Gare LGV à Sophia ou à Cannes. Cloche merle ou intérêt des usagers ?

 

Il est beaucoup question du chemin de fer ces temps-ci. La « consultation publique » organisée par la SNCF à propos de la ligne nouvelle aura eu le mérite de placer la question des transports et de l’aménagement du territoire à l’ouest du département au cœur des réflexions des élus et des citoyens. Alors que la SNCF envisageait un tracé direct vers Sophia Antipolis avec une gare LGV aux Bouillides, des propositions alternatives se sont faites jour, à la fois pour la gare et le tracé.

Les communistes des communautés d’agglomération CACPL et CASA n’ont pas à se déterminer sur l’emplacement le plus pertinent pour la gare LGV. Une consultation citoyenne réelle avec tous les tenants et aboutissants aurait peut-être permis de faire ce choix. Pour nous, la question essentielle est quelle proposition de transport ferré est la plus utile pour les usagers et l’environnement, qui permette de soulager sérieusement le réseau routier de ce département et notamment la pénétrante Cannes-Grasse et les accès à l’autoroute à Cannes, la Bocca et Antibes. L’autoroute A8 supporte 140 000  véhicules par jour entre Cannes et Nice, ce qui représente 20 % de la pollution du département.

Concernant la gare de nombreuses associations écologiques et d’usagers ont fait valoir que pour desservir Sophia il était plus judicieux d’implanter la gare au Fugueiret (voir article du PCA N°165) ; tandis que la ville de Cannes estimait que l’implantation de la gare LGV serait plus logique sur l’espace gare marchandise de la Bocca (26 hectares).

La technopole de Sophia Antipolis avec ses 41 000 usagers est très mal desservie par les transports en commun ce qui provoque une saturation constante du réseau routier à ses  abords. Les accès à l’autoroute sont hyper saturés aux heures de pointes. L’attente (dangereuse) sur la bande d’arrêt d’urgence sur plusieurs centaines de mètres est monnaie courante. Il faut donc, d’urgence, créer une boucle de réseau ferré raccordant Sophia à Cannes d’un côté et à Nice de l’autre. Cette boucle ne nécessite pas la gare LGV à Sophia mais une gare TER. Elle doit être raccordée au réseau littoral et à la ligne Cannes Grasse qui doit être doublée.

Les élus de la CACPL estiment que la « clientèle » LGV est davantage celle des congrès et des palaces de la côte que celle de la technopole plutôt concernée par des déplacements locaux. C’est pourquoi, ils défendent la gare LGV à la Bocca. Mais les 26 hectares suffiront-ils pour recevoir la gare multimodale, LGV, grandes lignes et TER avec parkings adaptés, plus la base du train usine (voir le PCA N° 165), plus les ateliers de maintenance des TER, et un peu encore d’espace marchandises. Sans compter que la Mairie de Cannes devrait « gratter » quelques mètres sur toute la longueur pour son projet « boccacabana ».

On comprend la crainte du Maire de Cannes qui voit les TGV ne plus passer par sa ville, mettant ainsi en difficulté toute sa politique touristique et de congrès. Mais ne peut-on pas concilier les intérêts de tous ? Il ne s’agit pas de faire la LGV à la place de, mais de densifier le réseau ferré tout en désenclavant notre département. L’erreur serait d’entrer dans le jeu de la SNCF qui,  oubliant qu’elle a mission de service public, privilégie les LGV  au détriment de la déserte locale qu’elle trouve moins intéressante financièrement.

En effet, quand on entend la situation financière de la SNCF, il est à craindre que celle-ci opère des choix. Il faudra donc être extrêmement vigilant pour éviter que ce soit la LGV au détriment du TER. Ce département doit être désenclavé et le maillage du réseau doit être accru tant au plan quantitatif que qualitatif : plus de voies et plus de trains, pour moins de voitures.

Enfin dans le même registre  financier, il faut former davantage de conducteurs pour conduire ces trains (la formation des conducteurs dure un an !). Dans ce domaine,  la SNCF a mené une politique catastrophique ces dernières années qui a conduit à la pénurie actuelle de conducteurs.