Archives mensuelles : mai 2016

ÉTAT D’URGENCE + LOI EL KHOMERI = CANNES EN ÉTAT DE SIÈGE !

Le « Festival » bat son plein, avec ses vedettes, ses micros et caméras, ses excentriques, ses fêtes, son marché du film, mais aussi son impact médiatique et culturel international. Le gouvernement français semble oublier les racines de cet évènement et j’en veux pour preuve le dispositif policier digne d’une dictature mis en place cette année. Certes, il y a le risque terroriste. Certes il y a l’état d’urgence. Mais les salariés des palaces distribuant des tracts devant leurs entreprises peuvent-ils être assimilés à des terroristes ? A l’appel de la CGT et de FO ils avaient décidé de distribuer un tract contre la précarité devant les 3 grands palaces cannois. Le préfet a pris un arrêté interdisant toute manifestation sur le « domaine public » dans un espace allant jusqu’à la couverture de la voie de chemin de fer au nord et de la mairie et le palm Beach à l’ouest et à l’est. En gros si tu veux protester contre la précarité dans les palaces cannois va le faire ailleurs et les forces de polices (aimablement d’ailleurs) nous ont invités à quitter les lieux. Heureusement devant l’hôtel Carlton un bout de marbre (propriété de l’hôtel) a permis aux salariés de continuer leur distribution sans empiéter sur l’espace public pour l’occasion privatisé et sous la surveillance des forces de police. Dans quel monde vivons-nous ? Depuis des années et sous différents gouvernements les salariés des palaces profitent du Festival pour faire connaitre leurs revendications sans prendre « le festival en otage » comme le craint le patron du puissant syndicat des hôteliers cannois. Depuis des années et sous différents gouvernements cela se passe sans souci, sans casseurs et c’est généralement bien perçu par les festivaliers français comme étrangers.

Voilà aujourd’hui une raison supplémentaire, en ce lundi de pentecôte, de rejoindre ces salariés au kiosque à musique à 15 heures pour leur apporter notre soutien et protester contre la « bunkerisation » de notre ville.

Grace au travail de Tangui PERRON des Cahiers de l’institut CGT d’histoire sociale ; un petit rappel historique me semble nécessaire aujourd’hui pour remettre les pendules à l’heure. Il est vrai quand, au vu de la « frime » et de l’aspect « superficiel » d’une partie non négligeable des festivaliers on a du mal à faire le lien avec 1946 !!

 

« Enfant tardif du Front populaire, le premier Festival de Cannes aurait normalement dû avoir lieu en 1939. Ebauché par le gouvernement de Léon BLUM et l’initiative notamment du ministre de l’Education nationale et des Beaux-Arts Jean ZAY (fusillé par la milice le 20 juin 1944 ) pour faire suite aux succès du cinéma lors de l’Exposition internationale de 1937. Son but était aussi et (peut-être surtout) de concurrencer le Festival de Venise régenté par le pouvoir fasciste. En 1938 en effet, la délégation française à Venise n’apprécia guère de voir « La grande illusion », le chef-d’œuvre pacifiste de Jean Renoir -qui passait alors pour « le » cinéaste du Front populaire- être interdit de récompense suprême, après intervention personnelle de Mussolini. Le Festival de Venise préféra alors réserver une partie de ses honneurs à la cinéaste officielle du régime nazie Léni Riefenstahl. Le 1er septembre 1939 aurait ainsi pu être le jour anniversaire de la naissance du Festival de Cannes. La guerre en décida autrement.

Si la décision de relancer un festival du film à Cannes fut prise en 1945 la première édition n’eut lieu qu’en septembre 1946, dans des conditions précaires. D’une partie des notables cannois jusqu’aux majors américaines, en passant par certains ministères, la création d’un festival international du film n’apparaissait pas comme une priorité. L’industrie cinématographique américaine, craignant pour ses intérêts, estimait qu’un seul festival en Europe (en Italie) suffisait. Dans une France en partie ravagée par la guerre, alors que tout était à reconstruire, certains hommes politiques, épaulé par une partie de la presse, pensait qu’il y avait mieux à faire.

Néanmoins à l’heure où le redressement de la France se devait aussi d’être moral, à l’heure également où il était à nouveau question du rayonnement culturel de la nation, et alors que pointait déjà la question de la survie ou du développement de ses industries, une large partie de l’opinion politique et syndicale désirait au contraire la création d’un festival. La CGT et le PCF prirent toute leur place dans cette bataille. Il est vrai que ces deux organisations disposaient alors d’un poids certain, tant au niveau local que national, poids considérablement renforcé par leur attitude pendant la Seconde Guerre mondiale (c’était vrai aussi dans les milieux du cinéma).

Les députés communistes de Cannes et de Nice, Henri POURTALET et Virgile BAREL, firent ainsi du « lobbying » pour que le festival ait bien lieu à Cannes, et non à Monaco ou à Strasbourg comme il le fut un moment envisagé. Plus d’une fois ils interpellèrent les ministères sollicitant ardemment autorisations, prêts, crédits et matériels. Le rôle de la municipalité cannoise, à majorité communiste, fut aussi primordial. La mairie était alors dirigée par un « médecin des pauvres », le docteur Picaud, ancien résistant et homme de gauche, socialiste et président de l’association France-URSS. Le docteur Picaud entendait faire du festival une grande fête populaire : carnaval sur le thème de la Paix, meeting aérien sous le patronage du ministre communiste Charles Tillon, tournoi de foot avec l’équipe du Dynamo de Moscou… Il sut convaincre la population laborieuse de la cité de s’associer pleinement au projet.

La participation de la CGT au démarrage du Festival se situe à deux niveaux : localement et nationalement. Localement, une large partie de la population cannoise et la CGT s’investirent en effet hardiment dans le démarrage de la manifestation. En 1947, des ouvriers bénévoles participèrent, après leur journée de travail, à la construction du Palais de la Croisette. Le première adjoint de la ville, l’avocat communiste LIEUTER, poussa même des brouettes et mania la truelle. Et ce furent des militantes qui cousirent le rideau (rouge) du Palais. Lors de l’ouverture du second festival (le Palais n’était pas encore terminé), ouvrières et ouvriers montèrent sur scène et furent salués par les festivaliers. A Paris, la Fédération nationale du spectacle CGT, quant à elle, fit partie dès 1946 du comité d’organisation du Festival (pour ne plus le quitter). »

Dominique HENROT

Estrosi : d’un côté l’outrance, de l’autre la discrimination.

 

L’outrance :

« 24 millions d’euros de dégâts place de la République, (…), mais quel français peut admettre ça » en réalité cette somme correspond au montant du réaménagement complet de la place entre 2012 et 2013, bien avant les « nuits debout ». Ignorance ou mensonge ?

La discrimination :

Les « économies budgétaires » de la PACA, présidée par Estrosi se font principalement au détriment des politiques solidaires et répondant aux besoins des populations les plus fragiles. Ainsi c’est moins 5 millions d’€ pour l’économie sociale et solidaire.

C’est aussi, moins 22 millions d’€ pour fa formation professionnelle continue. Seuls les organismes dont 70% des formés obtiennent une embauche seront financés, ce qui écarte toutes les formations de remise à niveau et de lutte contre l’illettrisme qui par essence ne donnent pas accès à l’emploi mais permettent ensuite de suivre une formation qualifiante.

C’est encore les transports et les grands équipements qui sont amputés de 24millions d’€. Où sont les promesses électorales pour les TER en particulier ?

Enfin, le développement durable et les actions en faveur de l’environnement sont, elles, impactées de 8 millions d’€ et notamment les actions liées à l’eau et au milieu aquatique.

Quant aux investissements éducatifs, ils subissent aussi un coup de rabot inquiétant et une orientation discutable. Pour les lycées le budget de fonctionnement recule de 2.2 millions d’€ ce qui ajouté aux 150 suppressions d’emplois prévues dans les deux ans qui viennent, va entrainer une dégradation des conditions  pour l’accueil, l’entretien, la restauration et l’hébergement des lycées de la région. Les investissements sont quant à eux en réduction notable de près de 9 millions d’€ et laissent présager des difficultés à réaliser le plan prévisionnel de construction et réhabilitation des bâtiments dont la région a la responsabilité.

Dans le même temps les aides aux entreprises augmentent, elles, de 3.5millions d’€ et 5 millions d’€ sont affectés au soutien aux employeurs d’apprentis. A la région comme au gouvernement on continue de faire semblant de croire d’une part que l’apprentissage est la meilleure réponse aux problèmes d’emploi alors que l’insertion durable dans l’emploi est meilleure chez les jeunes ayant suivi des formations professionnelles sous statut scolaire et d’autre part que la formation initiale doit répondre aux besoins exclusifs des entreprises locales alors que depuis longtemps la démonstration a été faite que l’adéquation entre la formation et l’emploi occupé est très faible.

remerciements au SNES FSU pour les infos

INCIVILITÉ ET DÉLINQUANCE

Dans l’interview du maire de Cannes figurant dans la dernière livraison de Cannes Soleil, celui-ci se félicite de l’efficacité de la campagne contre les incivilités menée par lui-même et les forces de la police municipale épaulée par les fameuses caméras. Je dis « fameuses » car la polémique récente qui a nécessité une mise au point de la Mairie dans Nice Matin me permet de douter de la réelle efficacité de ce dispositif. J’en veux pour preuve la mésaventure de ma voisine Marianne, qui circulait à bicyclette dans la Bocca, et a été renversée par une automobile. La conductrice de la voiture non contente de lui couper la route en s’engageant dans la rue Louis NEGRIN alors qu’elle circulait avenue Michel JOURDAN, s’en est prise verbalement avec violence à Marianne, a jeté son vélo sur le trottoir et est repartie sans même s’enquérir de l’état de santé de la cycliste tombée lourdement à terre. Ces faits constituent, selon les forces de l’ordre, un délit de fuite. Des témoins présents ont porté secours à Marianne qui a pu être transportée à l’hôpital par les Sapeurs-pompiers. L’époux de Marianne ayant porté plainte on aurait pu s’attendre à une résolution rapide de cet acte de délinquance caractérisé puisque le carrefour est surmonté d’un pylône sur lequel on voit très nettement l’une de ces caméras de notre système de vidéosurveillance (pardon, il faut dire parait-il vidéo protection !). Cette caméra est-elle active ? Si oui, les images prises ne sont-elles utiles que pour les déjections canines sauvages et les jets de mégots ou d’urine de citoyens peu civiques ? Comment se fait-il alors que la Police Nationale soit contrainte de passer un appel à témoin dans la presse locale pour retrouver la conductrice fugitive ?

La vidéo surveillance n’évite pas la délinquance, mais au moins pourrait-elle être utile dans ce genre de situation compte tenu des investissements considérables qu’elle nécessite. Si ce n’est pas le cas voilà un dispositif couteux pour le contribuable, qui porte atteinte aux libertés individuelles et finalement peu efficace contre la délinquance. Cherchez l’erreur.

Dominique HENROT

LAÏCITÉ

Londres vient d’élire un nouveau maire, c’est un député travailliste, issu d’un quartier populaire de Londres, avocat, ancien chauffeur de bus, féministe, partisan du mariage pour tous et fils d’émigré pakistanais. Peu de gens connaissent Sadiq KHAN (c’est son nom), mais tous savent qu’il est musulman et certains s’en inquiètent. D’ailleurs ses adversaires conservateurs n’ont pas hésité à l’accuser d’être lié à des réseaux d’islamistes extrémistes. On ne s’est pas interrogé sur la religion des deux précédents maires de Londres, considérant peut être que un catholique, un anglican, un juif, un athée ou encore un agnostique, mais pas un musulman avaient assez de retenue pour faire abstraction de leur(ou non) pratique religieuse dans l’exercice de leur mandat. « Cette élection ne s’est pas passée sans polémique, et je suis fier de voir que Londres a choisi aujourd’hui l’espoir plutôt que la peur, l’unité plutôt que la division », a déclaré l’élu travailliste, sous les applaudissements et les acclamations de ses sympathisants, après l’annonce officielle de sa victoire vendredi, avec 57 % des suffrages. « La peur n’améliore pas notre sécurité, elle ne fait que nous affaiblir, et la politique de la peur n’est tout simplement pas la bienvenue dans notre ville », a poursuivi le nouveau maire dans un bref discours.

Le journaliste de Nice Matin qui, dans une édition récente, a écrit une double page sur l’opposition à Cannes, outre une remarque peu fine concernant notre tenue vestimentaire à Claude MEYFFRET et moi-même, a noté que je trouvais le maire de Cannes « un peu trop catho ». La publication le vendredi 6 mai d’un article relatant « l’allégeance » des vieilles familles cannoises accompagnées de David LISNARD aux moines de Saint Honorat vient donc confirmer s’il en était besoin mon propos. Les lois laïques de 1905 devraient s’appliquer strictement à toutes personne en charge d’une fonction publique et à plus forte raison élective. Le maire d’une ville devrait s’appliquer un peu plus de réserve en ce qui concerne la pratique religieuse. Non pas que je reproche à monsieur LISNARD  d’être catholique, c’est son droit le plus strict, mais sa fonction exige un peu plus de discrétion quant à ses pratiques religieuses. Qu’en serait-il s’il était juif ou musulman et qu’il fasse publiquement acte d’allégeance au rabbin ou à l’imam ? A notre époque où le fait religieux est objet de controverse et de polémique un peu de neutralité dans la vie publique d’un élu serait bienvenue.

Dominique HENROT