Archives mensuelles : février 2018

LES COUPS TORDUS ET L’ESBROUFE AU MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION.

 

 

 

Une « réforme »  de l’enseignement avec de la cavalerie budgétaire.

Au prétexte que les petits français seraient « mauvais » en mathématiques on veut nous faire croire qu’en réduisant les moyens avec des élèves en plus on va faire mieux.

Regardons cela de près : dans les Alpes Maritimes pour la rentrée 2018, 37 fermetures de classes pour 12 ouvertures. Cette coupe représente l’accueil pour 600 élèves environ soit environ 10% de la population scolaire publique cannoise en maternelle et primaire. Certes ces fermetures concernent tout le département. Mais pourquoi fermer des classes quand il est prévu 127 élèves de plus pour le département. Pour alléger les effectifs ici, on bourre les classes là en fermant au passage un poste de temps en temps. Et la tactique est simple : on annonce beaucoup de fermetures et, sous la pression des organisations syndicales et des parents d’élèves, on est magnanime et on lâche un peu de lest. C’est ainsi que l’école Saint Exupéry à la Bocca n’aura droit qu’à une seule fermeture (en maternelle) quand deux étaient prévues : heureux parents !

 

Il est vrai que pour faire passer les CP et CE 1 à 12 dans les zones REP+ il faut des enseignants: la Méthode Blanquer-Macron est la suivante.

C’est exactement déshabiller Pierre pour habiller Paul et c’est ainsi qu’on prétend élever le niveau des enfants de notre pays !

Finalement dans le quartier Ranguin Ranchito classé ZEP depuis 1982 et sorti du réseau REP depuis 2016 ce sont deux classes qui ferment et le collège Gérard Philippe qui voit sa dotation aussi réduite. Sans doute est-ce l’application mécanique d’une mesure antérieure qui vient à échéance. Mais qu’en est-il de la question de l’évaluation de ces coupes claires sur la réussite des élèves ?

 

Et au lycée cela va aller mieux?

 

A Carnot plus d’élèves et moins d’heures, à Bristol idem au point que les enseignants ont marqué le coup par un arrêt de travail vendredi dernier (notons au passage que ces enseignants qui ont fait une heure de grève dans l’intérêt des élèves se verront retirer une journée de leur salaire mensuel : belle arithmétique ! Il n’y a pas de petites économies). Au total les établissements publics du second degré de l’académie se verront retirer l’équivalent de 10 emplois pour accueillir 630 élèves de plus. Voilà de quoi faire progresser le niveau des élèves dans des classes surchargées.

La réforme du bac va régler tout cela prétend Mr Blanquer ?

Ben voyons, les syndicats mais aussi les associations disciplinaires ne s’y trompent pas et font leurs comptes :

La quasi-totalité des enseignants des disciplines scientifiques sont vent debout contre cette réforme dont ils ont mesuré qu’elle servirait d’abord à réduire les horaires disciplinaires et supprimer des postes.

Applaudi par toute la droite et sa presse, Le Ministre triomphe aisément dans le public d’une émission taillée sur mesure et sans véritable contradicteur : à vaincre sans péril ….

Réformer le système éducatif, pour l’améliorer, nécessite de prendre du temps .C’est une affaire complexe pour laquelle on ne peut se passer des formes d’intelligence collectives qui pourraient être mobilisées dans le monde enseignant. Les décideurs, prennent trop souvent pour modèles des expériences lointaines et souvent discutables mais oublient toujours la richesse d’expérience professionnelle qui existe au sein de notre propre système d’enseignement.

La vérité est la suivante : d’un côté le Joueur de flûte qui vous explique qu’enfin on « réforme » au pas de charge dans l’intérêt de la nation et des générations à venir et de l’autre les verrous austéritaires draconiens qui renforceront les inégalités sociales et déchirent le tissu territorial.

Nous ne suivrons pas le Joueur de flûte : nos enfants ne sont pas des rats.

Jeudi matin à 8 heures les parents d’élèves des écoles de Ranguin Ranchito  manifesteront dans le quartier. Les communistes cannois serons à leurs cotés.

 

Dominique HENROT

SOUTENIR LES KURDES AU MOYEN ORIENT

Les Kurdes ce sont 35 millions de personnes réparties sur 4 pays du Moyen Orient : Syrie, Turquie, Irak, Iran . En 1920, suite à la disparition de l’Empire Ottoman, un traité prévoyait la création d’un Etat Kurde dans la zone d’implantation de cette communauté. Mais les intérêts économiques des grandes puissances (notamment liés au pétrole et à l’eau) ont fait que la région a été morcelée en plusieurs états aux frontières artificielles et sous le joug de la France et du Royaume Uni. Depuis dans les 4 pays concernés ce ne sont que conflits entre les autorités au pouvoir et les populations Kurdes dont les droits élémentaires sont bafoués quand elles ne sont pas persécutées ou massacrées notamment en Irak avec Saddam HUSSEIN et en Turquie avec ERDOGAN encore aujourd’hui. Alors que les troupes Kurdes ont combattu avec le succès qu’on sait contre l’Etat Islamique en Syrie et en Irak avec le soutien des occidentaux. Le président islamiste turc Erdogan, allié en sous-main de Daech, vient de lancer ses troupes contre les Kurdes en Syrie alors que occidentaux et russes regardent ailleurs, voire font preuve d’une certaine complaisance en autorisant les exactions contre les populations civiles Kurdes de la région d’Afrin.
Samedi dernier la communauté Kurde des Alpes Maritimes organisait un rassemblement avec manifestation à Cannes pour dénoncer le pouvoir Turc et le silence des alliés contre Daech. Le PCF par l’intermédiaire de ses représentants à Cannes leur a apporté son soutien, estime que la position du président Macron n’est pas digne de la France. On ne peut se contenter de demander à Erdogan ; «de  la modération », comme s’il pouvait y avoir des bombardements modérés. L’honneur de la France serait que son président dénonce ces massacres (qui ne sont pas sans rappeler le génocide arménien de triste mémoire) comme les emprisonnements et tortures effectués sur tous les opposants d’Erdogan.

MAJORATION DE LA CSG : UN DÉFI POUR LES RETRAITES!

 

Beaucoup de retraités commencent en recevant leurs pensions à constater les dégâts et ils s’aperçoivent que le trou creusé par la majoration non compensée de la CSG annoncée à 1,70% entraîne en réalité une baisse nettement supérieure du montant net de leur pension. Ce 1,70 point d’augmentation correspond en réalité pour la plupart des retraités à une augmentation de plus de 25% du poids de la CSG, puisque (6,60 +1,70= 8,30 et 8,30/ 6,60 = 1,2576).

Serait exonéré tout retraité, dont le total personnel des pensions mensuelles n’excéderait pas € 1 200 ou 1 250. Ce qui compte, c’est le revenu fiscal de référence, celui qui figure sur la troisième page leur dernier avis d’imposition d’impôt sur le revenu.

Le plafond d’exonération est calqué sur celui des retraites ouvrant droit au taux réduit de CSG de 3,80%. Soit € 14 404 pour un retraité vivant seul, et € 22 096 pour un ménage de retraités sans personne à charge. Les € 14 404 annuels coïncident bien avec les € 1 200 mensuels évoqués, les € 22 096 pour un ménage, soit  € 1 841, soit une moyenne de € 921 par individu ne collent plus. Pour mémoire, le seuil de pauvreté s’établit actuellement à € 1 015 par mois pour une personne isolée et à € 1 523 pour un couple sans personne à charge. Et en plus en couple, ce qui compte pour le revenu de référence, c’est le revenu du ménage tout entier et donc si les € 22 096 fatidiques sont dépassés, la majoration de CSG s’applique à l’ensemble des pensions du ménage, même si, chaque mois, l’un des conjoints perçoit individuellement une pension de misère de € 300 ou 400.

Le sacrifice exigé des retraités en réalité est très nettement supérieur au taux nominal de 1,70% annoncé, puisque le taux effectif s’établit en moyenne à 1,85% de perte en pouvoir d’achat. Si on ajoute la contribution solidarité-autonomie de 0,30% de Hollande en 2013 à la majoration de 1,70% de CSG de Macron en 2018, les retraités auront perdu en 5 ans un peu plus que l’équivalent d’une semaine de pension par an Il y a donc bien une discrimination à raison de l’âge.

La nouvelle majoration de CSG est intégralement déductible des pensions auxquelles elle s’applique. Encore heureux puisque la retraite étant un salaire différé sur lequel l’impôt a déjà été prélevé en cours d’activité. Donc tous les retraités qui acquittent l’impôt sur le revenu vont bénéficier d’une réduction de cet impôt. Mais cette réduction va varier fortement en fonction des taux  des tranches d’imposition. La ristourne fiscale varie de 0,24 à 0,77 point et donc plus que du simple au triple et ce sont ceux qui ont les revenus les plus élevés qui vont bénéficier au maximum de cette ristourne, en complet contre-sens avec la progressivité de l’impôt sur le revenu. Notons au passage que pour les inspecteurs des finances exerçant au ministère et autres collaborateurs de Bercy auteurs de cette réforme, l’impact sur leur pouvoir d’achat de retraités sera réduit compte tenu de leurs rémunérations.

La note d’information reçue de l’Assurance Retraite renvoie abusivement le lecteur retraité à la baisse éventuelle de sa taxe d’habitation pour mesurer l’impact réel du changement de taux de la CSG. C’est évidemment de la manipulation pure et simple puisqu’il n’existe aucune relation directe entre la CSG et la taxe d’habitation, dont les publics, l’assiette, l’objet et les taux sont éminemment différents. Beaucoup de retraités assujettis à la majoration de CSG savent parfaitement qu’ils ne bénéficieront en rien de la réduction de la taxe d’habitation. On nous prend vraiment pour des débiles profonds.

L’ambition présidentielle est à peine dissimulée il s’agit de privilégier les jeunes et les actifs en dépouillant les vieux, dépeints pour les besoins de la cause comme d’insatiables « rentiers » nantis et taxés en terme à peine voilés de parasitisme, plutôt que de prendre l’argent aux ultrariches ou aux fraudeurs fiscaux mais il est vrai que les retraités comme les pauvres sont plus nombreux que les riches et que comme ces derniers on les trouve rarement dans les allées du pouvoir.

Les retraités vont-ils continuer de subir passivement ,ou vont-ils enfin réagir massivement et clairement contre l’injustice qui leur est faite avec les 17 millions de bulletins de vote dont nul n’a encore osé les priver.

source IREF institut de recherches économiques et fiscales

SOUTIEN A L’ACTION DE L’INTERSYNDICALE EDUCATION

 

L’intersyndicale (FSU, CGT, SUD, FO) a décidé d’une journée d’action et de grève le 6 février.

Cette journée d’action faisait suite à la mise en place de  « Parcours-sup », la contre – réforme de l’accès à l’université  qui renforce tous les processus ségrégatifs, ne répond en rien aux problèmes antérieurs, ne prépare pas la jeunesse aux défis de l’avenir, dissuade les élèves issus de couches sociales aux revenus modestes  et ne parvient pas à dissimuler  l’outil de sélection généralisée qu’elle institue.

Depuis cette décision de l’intersyndicale, le gouvernement par ses déclarations et ses actes crée les conditions pour mobiliser davantage les enseignants contre lui.

La publication du rapport Mathiot qui réformera en profondeur le lycée mais aussi le métier d’enseignant, avec notamment la disparition de l’entité classe au profit de groupes d’élèves renouvelés tous les 6 mois qui remet en cause le travail enseignant progressif conduisant l’élève par étape vers le baccalauréat.

Les annonces du premier ministre concernant « l’évolution » du statut de fonctionnaire dont le but inavoué est une réduction 50 000 postes confirment les inquiétudes des enseignants. Annualisation des services qui se traduit par une augmentation du temps d’enseignement de l’ordre de 20%. Plus de pouvoir aux chefs d’établissements pour leur donner plus de souplesse dans leurs recrutements conduira à supprimer des postes de titulaires recrutés sur concours nationaux au profit de contractuels à recrutement local. Enfin, l’individualisation de la rémunération avec une part au mérite et à l’atteinte des résultats individuels et collectifs voudrait transformer l’EN en entreprise de production.

Tous ces projets, sont loin d’être des nouveautés. Mis en œuvre depuis des années dans les pays anglo-saxon et nordiques, ils y ont montrés leurs effets dévastateurs notamment sur le système éducatif. En Suède où ces dispositifs ont été poussés à l’extrême, les résultats sont désastreux. Le niveau des élèves suédois, qui était bon, a décliné dans Pisa. Le métier enseignant a été largement dévalorisé et les écoles ont du mal à trouver du personnel enseignant comme des chefs d’établissement.

Les enseignants ont donc toutes les raisons de se mobiliser le 6 et ils peuvent compter sur le PCF pour soutenir leurs revendications et combattre ces réformes régressives.