NICE MATIN PRESQUE AUX SALARIES !

Il y a de temps en temps de bonnes nouvelles dans ce monde de grisaille, de pessimisme et de renoncement. Samedi dernier, le tribunal de commerce de Nice a retenu l’offre de reprise de Nice Matin par la Société Coopérative d’Intérêts Collectifs (SCIC) montée par les salariés du journal mis en redressement  judiciaire par le groupe Hersant (ancien propriétaire) au printemps dernier.

Depuis le 26 mai 2014, attirés par l’odeur du fric, les requins de la finance n’avaient pas manqué au chevet du journal et de son imprimerie.

Tous les projets, à l’exception de celui de la SCIC, envisageaient des suppressions massives d’emplois et une restructuration difficilement acceptable par les salariés comme les lecteurs.

Les salariés qui ont investi sur leurs deniers propres, aidés par de nombreux lecteurs qui ont pu apporter près de 400 000 euros en quelques semaines, se lancent donc maintenant concrètement dans une aventure exaltante autant que stressante pour la réussite de leur journal (ils sont associés majoritaires de la SCIC).

Ces mois d’une lutte opiniâtre, menée avec sang-froid et  détermination auront montré que les batailles pour la démocratie et la justice ne sont pas inutiles ; et que dans ce monde violent du capitalisme financier, il est encore possible de mettre en œuvre  des solutions alternatives qui mettent en avant l’économie sociale et solidaire.

Malgré les congratulations de tout le microcosme politique de ce département, on notera que ni l’Etat (la Secrétaire d’Etat à l’Economie Sociale, a refusé de recevoir les représentants syndicaux sous le prétexte bidon de « maintien d’égalité entre les différents porteurs de projets ».), ni les collectivités locales n’ont fait un effort,  seule la région PACA s’est véritablement engagée auprès des salariés. Il est vrai que l’un des repreneurs potentiels n’était autre que le milliardaire libanais SAFA proche de Monsieur LEROY le maire de Mandelieu qui ne lui refuse rien. Monsieur SAFA possède, à la sortie ouest de Mandelieu, une propriété fermée et gardée, plus vaste que la principauté de Monaco, comprenant notamment  les anciens terrains de San Estello.

Dans l’attente d’une ligne éditoriale pluraliste et démocratique, souhaitons bon courage et longue vie à la SCIC de Nice Matin.