Réfugiés = migrants = terroristes !

Le conseil départemental a voté à l’unanimité (moins les voix des élus socialistes et front de gauche) une motion refusant l’accueil des réfugiés dans notre département. Les élus des trois cantons de notre communauté d’agglomération ont voté pour ce texte. Ce qui frappe dans les discours de la droite locale et nationale sur la question des réfugiés c’est l’amalgame permanent qui est fait entre ces trois notions.

D’ailleurs la plupart des orateurs n’utilisent pas le terme de réfugiés mais celui de migrants. Et bien souvent ils considèrent que leur présence même temporaire est dangereuse. C’est assez étonnant quand on sait que notre région est peuplée de nombreuses familles, italiennes ayant fui le fascisme mussolinien, espagnole ayant fui le fascisme franquiste, portugaises ayant fui le fascisme de Salazar ou encore arménienne ayant fui le fascisme turc.

Devenus « gaulois » ils en oublient leurs propres origines et les raisons qui les ont poussé à fuir leur pays natal. Ils en oublient aussi les souffrances et vexations subies dans cette communauté azuréenne et provençale qui les traitait de portos, de rital etc … qui les invitait à rentrer chez eux et tolérait mal leur réussite scolaire ou professionnelle.

Et oui, la France est un pays d’un large brassage culturel, qui malgré tout a toujours accueilli beaucoup d’étrangers et les a plus ou moins vite intégrés. Combien de « boat peoples »avons-nous accueillis ? En tous cas beaucoup plus que ce qu’on nous demande d’accueillir de réfugiés actuels. Certes les conditions sociales ont évolué et avec 5 millions de chômeurs c’est plus complexe.

Mais quand on dit « pas de ces gens-là chez nous », on se met dans la position de ceux qui enfermaient les républicains espagnols dans des camps ou de ceux qui « balançaient » les familles juives s’enfuyant devant les nazis plutôt que le les cacher comme d’autres, héroïques, ont pu le faire.

Certes, la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ; mais nous sommes loin de cela. Et, dire qu’ils doivent rentrer dans leur pays où ils sont peu ou prou condamnés (voir ce qui se passe à Alep ces jours-ci), c’est ce mettre dans la peau d’un »collabo » d’un régime fasciste.

Dominique HENROT