Rester digne.

Le massacre commis à Nice le 14 juillet, qui a fauché de nombreuses vies et laissé quantité de blessés et traumatisés, l’assassinat de Saint Etienne de Rouvray, nous ont brutalement rappelé au cœur de l’été la gravité des menaces qui pèsent sur notre pays.

De nombreuses réactions de ceux-là même qui ont exercé, qui exercent ou qui veulent exercer le pouvoir ont suivi, dont certaines outrancières, malsaines et caricaturales ne sont pas exemptes d’arrières pensées politiciennes. Alors que la situation exigeait un débat sérieux et nourri sur les problématiques de la politique étrangère de la France, mais aussi sur les valeurs de notre République, nous avons droit à une surenchère sécuritaire,  guerrière, et polémique indigne des responsables qui la portent.

Pendant que les uns combattent le « burkini » à coup d’arrêtés municipaux, relayés par une presse complaisante, les autres font promulguer la loi travail dans l’indifférence générale embastillent des syndicalistes, interdisent des manifestations et s’attaquent aux libertés individuelles.

Et maintenant, après les « racines chrétiennes »(1) de l’Europe, voilà nos « racines gauloises » ; ce serait presque drôle si ce n’était pas le discours d’un postulant à la présidence de la République.

Tout est fait pour diviser , attiser la haine de l’autre , développer le racisme et la méfiance généralisée, rassembler le plus largement contre un bouc émissaire selon des méthodes bien rodée par le régime nazi et remises au gout du jour par quelques leaders politiques. Les « hordes » de « migrants » qui nous envahissent, ne sont plus des réfugiés, mais sont assimilés aux terroristes radicalisés responsables des attentats. L’instrumentalisation du drame que vivent ces malheureux, avec notamment l’utilisation de la terminologie « migrants », vise à évacuer la réalité du phénomène auquel nous sommes confrontés. Il n’est pas inutile de rappeler les propos récents du Pape « les réfugiés sont des hommes et des femmes(…) qui ne sont pas différents des membres de nos familles, de nos amis(…). Chacun d’eux a un nom, un visage une histoire, ainsi que l’inaliénable droit de vivre en Paix et d’aspirer à un avenir meilleur pour leurs enfants ».

Il est temps de réagir et de donner une réponse digne et ferme à ce déferlement de haine. C’est le sens de la « Marche pour la paix » organisée le samedi 24 septembre à 14 heures place Garibaldi à Nice à l’appel d’une vingtaine d’associations et d’organisations syndicales et politiques, dont le PCF, la CGT, la FSU, le Mouvement de la Paix, etc…

(1)

En réaction à ce propos, le 17 mai 2015 dans une interview au journal La Croix, le Pape François déclarait : « Il faut parler des racines de l’Europe au pluriel. Quand j’entends parler des racines chrétiennes de l’Europe, j’en redoute la tonalité qui peut être triomphante ou vengeresse. Cela devient alors du colonialisme…Un État doit être laïc, les États confessionnels finissent mal. »