LE SCRUTIN RÉGIONAL : retour sur le premier tour pour comprendre.

Beaucoup nous ont fait le reproche de ne pas avoir fait une liste d’union avec le Parti Socialiste dès le premier tour (comme le martelaient et la direction nationale du PS et CASTANER).
Certains considèrent même que nous portons une responsabilité dans la situation au soir du 6 décembre. Les mêmes souvent nous reprochent de n’avoir pas fait de liste d’union au second tour !!

Il est nécessaire d’apporter là quelques précisions.

D’abord au soir du 6 décembre nous étions prêts à faire une liste d’union et cela s’est fait, d’ailleurs, dans la plupart des régions.
Mais la direction parisienne du PS a décidé de retirer sa liste en PACA (après avoir envisagé une fusion avec la droite !!).
Cela a provoqué de sérieux remous au sein du PS régional et il y a même eu une tentative de certains de ses colistiers de « courcircuiter » CASTANER et d’y aller quand même. Jusqu’au mardi soir nous avons cru que cela serait possible : en vain ! Il faut savoir que notre liste ayant réalisé un score entre 5 et 10 % ne pouvait se maintenir au second tour et ne pouvait que fusionner avec une liste ayant fait plus de 10 %.

Nous étions donc dépendants de la volonté du PS quelle que soit notre envie.

Ensuite, il est utile de rappeler que ce n’est pas la première fois que nous nous présentons indépendamment du PS au premier tour de cette élection. Lors de la dernière consultation régionale c’était déjà le cas ; nous avions une liste uniquement FDG et nous avons effectué une fusion technique avec le PS et EELV qui avait (contre toute attente des sondeurs) remporté l’élection.
De plus, nous avons assumés et assumons encore, pour l’essentiel, le bilan de la gestion de la PACA au cours du dernier mandat, même s’il ne nous donnait pas totale satisfaction.

Au soir du 6 décembre, force a été de constater que beaucoup d’électeurs se sont trompés de scrutin, puisque les thèmes récurrents avancés par l’extrême droite, la droite et souvent même le PS avaient trait à la sécurité et l’immigration (fonds de commerce de l’extrême droite) ; alors que ces questions n’ont rien à voir avec la politique régionale (il suffit de revoir le débat télévisé sur FR3 pour s’en convaincre).

Ainsi, les vraies questions liées à la politique régionale ont été, la plupart du temps, occultées par les uns et les autres pour « surfer » sur la vague d’inquiétude et de peur née au lendemain des attentats.

Que pouvions-nous y faire ? Nous étions complètement à contrecourant, et, pour l’électeur lambda, ceux qui répondent le mieux à ce type de préoccupation sont à droite. Et, quand le gouvernement, dans le cadre de l’état d’urgence, reprend à son compte certaines propositions du FN, le pas est vite franchi pour faire confiance à l’original plutôt qu’à la copie. Dans le même temps beaucoup d’électeurs (près de 50%) ont estimé nécessaire de sanctionner le gouvernement socialiste en s’abstenant ce jour-là (marre de la gauche qui fait comme la droite).

Quand, une semaine avant l’élection, Valls annonce qu’il va falloir envisager la fusion avec la droite, ou le retrait, notamment en PACA, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase : pourquoi aller voter, alors, si ce vote sera dénaturé ?

L’essor du chômage et de la précarité, la destruction systématisée des dispositifs de solidarité et de redistribution, le creusement sans fin des inégalités couplé à des fractures territoriales génératrices d’oppositions entre populations, la perte de sens engendrée par des régressions démocratiques de toute sorte, le choc en retour des politiques européennes conduites au mépris de la volonté des peuples qui, en désagrégeant l’identité républicaine de la France, ont ouvert une véritable avenue au FN.

Si, dans l’urgence, tout a été mis en œuvre pour empêcher le FN de prendre PACA, ce n’est pas en diluant « la gauche » dans un front républicain qui l’allierait avec une droite de plus en plus contaminée par les thématiques lepénistes( voir le nombre de transfuges de LR vers UMP et inversement) que l’on arrêtera cette spirale fatale.
C’est d’abord en permettant à ladite gauche de redevenir une force porteuse d’égalité et d’avancées démocratiques.