrit dans un contexte de luttes sociales très importantes où, après les retraités, les personnels de santé, ceux d’air France et bien d’autres encore,  le combat des cheminots pour l’avenir de la SNCF devient  le fer de de lance des autres luttes notamment pour la sauvegarde des services publics. Plus le libéralisme avance et plus les services publics reculent !

 

Mais ce jour est aussi important car les mouvements d’extrême droite d’Europe ont choisi de s’y rassembler à Nice et Le Pen a trouvé une statue de Jeanne d’Arc à Cannes, à quelques centaines de mètres de notre rassemblement, pour y venir déposer une gerbe. L’extrême droite s’est approprié le symbole de la « fête de Jeanne d’arc et du patriotisme » (officiellement le 8 mai) instaurée en 1920 par le  parlement  aux bottes de la bourgeoisie qui souhaitait depuis la fin du 19 ième siècle  faire de l’ombre au 14 juillet aux échos trop révolutionnaires. D’ailleurs, l’Action Française du fasciste martégal Mauras, dont la publication des œuvres par les éditions Robert Laffont fait polémique ces temps derniers, honore encore Jeanne D’Arc le 8 mai. Le FN entre 1979 et 1988 a défilé le 8 mai pour fêter Jeanne d’Arc.

Depuis 1988 et alors que Jean Marie Le Pen espérait être au second tour de l’élection présidentielle qui devait avoir lieu justement le 8 mai, le chef du FN a décidé de déplacer le rassemblement du 8 au 1 mai pour mobiliser ses troupes. N’ayant pu accéder au second tour, le FN a trouvé intéressant de  chercher à s’accaparer la date de la fête du travail tant prisée par le maréchal Pétain.

Chômé et férié dès 1946 sous l’impulsion du ministre communiste du travail Ambroise CROIZAT, le 1° mai retrouve son appellation de fête du travail en 1948, et non pas fête des travailleurs comme il l’aurait fallu. Rassemblements et manifestations sont interdits ce jour pendant les guerres d’Indochine et d’Algérie. Ce n’est qu’ensuite que le mouvement syndical profite de ce jour pour en faire une résonnance des luttes.

Allons-nous laisser l’extrême droite s’emparer définitivement du 1° mai ? Nous ne les laisserons pas faire et c’est en étant chaque année plus nombreux à ce rassemblement que nous montrerons notre détermination à plus de justice sociale.

 

On voit bien ici l’enjeu. Dans le contexte de mouvement social et après plusieurs mobilisations réussies, le mouvement social a besoin, pour être victorieux, d’une perspective de débouché politique, les propositions que nous faisons sont une véritable alternative proposée à ceux qui ne veulent pas voir Macron et son monde triompher. Le passé récent nous a appris qu’un mouvement social puissant et prolongé n’était pas suffisant pour gagner (Plan Fillon puis Woerth pour les retraites, loi El Khomery). Les salariés en grève qui perdent du salaire ont besoin, pour continuer, d’apercevoir un horizon autre que celui où l’on répète, à l’instar de Margaret Thatcher, qu’il n’y a pas d’alternative. Rien n’est écrit d’avance !

 

Face aux fascistes et aux nationalistes qui, après « la Fête de Jeanne d’Arc » du père Le Pen, essaient de nouveau de détourner les symboles du mouvement ouvrier, nous devons donner à voir un autre monde : Un monde pacifié, régi par un droit international qui s’impose à tous et qui sache se rénover pour ne plus être l’otage des puissances impérialistes régionales ou mondiales. La culture de paix, le respect des droits des peuples et des droits humains, le farouche combat contre toutes les formes de discriminations dans le monde, voici quelques-unes des valeurs que nous devrons porter.

 

Mobilisons autour de nous pour imposer le choix de l’humanisme, du progrès social, de la souveraineté populaire sur les choix économiques et l’utilisation du capital !