ZEP DE LA BOCCA : des acquis mais le compte n’y est pas !

Ainsi donc, la puissante mobilisation des parents, des enseignants, des élèves et anciens élèves, mais aussi des habitants du quartier et des militants politiques et associatifs, n’aura pas suffi à faire reculer jusqu’au bout l’administration rectorale. Pourtant, des actions se sont succédées tous les jours de la semaine qui vient de s’écouler, avec en point d’orgue le déplacement à Nice, jeudi, d’une délégation conséquente devant les grilles du rectorat alors qu’à l’intérieur, la rectrice annonçait ses décisions.
Alors, certes, le collège des Muriers et les écoles qui l’alimentent échappent au couperet, mais pour les écoles de Ranguin – Ranchito ( St Exupéry, Mistral et Pagnol) et pour le collège Gérard Philipe, la Rectrice a refusé d’aller au – delà de l’engagement de maintenir les moyens d’éducation prioritaire qu’elle avait déjà dû prendre la semaine dernière, suite à la forte mobilisation et à la puissante manifestation de 800 bocassiens dans la rue, malgré la pluie.
La bataille aurait-elle donc été vaine ? Non. Et ce pour deux raisons. D’abord parce que ce n’est pas encore fini et il se pourrait – du moins ce serait le bon sens – que la ministre, sensibilisée aux mouvements qui se sont fait jour dans quasiment tous les départements de France et qui vont se poursuivre à Gérard Philipe et dans les écoles primaires, prenne au final la décision intelligente de maintenir le label ZEP (ou REP), puisqu’elle a déjà annoncé que les moyens seraient maintenus pour les trois ans à venir. On peut s’interroger d’ailleurs sur les raisons qui poussent l’administration à continuer de supprimer ce label tout en maintenant les moyens. Ce n’est pas qu’une question d’affichage et les manifestants ont bien perçu que le label assurait la pérennité des moyens, les promesses, c’est bien connu, n’engageant que ceux qui les reçoivent.
La deuxième raison, c’est que, contre toute attente, dans un quartier fortement frappé par la crise, où la vie associative a beaucoup perdu de sa dynamique, où l’engagement citoyen a fortement reculé, le « petit peuple » de Ranguin – Ranchito – Saint Pierre a su montrer une capacité à réagir collectivement et efficacement aux côtés des enseignants et des agents du collège, fortement mobilisés. Bien sûr, le rôle central du conseil local de la FCPE du collège, de son bureau et particulièrement de son président Jean-Marie LANGOUREAU est à souligner. Mais pour avoir participé à plusieurs de leurs initiatives, nous avons pu observer l’engagement militant et clairvoyant de nombreux parents d’élèves pour la défense d’un service public de qualité. Cet engagement ne peut en rester là : il faut le pérenniser dans la vie associative du quartier (association de parents d’élèves, MJC, mais aussi syndicats pour les personnels) afin de maintenir un niveau de mobilisation fort au sein de structures organisées, puissantes et vigilantes.