VŒUX DU PCF AUX HABITANTS DE LA 8ième CIRCONSCRIPTION.

Les communistes de notre section  adressent leurs meilleurs vœux pour l’année nouvelle aux cannois, mandolociens et théouliens

Au-delà des souhaits de bonheur, de santé et de paix, nous pensons que cette année devra aussi être une année de solidarité, de fraternité et de combativité.

En effet, 2017 a vu un recul sans précédent de ces valeurs, avec en point d’orgue l’élection présidentielle, au profit d’un individualisme qui ne sert que les intérêts d’une caste dominante dont d’aucuns prétendent, avec autant de morgue que de démenti quotidien, que le succès « ruissellera » sur la majorité de la population.

Si c’est cela la « modernité », cela ressemble étrangement à un retour en arrière vers des conceptions ayant cours au 19 ième siècle, et dont, de nombreuses conquêtes sociales et valeurs de gauche, nous avaient affranchis.

J’en veux pour preuve le fait que ces jours-ci les retraités auront vu leurs pensions réduites de manière significative avec l’augmentation de la CSG et leur pouvoir d’achat s’amenuiser sérieusement, si en plus ils étaient bénéficiaires de l’APL.

Les chiffres donnés à la fois par l’ONG OXFRAM et l’OFCE montrent que les mesures prises par le gouvernement profitent essentiellement aux plus riches et tout particulièrement aux millionnaires qui font aujourd’hui parti du gouvernement. Le rapport de l’OXFRAM montre que « le boom des milliardaires n’est pas le signe d’une économie prospère, mais un symptôme de l’échec du système économique ». Si on ajoute « capitaliste » à cette phrase nous n’aurions pas dit mieux.

Au moment où la grande majorité des français vont subir les effets dévastateurs des premières mesures du pouvoir macronien, n’y a-t-il pas urgence  à rechercher la convergence de  ces aspirations pour imposer des reculs, voire changer le système pour que dans l’unité populaire, dans les ripostes sociales et politiques soit mis un terme à la pauvreté et aux inégalités sociales les plus criantes.

 

Pour l’année qui vient vous pouvez compter sur notre présence aux côtés de ceux qui souffrent, de ceux qui luttent pour réagir dans l’unité et mettre d’autres choix en débat et conduire à leur mise en œuvre.

Macron : c’est l’homme pressé, le régent des riches et des privilégiés.

Pour avoir les coudées franches, Macron espére la pérennité d’une vie politique anémiée, d’un débat politique sclérosé, d’une division profonde de la gauche, de l’affaiblissement des organisations syndicales. Cherchant l’unité nationale derrière les puissances de l’argent, le président de la République et ses soutiens cassent méthodiquement toutes les avancées sociales durement conquises depuis 150 ans.

En début de semaine dernière, Emmanuel Macron avait un choix politique à faire. Il pouvait aller à Fleury-Mérogis écouter et répondre aux revendications des gardiens de prison qui constituent pourtant le révélateur de l’état calamiteux de la société française. Il a choisi, au contraire, de se rendre à Davos pour rendre compte de son action à la tête de l’État devant le club fermé des 1% de personnes qui, à elles seules, accaparent 82% de la richesse mondiale. Son cynisme, comme celui de la classe dirigeante, n’a pas de bornes.

En Chine il y a quelques jours, à Versailles lundi dernier comme à Davos le chef de l’Etat essaye de nous faire croire que le progrès social doit passer par la bonne santé des actionnaires des multinationales et le silence soumis de celles et ceux qui produisent les vraies richesses.

Après les ordonnances et de nombreux autres textes votés des deux mains par une majorité parlementaire « godillot », Macron va passer en 2018 la vitesse supérieure.

Faisons un focus sur le système éducatif :

Regardez « Parcours-sup », la contre – réforme de l’accès à l’université :  appliquée, fait inouï , sans que la Loi soit passée par un Vote aux Assemblées ,  elle renforce tous les processus ségrégatifs , ne répond en rien aux problèmes antérieurs , ne prépare pas la jeunesse aux défis de l’avenir , dissuade les élèves issus de couches sociales aux revenus modestes  et ne parvient pas à dissimuler  l’outil de sélection généralisée qu’elle institue .

Regardez le nouveau bac annoncé et qui va réformer en profondeur l’organisation complète du lycée avec des dispositifs dont l’ensemble est une usine à gaz.  De plus avec une réduction des moyens humains tout cela va favoriser encore et encore ceux qui n’avaient jusqu’alors pas ou peu de difficultés et renforcera la sélection sociale.

Regardez la formation professionnelle avec la mise en difficulté de l’enseignement professionnel en lycée, en mettant l’accent sur l’apprentissage qui est la plupart du temps aux mains du patronat, mais aussi en privant les lycée professionnels de la taxe d’apprentissage au profit exclusif des centres de formation d’apprentis.

Regardez la nouvelle carte des REP, ce qu’on appelait il n’y a pas si longtemps zones prioritaires. Décidée certes, sous le gouvernement précèdent à la rentrée prochaine elle va notamment priver le collège Gérard Philippe des moyens qui avaient été maintenus malgré tout jusqu’à présent alors qu’en même temps s’ouvre le collège de Pégomas ce qui va transformer en profondeur la structure sociologique de Gérard Philippe.

Regardez les cours préparatoires à 12, belle expérience certes, mais qui s’est faite en faisant disparaitre celle d’un maitre en plus par école. Et comment va-t-on faire pour étendre l’expérience à l’ensemble des classes de ce niveau et ensuite au CE1 sans moyens supplémentaires.

Quelques indications sur la situation du logement à Cannes et alentour

Le département des Alpes Maritimes voit sa population vieillir et peu ou pas  se renouveler. Cependant, Cannes accueille 1000 habitants de plus entre 2010 et 2015.

« Cela prouve que la ville est attractive, que les familles viennent à elle et y trouvent ce qu’elles cherchent » ose dire le maire David LISNARD.

Attractive, oui mais, pour qui ? Plus de 40% de résidences secondaires. Près de 60% des ménages sont locataires. Le département des Alpes Maritimes est après Paris et les Hauts de Seine le troisième département le plus cher de France et tout particulièrement la bande littorale. Le taux d’effort financier pour le logement est ici de 25% des revenus des ménages ; ce qui pèse considérablement sur le niveau de vie des familles aux revenus modestes.

Mais, pour le coup, en « même temps », il y a à Cannes, un taux de pauvreté de 19.1 % largement supérieur aux moyennes départementales et nationale.

« En même temps » et malgré un pourcentage de logement sociaux de près de 18 % (l’un des meilleurs du département), seulement la moitié des logements  cannois sont des résidences principales et plus de 4% des logements sont VIDES alors que beaucoup de familles ne parviennent pas à se loger décemment. Avoir un logement est un droit. C’est une question de dignité. Il y a besoin d’une politique ambitieuse de construction de logements sociaux et de la décliner en propositions fortes.                                                                                                                                                                                   Le parc privé, particulièrement dans notre communauté d’agglomération, est beaucoup trop cher et impossible d’accès au regard des conditions de salaires. Les marchands de sommeil s’engraissent sur le dos des gens. De surcroit les propriétaires préfèrent louer ponctuellement plutôt qu’à l’année à des familles ou des salariés.

Compte tenu de la réduction de l’APL, des tarifs des loyers dans le locatif privé, des obstacles à la location liés à la situation professionnelle du locataire, le logement social est la seule issue possible notamment pour les jeunes. On ne peut pas en limiter la construction sur notre commune comme c’est le cas actuellement au prétexte que les voisins ne font pas, eux, l’effort nécessaire (aucune des autres communes de la CAPL ne dépasse les 10% !) ou que cela crée des foyers de djihadistes comme ose le prétendre odieusement le député Brochand.

Construire des logements sociaux, c’est-à-dire d’abord des LOGEMENTS et ensuite que ceux-ci soient accessibles au plus grand nombre, ce n’est pas obligatoirement « créer des ghettos » comme l’affirme le maire de Cannes dans ses vœux. Une politique dynamique et intelligente de construction peut être menée en implantant les logements sociaux en petites unités et sur l’ensemble du territoire communal. Cannes figure dans le trio de tête des villes françaises de 50 000 à 100 000 habitants pour la sur-occupation de logements et ce sont les catégories sociales des ouvriers et employés qui sont le plus affectées par cette sur-occupation.

Enfin, dans les projets à venir le campus universitaire de la Bastide Rouge est prévu pour 1000 étudiants et seulement 140 logements y seront construits. Où vont donc pouvoir se loger les 860 autres jeunes qui compte tenu de la nature des formations proposées ne seront pas tous cannois. Quand on voit les difficultés que rencontrent déjà les étudiants actuels des BTS ou autres classes post bac cannoises ; tout porte à croire que l’avenir ne sera pas rose et que la sélection par l’argent va s’opérer, là encore. Les formations prévues pourraient avoir aussi quelques difficultés à se remplir si les étudiants en trouvent ailleurs d’équivalentes avec un coût de vie moins élevé.

Alors qu’un véritable effort a été fait, par le passé, notre commune a été déclarée « carencée » pour la période 2014-2016. Par rapport aux objectifs de la loi SRU, Cannes est la ville championne de France des « récalcitrantes » avec seulement 9% de l’objectif atteint. Plutôt que d’investir dans de nouvelles constructions, notre commune, donc chacun d’entre nous, va devoir payer une amende pour construction insuffisante de logements sociaux !!  Cherchez l’erreur!

Deux mots sur l’emploi, la production industrielle et les services publics :

« Dans les Alpes-Maritimes, nous sommes loin d’une embellie puisqu’à la fin novembre, 70.680 personnes sont en catégorie A, soit une baisse de 0,1 % sur un mois, une baisse de 0,9 % sur trois mois, mais une progression de 0,5 % sur un an. » nous dit le Bulletin Côte d’Azur «  la Tribune » de fin décembre 2017 ; l’avez-vous vu évoqué par quelque élu de notre département que ce soit ?

Nous connaissons les inquiétudes pour l’emploi et l’avenir industriel chez Thales. Au lieu de se livrer à une concurrence effrénée avec Airbus qui conduira sous peu à des suppressions massives d’emploi dans la plus grosse entreprise industrielle de notre bassin et ses sous-traitants, ne pourrait-on pas envisager la création d’un grand service public de la conquête spatiale avec les grandes entreprises du secteur par une collaboration solidaire.

Carrefour vient d’annoncer, un plan de transformation de l’entreprise au nom de la concurrence internationale.

Les salariés s’étaient déjà mobilisés en décembre et ils ont raison.

2400 « départs volontaires » au siège de Carrefour c’est autant de suppressions d’emplois et d’externalisations de services. Mais c’est aussi l’incertitude pour les salarié-es de 5 hypermarchés destinés à la mise en gérance et ceux des 273 magasins de proximité mis en vente (et fermés en cas d’absence d’acquéreur). Nous en avons plusieurs sur le bassin cannois dont le carrefour contact de la Bocca qui va probablement fermer.

Rien ne justifie ce plan social.

Avec ses 115 00 salariés en France, des hypermarchés et plus de 800 magasins de proximité, Carrefour a fait plus de 40 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2016 et offre environ 500 millions d’euros par an à ses actionnaires. Pire, l’entreprise a été aidée par l’État à hauteur de 1,2 milliards d’euros de fonds publics (CICE, exonérations sociales et fiscales) en trois ans. C’est inacceptable.

L’Hôpital est malade du choix pris par les gouvernements successifs de réduire les dépenses publiques notamment au travers de la Sécurité sociale :

  • 2015/2017 les budgets hospitaliers ont supporté 10 milliards de réduction
  • 2018 Macron et Buzyn réduisent encore de 1,4 milliards le budget des hôpitaux. Ils nous préparent  un mauvais coup car selon eux : « il y aurait 30% de soins inutiles » !
  • Emmanuel Macron a bien l’intention d’accélérer le regroupement autoritaire d’hôpitaux publics par «territoire» (GHT)  engagé depuis le 1er juillet 2016 : c’est l’aggravation combinée des  réductions de moyens matériels et humains des hôpitaux publics, de la suppression de services, des milliers de lits fermés, et la disparition des hôpitaux et maternités de proximité en déléguant au privé le plus rentable.

Cette baisse de moyens se traduit par des pressions insupportables sur les conditions de travail des personnels hospitaliers et sur une remise en cause du droit à l’accès aux soins pour tous. Essayez de prendre un rendez-vous par téléphone avec un service à l’hôpital de Cannes et vous serez édifiés.

Dans le même temps, les besoins de santé augmentent pour répondre à la nécessaire croissance de la population, à son heureux vieillissement, à l’apparition concomitante de pathologies chroniques, et à l’égalité d’accès de tous au progrès médical et scientifique.

Mais comment dans de telles conditions financières l’hôpital public peut-il y faire face ? Et pourtant les établissements publics font chaque jour la preuve de leur utilité sociale, en accueillant la première vague de l’hiver des malades de la grippe !

A la Bocca la clinique le Méridien va être transformée en EPHAD (beaucoup plus rentable) ce qui va accroitre davantage la pression sur l’Hôpital public déjà sous pression.

Ce dont a besoin la population dans sa diversité ce n’est pas de superstructures hospitalières mais d’hôpital public de proximité travaillant en concertation avec les services spécialisés, de recherche et d’enseignement, dans un parcours de soins intégrant une offre publique ambulatoire de centre de santé, des équipes en nombre suffisant et bien formées, investies dans la prise en charge partagée

L’égalité d’accès à une médecine de qualité pour répondre aux besoins est possible, pour toutes et tous, partout, et certainement pas  le « tout ambulatoire » qui fermera 7 lits sur 10 d’ici 2020 !

On pourrait faire une analyse similaire pour le système éducatif, la police, les impôts, pôle emploi et l’ensemble des services publics.

Finalement la vigilance et la combativité doivent être permanentes, car rien n’est jamais acquis ; la lutte pour les conquêtes sociales est quotidiennement à l’ordre du jour sous peine de reculs significatifs.

Cependant, l’aspiration à la justice sociale et écologique, le pacifisme, le féminisme, la solidarité avec les victimes, les migrants et ceux qui les accueillent, montrent qu’ici et là ces valeurs ne sont pas mortes, que des expériences dans ce sens se multiplient et que l’aspiration à inventer un nouveau monde est encore bien réelle et puissante.

Mais les nantis, les riches, même si momentanément ils détiennent les pouvoirs, ne sont pas majoritaires ; nous sommes plus nombreux qui, au contraire, aspirons à une vie démocratique et avons soif de justice et de paix. Une large unité de l’immense majorité de celles et de ceux qui subissent ce système est possible.

   N’en doutez pas, nous continuerons de nous y employer. Nous comptons beaucoup aussi sur tous ceux qui aspirent à un réel changement et sur leur détermination à agir tous ensemble. C’est pourquoi, en plus des initiatives que nous organisons régulièrement sur les marchés, dans les quartiers ou devant les entreprises, nous allons solliciter l’ensemble des organisations se revendiquant de la gauche, les syndicats, les associations et tous ceux qui veulent ce changement afin de faire converger nos actions. L’idée n’étant pas de nous positionner en leader de ce rassemblement, mais de contribuer à la construction d’une alternative progressiste au même titre que d’autres avec qui nous pouvons avoir des valeurs et des projets en partage tout en conservant notre spécificité.

Dominique HENROT