Archives mensuelles : octobre 2016

Vente de l’aéroport…effet d’aubaine pour les finances publiques.

Lors de la séance  plénière du conseil départemental 06, nous avons appris que le département vendait l’essentiel de ses parts dans la société des aéroports de Nice, Cannes-Mandelieu et la Mole (vote unanime de l’assemblée à l’exception des élus Front de Gauche). Le département ne conserve que 1% de la société et un siège au conseil de surveillance. Ciotti estime que c’est suffisant pour conserver un droit de véto sur les grandes orientations stratégiques. C’est là faire semblant de croire que le département conservera un pouvoir réel. L’incapacité de l’Etat à agir efficacement sur les choix des sociétés où il siège dans des conditions plus avantageuses montre que c’est un leurre. Il n’y a qu’à voir les décisions prises chez RENAULT  par Carlos GHONST (et pas que celles concernant sa rémunération).

Le département va encaisser 81 millions d’euros pour les 4% de part vendues ce qui va donner un bol d’air aux finances. Ce qui n’est pas dit c’est que l’Etat, lui, possédait 60% des parts qu’il vient de liquider engrangeant ainsi (par simple règle de trois) la coquette somme de 1  215 millions d’euros! Voilà de quoi dépanner momentanément Bercy . Encore une fois le moyen trouvé pour améliorer les finances publiques c’est la vente de bijoux de la nation au lieu de récupérer tous les milliards de la fraude fiscale en col blanc (voir le vote jeudi dernier du projet de loi de finance à l’assemblée) . Pourquoi ne pas utiliser ces millions pour assurer le paiement du RSA dont on nous dit à longueur d’antenne  que cela va être difficile de le verser aux allocataires en décembre.

Dominique HENROT

Réfugiés = migrants = terroristes !

Le conseil départemental a voté à l’unanimité (moins les voix des élus socialistes et front de gauche) une motion refusant l’accueil des réfugiés dans notre département. Les élus des trois cantons de notre communauté d’agglomération ont voté pour ce texte. Ce qui frappe dans les discours de la droite locale et nationale sur la question des réfugiés c’est l’amalgame permanent qui est fait entre ces trois notions.

D’ailleurs la plupart des orateurs n’utilisent pas le terme de réfugiés mais celui de migrants. Et bien souvent ils considèrent que leur présence même temporaire est dangereuse. C’est assez étonnant quand on sait que notre région est peuplée de nombreuses familles, italiennes ayant fui le fascisme mussolinien, espagnole ayant fui le fascisme franquiste, portugaises ayant fui le fascisme de Salazar ou encore arménienne ayant fui le fascisme turc.

Devenus « gaulois » ils en oublient leurs propres origines et les raisons qui les ont poussé à fuir leur pays natal. Ils en oublient aussi les souffrances et vexations subies dans cette communauté azuréenne et provençale qui les traitait de portos, de rital etc … qui les invitait à rentrer chez eux et tolérait mal leur réussite scolaire ou professionnelle.

Et oui, la France est un pays d’un large brassage culturel, qui malgré tout a toujours accueilli beaucoup d’étrangers et les a plus ou moins vite intégrés. Combien de « boat peoples »avons-nous accueillis ? En tous cas beaucoup plus que ce qu’on nous demande d’accueillir de réfugiés actuels. Certes les conditions sociales ont évolué et avec 5 millions de chômeurs c’est plus complexe.

Mais quand on dit « pas de ces gens-là chez nous », on se met dans la position de ceux qui enfermaient les républicains espagnols dans des camps ou de ceux qui « balançaient » les familles juives s’enfuyant devant les nazis plutôt que le les cacher comme d’autres, héroïques, ont pu le faire.

Certes, la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ; mais nous sommes loin de cela. Et, dire qu’ils doivent rentrer dans leur pays où ils sont peu ou prou condamnés (voir ce qui se passe à Alep ces jours-ci), c’est ce mettre dans la peau d’un »collabo » d’un régime fasciste.

Dominique HENROT

Boccabana : enfumage où cohérence?

Récemment une réunion de concertation publique et trois pages de Nice Matin (les 14, 19 et 21 septembre)  avec le Maire de Cannes dont l’essentiel du contenu avait trait aux plages Cannoises, ont attiré notre attention.

Pour un bon équilibre, après les « concessions *» pour les plages de la Croisette (« territoire  du luxe et de l’évènementiel »*), le maire de Cannes lance officiellement l’opération « Boccacabana » histoire de montrer qu’à l’ouest il  y a du nouveau («  pour des plages qualitatives et populaires »*). (* propos attribués au Maire de Cannes par Nice Matin)

L’attaque en règle de David LISNARD  contre le décret plage, consolidé  au  23 septembre 2016, parait un peu étonnante car ce texte ne présente pas de différence fondamentale avec celui de 2006 signé par le premier ministre VILLEPIN, le ministre du tourisme et de la mer PERBEN et le ministre de l’aménagement du territoire SARKOZY. Les contraintes sont les mêmes et depuis 20 ans les autorités locales auraient pu penser que ce décret finirait un jour par s’appliquer. Sinon à quoi servent nos parlementaires.

Sur la Croisette cela fait évidemment grincer des dents, les choix faits depuis des décennies pourraient être remis en cause. Mais c’est la loi, votée par une majorité de parlementaires UMP et signée par un gouvernement de droite. Le gouvernement actuel ne fait que mettre en œuvre un texte conçu par d’autres et qui semble tout à fait cohérent. On nous objecte la perte attendue de 250 emplois. Mais l’anticipation progressive de la mise en œuvre du décret n’aurait-elle pas permis de lisser ces pertes d’emploi au profit d’une gestion saine du littoral cannois?

 

Lors de la réunion de concertation du lundi 19 septembre à la Ferrage, il nous a semblé que beaucoup de questions restaient encore sans réponses précises alors que l’on nous vend un projet déjà bien avancé. Evidemment, l’espace étant déjà disponible, il est aisé de lancer l’opération par le recalibrage du boulevard du midi  entre le rond-point de l’Espace (arrivée du boulevard du rivage)  et la darse à la hauteur des locaux du SICASIL. Il s’agit là de faire passer une quatre voies à deux voies, plus zone piétonne, piste cyclable et parking en épis. Ces parkings, prévus côté nord, poseront un problème de sécurité : en effet, les usagers traverseront depuis leur voiture le boulevard, comme ils le font sur sa partie Mandolocienne où  ce type de parking existe déjà!

Plus compliquée sera la suite avec la proximité de la voie de chemin de fer et de la gare de marchandise pour laquelle les projets se succèdent les uns aux autres depuis 20 ans déjà ; le dernier en date étant celui d’une gare LGV et multimodale sur le site. On entend que la SNCF céderait une zone de 7 mètres pour réaliser ces parkings, ce qu’on peut imaginer aisément au niveau de la gare, mais après ? Pour l’heure rien n’est définitif de ce côté.

La mise en service d’une navette qui desservirait le littoral boccassien, en passant par la Roubine, est une bonne chose.

Quant aux digues sous-marines, c’est un chantier énorme dont on voit mal comment il pourrait être clôt en 2020-21, comme on nous l’annonce. Quand on connait les effets des coups de mer sur cette zone, la mise en œuvre prioritaire de ces ouvrages de protection  nous semble nécessaire pour assurer la pérennité des aménagements de ce littoral.

Enfin, quid du financement de l’ensemble du projet : grand « trou noir » car celui-ci n’a pas été abordé lors de la réunion de concertation. Mr Lisnard a simplement dit qu’il n’y aurait pas d’impact sur les impôts des cannois.

Mais quel est le coût prévisionnel de cet investissement ? Quelles sont les entreprises « retenues » pour les travaux et aménagements ? Quels sont les « financeurs » publics et/ou privés qui interviendront? Est-il prévu un (des) emprunt(s) de la ville ?

Autant de questions qui intéressent aussi les contribuables cannois !

Guy VIANEY    Dominique HENROT