Archives mensuelles : décembre 2016

Gare LGV à Sophia ou à Cannes. Cloche merle ou intérêt des usagers ?

 

Il est beaucoup question du chemin de fer ces temps-ci. La « consultation publique » organisée par la SNCF à propos de la ligne nouvelle aura eu le mérite de placer la question des transports et de l’aménagement du territoire à l’ouest du département au cœur des réflexions des élus et des citoyens. Alors que la SNCF envisageait un tracé direct vers Sophia Antipolis avec une gare LGV aux Bouillides, des propositions alternatives se sont faites jour, à la fois pour la gare et le tracé.

Les communistes des communautés d’agglomération CACPL et CASA n’ont pas à se déterminer sur l’emplacement le plus pertinent pour la gare LGV. Une consultation citoyenne réelle avec tous les tenants et aboutissants aurait peut-être permis de faire ce choix. Pour nous, la question essentielle est quelle proposition de transport ferré est la plus utile pour les usagers et l’environnement, qui permette de soulager sérieusement le réseau routier de ce département et notamment la pénétrante Cannes-Grasse et les accès à l’autoroute à Cannes, la Bocca et Antibes. L’autoroute A8 supporte 140 000  véhicules par jour entre Cannes et Nice, ce qui représente 20 % de la pollution du département.

Concernant la gare de nombreuses associations écologiques et d’usagers ont fait valoir que pour desservir Sophia il était plus judicieux d’implanter la gare au Fugueiret (voir article du PCA N°165) ; tandis que la ville de Cannes estimait que l’implantation de la gare LGV serait plus logique sur l’espace gare marchandise de la Bocca (26 hectares).

La technopole de Sophia Antipolis avec ses 41 000 usagers est très mal desservie par les transports en commun ce qui provoque une saturation constante du réseau routier à ses  abords. Les accès à l’autoroute sont hyper saturés aux heures de pointes. L’attente (dangereuse) sur la bande d’arrêt d’urgence sur plusieurs centaines de mètres est monnaie courante. Il faut donc, d’urgence, créer une boucle de réseau ferré raccordant Sophia à Cannes d’un côté et à Nice de l’autre. Cette boucle ne nécessite pas la gare LGV à Sophia mais une gare TER. Elle doit être raccordée au réseau littoral et à la ligne Cannes Grasse qui doit être doublée.

Les élus de la CACPL estiment que la « clientèle » LGV est davantage celle des congrès et des palaces de la côte que celle de la technopole plutôt concernée par des déplacements locaux. C’est pourquoi, ils défendent la gare LGV à la Bocca. Mais les 26 hectares suffiront-ils pour recevoir la gare multimodale, LGV, grandes lignes et TER avec parkings adaptés, plus la base du train usine (voir le PCA N° 165), plus les ateliers de maintenance des TER, et un peu encore d’espace marchandises. Sans compter que la Mairie de Cannes devrait « gratter » quelques mètres sur toute la longueur pour son projet « boccacabana ».

On comprend la crainte du Maire de Cannes qui voit les TGV ne plus passer par sa ville, mettant ainsi en difficulté toute sa politique touristique et de congrès. Mais ne peut-on pas concilier les intérêts de tous ? Il ne s’agit pas de faire la LGV à la place de, mais de densifier le réseau ferré tout en désenclavant notre département. L’erreur serait d’entrer dans le jeu de la SNCF qui,  oubliant qu’elle a mission de service public, privilégie les LGV  au détriment de la déserte locale qu’elle trouve moins intéressante financièrement.

En effet, quand on entend la situation financière de la SNCF, il est à craindre que celle-ci opère des choix. Il faudra donc être extrêmement vigilant pour éviter que ce soit la LGV au détriment du TER. Ce département doit être désenclavé et le maillage du réseau doit être accru tant au plan quantitatif que qualitatif : plus de voies et plus de trains, pour moins de voitures.

Enfin dans le même registre  financier, il faut former davantage de conducteurs pour conduire ces trains (la formation des conducteurs dure un an !). Dans ce domaine,  la SNCF a mené une politique catastrophique ces dernières années qui a conduit à la pénurie actuelle de conducteurs.

FERMETURE LIGNE CANNES GRASSE COMMUNIQUE DE PRESSE

 

 

Le lancement officiel des travaux de la ligne Cannes Grasse appelle plusieurs remarques de notre part:

¨ D’abord, la satisfaction de voir que ces travaux vont améliorer le cadencement et permettre ainsi aux usagers de laisser plus souvent leur voiture pour prendre les transports en commun

¨ Ensuite, notre étonnement de voir que les gares de Mouans Sartoux et de la Bocca ne seront pas desservies directement par les bus de remplacement . Cela signifie que les usagers qui utilisaient jusqu’alors ces gares devront prendre les bus 600 et 610 du réseau habituel pour se rendre à la gare de Cannes et retrouver un train. Etant donné la charge de la pénétrante, de la départementale 109 et de l’avenue Picaud aux heures de pointes , on peut aisément envisager les difficultés que dans un sens comme dans l’autre les usagers vont rencontrer. Le nombre de places limité comme le cout du parking à la journée dans le secteur de la gare de Cannes risque d’augmenter le trafic via l’autoroute et saturer encore davantage les entrées/sorties de La Bocca et Mougins. Tout ceci va accroitre de manière significative le budget transport des salariés, mais aussi celui des lycéens et étudiants (ceux de la faculté des métiers et du LP Hutinel en particulier)

¨ De plus, lorsque les travaux seront terminés et si le cadencement augmente mais que la SNCF ne met pas plus de conducteurs sur cet axe, tout porte à croire que de nombreux trains seront encore annulés. Il est nécessaire qu’au lieu de supprimer des emplois, un plan de recrutement soit réalisé d’urgence par cette entreprise quand on sait qu’il faut au moins un an pour former un conducteur de train.

¨ Enfin, le propos de Monsieur Estrosi à l’égard des grévistes est scandaleux. La qualité déplorable du réseau ferré dans notre région et les conditions de travail des personnels (et donc la sécurité des usagers et de ces personnels) sont la plupart du temps les raisons des arrêts de travail des cheminots. Ils viennent ce faisant apporter de l’eau au moulin de Monsieur Estrosi qui ne cesse de dire que la SNCF n’assure pas ses engagements dans notre région. La haine des syndicats aveugle le président de la région.

¨

¨ Dominique HENROT