ZEP DE GERARD PHILIPE : LE DOUBLE LANGAGE DE L’UMP…..

Les Sénateurs viennent d’adopter les crédits « enseignement scolaire », après avoir réduit l’enveloppe de 165 millions d’euros. Le sénat ayant changé de majorité ceux-ci entendent « faire contribuer davantage le ministère de l’Education nationale aux efforts de maitrise de la dépense publique ». Ce coup de poignard au service public d’éducation est donné par le biais de deux amendements qui pourraient revenir aussi à l’Assemblée. D’abord un amendement qui supprime 87 millions d’euros au second degré ‘au titre de l’annulation des créations de postes d’enseignants stagiaires prévues en 2015 et du non-remplacement d’un enseignants sur deux partant à la retraite ». Et un autre amendement qui supprime 65 millions d’euros au « soutien à la politique de l’Education nationale. Le sénateur UMP LONGUET (dans les années 60 créateur avec Alain Madelin du mouvement Occident, groupuscule d’extrême droite souvent impliqué dans des affrontements violents et rédacteur du programme du FN en 1971)a déclaré « la nouvelle majorité du sénat estime qu’il n’est pas nécessaire de procéder à des créations de postes dans le secondaire et même qu’il faut revenir à la politique précédente ».
Pour maintenir Gérard Philipe en REP il faut créer des postes. Le député Brochand et son suppléant (maire de Cannes) ont chacun écrit à plusieurs reprises à la rectrice et à la ministre, mais a-t-on vu le député Brochand demander davantage de créations de postes à l’Education nationale et en voter le budget lorsqu’il va dans ce sens.
ET AU GOUVERNEMENT !
« Alors que la France est le pays de l’OCDE où l’origine sociale pèse le plus sur les performances scolaires, l’école doit offrir à tous les élèves des chances égales de réussite. » C’est en ces termes que la ministre de l’Education nationale a présenté la réforme de l’éducation prioritaire. Si le constat est sans appel : un enfant d’ouvrier et d’employé a deux fois moins de chances qu’un enfant de cadre d’obtenir le baccalauréat ou un diplôme de l’enseignement supérieur, cette réforme se fait à moyens quasiment constant (si un collège entre en ZEP un autre doit en sortir !). Le classement est établi en fonction de critères qui sont discutables et contestés. Outre le fait que cette « catégorisation » repose sur les renseignements recueillis auprès des familles lors de l’inscription, dans la catégorie dite « défavorisée » ne figure ni les employés, ni les chômeurs de longue durée et de plus nulle part n’apparait la notion de temps partiel contraint. Quant à la catégorie des « ouvriers » qui constitue l’essentiel de la catégorie « défavorisée », compte tenue de la faiblesse du tissu industriel dans le bassin cannois elle est fort peu représentée. On comprend mieux pourquoi Gérard Philipe est classé loin par le rectorat sur ce critère. Enfin, le critère du nombre d’élèves ayant redoublé à l’école primaire ne tient pas la route lui non plus quand l’administration demande aux enseignants d’en réduire le nombre au minimum car jugé inefficace (et couteux).

Aujourd’hui la déception est donc grande du côté de Gérard Philipe, même si le rectorat s’est engagé à maintenir les moyens pour les trois ans qui viennent. La vigilance reste cependant de mise. Parents et enseignants attendent maintenant que le rectorat fasse connaitre la dotation pour l’an prochain et se tiennent prêts à repartir en action.
Dominique HENROT