Réinventer une gauche d’espoir!

Les résultats du second tour des élections régionales sont marqués par le sursaut de mobilisation des électrices et des électeurs, avec près de 9 % de participation supplémentaire. Manifestement, les votants ont ressenti comme un grave danger pour la démocratie, l’élection du Front national à la présidence de la région. Ils ont empêché cette menace de se concrétiser.
Le Parti communiste, qui avait appelé à battre le FN dès dimanche soir, s’en félicite.
Cependant la mobilisation des abstentionnistes entre les deux tours, le score réalisé par Estrosi et l’issue du scrutin dans le Grand Est, où le candidat socialiste s’est maintenu contre l’avis parisien, pourrait laisser penser que le retrait de Castaner n’était peut-être pas aussi nécessaire qu’on a bien voulu nous le faire croire.

La défaite de Marion Maréchal Le Pen, comme celle de marine Le Pen et du reste de la famille, seront un atout dans la bataille à venir pour faire reculer les idées du Front national dans le pays. Car le danger persiste et rien ne doit faire oublier la gravité de ce qui vient de se passer : le score atteint par le FN est dramatique et alarmant, partout un très grand nombre de conseillers régionaux du Front national sont élus: 42 sur 123 en PACA il n’y a plus de conseillers régionaux de gauche pour les combattre et soutenir les politiques publiques en faveur des besoins des gens!

La droite remporte sept des treize grandes régions, soit un peu moins que ne le laissaient craindre les résultats du premier tour, mais toutes sont des conquêtes puisque la gauche gérait toutes ces régions à l’exception de l’Alsace dans le Grand Est. Dans ces régions s’annoncent des reculs pour les services publics, les politiques sociales, d’éducation et de culture, la vie des associations.
Le Medef et la finance ont maintenant de nouveaux alliés dans ces régions, alors que c’est là qu’il faudrait mobiliser les richesses et les moyens publics pour lutter contre le chômage et la précarité. De nombreux combats s’annoncent dans lesquels les communistes entendent se mettre au service des populations et d’une République solidaire et fraternelle.

Cependant, pour le Front de Gauche, pour le PCF il s’agit d’un revers électoral important.

Ces deux tours d’élections régionales vont devoir être analysés en profondeur. Mais il est clair que la situation nouvelle n’est pas favorable au monde du travail. La responsabilité des politiques menées par François Hollande et Manuel Valls et leurs gouvernements est très lourde dans ce désastre. L’impasse économique, sociale, politique et démocratique dans laquelle ils ont enfoncé le pays se paie très cher. Poursuivre dans cette voie serait aller vers de nouveaux désastres et marquerait un grave mépris pour le message adressé par les électeurs. Il est urgent de sortir de l’austérité et des dogmes du libéralisme.

Ces résultats ouvrent une nouvelle période politique. Les communistes entendent mener de front le combat contre la droite et l’extrême-droite et la construction d’un nouveau projet progressiste nourrit d’actions prioritaires et de mesures urgentes, pour sortir la gauche et le pays du piège du tripartisme dans lequel ils nous enferment.
Nous n’oublions pas nos résultats insuffisants au premier tour. Nous allons devoir mettre beaucoup de choses à plat pour relancer notre combat.