Devoirs de mémoire ou petits arrangements avec la vérité ?

 

Voilà, le Président Hollande qui compare le discours de Marine Le Pen a un tract du PCF des années 70 comme si l’Internationalisme permanent du PCF était de même nature que le nationalisme identitaire, xénophobe et raciste du Front National
Voilà, encore le même, qui prétendant ne pas vouloir cautionner Poutine boude le 70 ème anniversaire du 9 mai 1945 à Moscou faisant passer à la trappe les 25 millions de morts que la seconde guerre mondiale a couté au peuple soviétique.
Voilà, toujours le même, représentant de commerce pour le compte du MEDEF dans les monarchies du Golfe, haut lieux de la démocratie s’il en est, finançant toutes sortes de mouvements terroristes, tristement célèbres dans les dernières décennies. Le même Président regardant ailleurs quand on décapite à tour de bras les uns, flagelle les autres ou lapide les femmes.
Voilà enfin le même Président, qui se rendant à Cuba, ce pays assiégé depuis 50 ans par les « démocraties occidentales » USA en tête, et alors que la presse bien-pensante, ignorant ce qu’est Guantanamo, voulait qu’il mette au débat la question des droits de l’homme, n’est plus motivé que par son entretien et la photo médiatique avec Fidel Castro pour sa postérité et ses sondages.

Plus près de nous, voilà le Maire de Cannes saisi de mémoire sélective lui aussi.
Le voilà qui fait voter le conseil municipal à l’unanimité (sur la demande de qui?) la mise en place d’une plaque pour commémorer le général Bigeard au jardin voisin du monument aux morts. Le Maire de Cannes « assume » ne retenant de cet illustre militaire que ses faits de Résistance, et oubliant opportunément les exactions d’Algérie, d’Indochine, la « gégène » et les tristement célèbres « crevettes Bigeard » exportées avec succès chez les militaires fachos d’Amérique du Sud.
Voilà encore, le même, qui dépose des gerbes le 8 mai aux couleurs des drapeaux des troupes alliées libératrices de la France à l’exception de l’URSS (mais le Président de la république est dans le même état d’esprit alors pourquoi se gêner). Certes, l’URSS n’existe plus aujourd’hui et on ne savait pas quel drapeau utiliser: argument peu convaincant.
Voilà enfin, le même, niant l’implication remarquable de la CGT dans la création du festival de Cannes et craignant probablement des « troubles à l’ordre publics » pendant le festival, qui refuse à la CGT, un espace d’exposition et d’animation, au marché Forville, pour marquer le 120 ème anniversaire de la plus importante centrale syndicale de notre pays. Bonne fille, la ville de Cannes propose donc à la CGT d’aller se faire voir au stade des Muriers, au boulodrome Troncy ou encore à saint Cassien et pourquoi pas au sommet du Gelas ou au fond de la clue de Saint Auban tant qu’on y est. Défense de rire!

Chacun s’arrange avec les faits historiques, les récupère à sa façon avec un tant soit peu de malhonnêteté intellectuelle qu’on pensait réservée aux Le Pen et au FN.
Nous vivons une époque formidable. Il est encore temps de prendre au mot Stéphane Hessel « Indignez-vous »; indignons-nous!!
Dominique HENROT