Tout va très bien chez Thales Alenia Space ?

 

Un article récent (11/09/17) de Vincent LAMIGEON dans la revue Challenges a attiré notre attention. Il s‘intéresse au secteur spatial et notamment aux commandes de satellites dont Thalès et Airbus sont les principaux concepteurs européens. La semaine mondiale des satellites (World Satellite Business Week) qui s’est tenue du 11 au 14 septembre à Paris a montré un très net ralentissement des commandes notamment sur les satellites de communication. Les américains Boeing et Loral sont en grande difficulté ce a qui conduit même ce dernier à supprimer 200 postes sur son site californien au printemps dernier. Les constructeurs européens, plutôt que d’essayer de coopérer, semblent entretenir une concurrence effrénée pour rester seul en lice. Cette stratégie peut s’avérer très dangereuse  pour l’emploi notamment du site de Thalés Alenia Space  Cannes, comme pour Airbus d’ailleurs et à terme pour Ariane espace si la faiblesse des commandes devait perdurer. Les directions de ces entreprises font preuve d’un bel optimisme que ne partagent pas les salariés ni leurs organisations syndicales. Celles-ci, pour le site cannois, ont dès le printemps lancés un droit d’alerte et ont récemment interpellé le député Brochand, qui fait partie de la commission « Espace » de l’Assemblée, afin qu’il intervienne auprès du premier ministre voire du président de la république. Ce sont des centaines emplois directs qui sont à terme menacés sans compter les sous-traitants et emplois dérivés. Le cabinet Euroconsult spécialiste du spatial et organisateur de la World Satellite Business Week prévoit quant à lui le lancement de 300 satellites commerciaux en orbite géostationnaire ces dix prochaines années. Les dirigeants d’Airbus tablent sur une reprise après 2021 et ceux de Thales Alenia Space  sont quant à eux très silencieux. Comment cela va-t-il se traduire en termes d’emploi dans le « creux » de 2017 à 2021 ? Le journaliste parle de faire « le dos rond ». Ce qui signifie, comme toujours dans des cas semblables, une politique de restriction des investissements qui risque de frapper notamment la recherche développement hypothéquant ainsi davantage l’avenir de l’entreprise.