MAJORATION DE LA CSG : UN DÉFI POUR LES RETRAITES!

 

Beaucoup de retraités commencent en recevant leurs pensions à constater les dégâts et ils s’aperçoivent que le trou creusé par la majoration non compensée de la CSG annoncée à 1,70% entraîne en réalité une baisse nettement supérieure du montant net de leur pension. Ce 1,70 point d’augmentation correspond en réalité pour la plupart des retraités à une augmentation de plus de 25% du poids de la CSG, puisque (6,60 +1,70= 8,30 et 8,30/ 6,60 = 1,2576).

Serait exonéré tout retraité, dont le total personnel des pensions mensuelles n’excéderait pas € 1 200 ou 1 250. Ce qui compte, c’est le revenu fiscal de référence, celui qui figure sur la troisième page leur dernier avis d’imposition d’impôt sur le revenu.

Le plafond d’exonération est calqué sur celui des retraites ouvrant droit au taux réduit de CSG de 3,80%. Soit € 14 404 pour un retraité vivant seul, et € 22 096 pour un ménage de retraités sans personne à charge. Les € 14 404 annuels coïncident bien avec les € 1 200 mensuels évoqués, les € 22 096 pour un ménage, soit  € 1 841, soit une moyenne de € 921 par individu ne collent plus. Pour mémoire, le seuil de pauvreté s’établit actuellement à € 1 015 par mois pour une personne isolée et à € 1 523 pour un couple sans personne à charge. Et en plus en couple, ce qui compte pour le revenu de référence, c’est le revenu du ménage tout entier et donc si les € 22 096 fatidiques sont dépassés, la majoration de CSG s’applique à l’ensemble des pensions du ménage, même si, chaque mois, l’un des conjoints perçoit individuellement une pension de misère de € 300 ou 400.

Le sacrifice exigé des retraités en réalité est très nettement supérieur au taux nominal de 1,70% annoncé, puisque le taux effectif s’établit en moyenne à 1,85% de perte en pouvoir d’achat. Si on ajoute la contribution solidarité-autonomie de 0,30% de Hollande en 2013 à la majoration de 1,70% de CSG de Macron en 2018, les retraités auront perdu en 5 ans un peu plus que l’équivalent d’une semaine de pension par an Il y a donc bien une discrimination à raison de l’âge.

La nouvelle majoration de CSG est intégralement déductible des pensions auxquelles elle s’applique. Encore heureux puisque la retraite étant un salaire différé sur lequel l’impôt a déjà été prélevé en cours d’activité. Donc tous les retraités qui acquittent l’impôt sur le revenu vont bénéficier d’une réduction de cet impôt. Mais cette réduction va varier fortement en fonction des taux  des tranches d’imposition. La ristourne fiscale varie de 0,24 à 0,77 point et donc plus que du simple au triple et ce sont ceux qui ont les revenus les plus élevés qui vont bénéficier au maximum de cette ristourne, en complet contre-sens avec la progressivité de l’impôt sur le revenu. Notons au passage que pour les inspecteurs des finances exerçant au ministère et autres collaborateurs de Bercy auteurs de cette réforme, l’impact sur leur pouvoir d’achat de retraités sera réduit compte tenu de leurs rémunérations.

La note d’information reçue de l’Assurance Retraite renvoie abusivement le lecteur retraité à la baisse éventuelle de sa taxe d’habitation pour mesurer l’impact réel du changement de taux de la CSG. C’est évidemment de la manipulation pure et simple puisqu’il n’existe aucune relation directe entre la CSG et la taxe d’habitation, dont les publics, l’assiette, l’objet et les taux sont éminemment différents. Beaucoup de retraités assujettis à la majoration de CSG savent parfaitement qu’ils ne bénéficieront en rien de la réduction de la taxe d’habitation. On nous prend vraiment pour des débiles profonds.

L’ambition présidentielle est à peine dissimulée il s’agit de privilégier les jeunes et les actifs en dépouillant les vieux, dépeints pour les besoins de la cause comme d’insatiables « rentiers » nantis et taxés en terme à peine voilés de parasitisme, plutôt que de prendre l’argent aux ultrariches ou aux fraudeurs fiscaux mais il est vrai que les retraités comme les pauvres sont plus nombreux que les riches et que comme ces derniers on les trouve rarement dans les allées du pouvoir.

Les retraités vont-ils continuer de subir passivement ,ou vont-ils enfin réagir massivement et clairement contre l’injustice qui leur est faite avec les 17 millions de bulletins de vote dont nul n’a encore osé les priver.

source IREF institut de recherches économiques et fiscales