Archives mensuelles : novembre 2014

Cannes se mobilise pour garder ses ZEP

L’Éducation prioritaire (ÉP) – donner plus à ceux qui ont moins -, cette grande idée mise en œuvre dès 1982, va-t-elle succomber sur l’autel comptable du « Déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Alors que l’échec scolaire progresse, le gouvernement « socialiste » de monsieur HOLLANDE choisit de réformer l’ÉP à moyens constants : toute entrée d’un collège dans le dispositif REP (Réseau d’ÉP) suppose la sortie d’un autre.
Que va-t-il en être dans les Alpes Maritimes ? Deux collèges niçois : MISTRAL et DURUY (Nice) deviendraient REP, et deux collèges cannois Gérard PHILIPE et Les MÛRIERS perdraient ce statut et donc chacun 4 classes, 6 profs, un CPE et 2 surveillants ! Les autres établissements ex-ZEP restent REP voire REP +.
On s’en doute, la nouvelle a semé consternation et révolte chez les enseignants et les parents des 2 collèges cannois. D’autant que ce n’est pas la première fois qu’une telle menace dans un contexte identique pèse sur ce quartier. Personne ne conteste la nécessité pour les collèges niçois de devenir REP. Mais pourquoi faut-il le faire sur le dos des cannois ?
Le Rectorat dit baser son choix sur des critères « scientifiques » : pourcentage d’élèves relevant de « professions et catégories socio-professionnelles (PCS) défavorisées », en retard scolaire, boursiers… Des chiffres où l’humain et la réalité du terrain ont peu leur place et des critères qui prennent en compte des moyennes dont on sait qu’elles ne reflètent pas la réalité des écarts.
Gérard PHILIPE, même si ses équipes enregistrent des succès, reste fragile : résultats au Brevet inférieurs à la moyenne, orientation de 57% d’élèves de 3ème vers la 2nde GT contre 67% dans l’académie… Enfin, les élèves de La Roquette rejoindront le nouveau collège de Pégomas en 2016 : aussitôt, les fameux critères de G. PHILIPE exploseront. Les MÛRIERS sont confrontés aux mêmes difficultés. Ces deux collèges ont donc un besoin vital de conserver le statut REP pour pouvoir maintenir toutes leurs actions spécifiques (aide aux devoirs, classes DYS,…).
En outre, les choix sont faits en fonction de critères pris sur le collège, sans tenir compte de la réalité en amont dans les écoles primaires qui perdraient elles aussi le statut et les moyens à cette occasion.
Bien sûr, cela suppose de maintenir les moyens supplémentaires tout en en donnant à MISTRAL et DURUY : aussi, qu’attend la Ministre pour créer les 60 000 postes de personnels promis alors que le compteur reste bloqué à 3850 pauvres créations ?
Nous avons vu et entendu au conseil municipal, hier au soir, que le Maire de Cannes avait manifesté son soutien et était intervenu auprès de la ministre en développant une série d’arguments tout à fait recevables. C’est une excellente initiative de sa part, même s’il nous semble utile de rappeler que le député BROCHAND, dont il est le suppléant, par son vote a largement adhéré à la politique de suppression de postes de fonctionnaires conduite par l’ex-président Sarkozy. L’un des effets à moyen terme de cette politique est la réduction des moyens horaires et en postes de l’éducation nationale conduisant pour partie au plan REP actuel.
Ceci étant précisé, nous considérons que le rassemblement de toutes les sensibilités de la ville autour du REP, à commencer par son conseil municipal, est un atout précieux pour gagner et nous y prenons notre part, dans l’intérêt des enfants et de Cannes.
Enseignants – avec le SNES, le SNEP et le SNUIPP -, parents – avec la FCPE -, population, élus, Parti Communiste, sont mobilisés. Un vaste mouvement se dessine pour le 1er décembre avec une manifestation dans la Bocca qui pourrait servir de tremplin à une opération « La Bocca morte », manière de donner à voir ce que signifierait la perte de la ZEP.
La partie n’est pas jouée; par le passé la lutte pour la ZEP de la Bocca a déjà été victorieuse grâce à un large mouvement de résistance.
Dominique HENROT

TOUCHE PAS  A LA ZEP DE LA BOCCA
MANIFESTATION   MARCHE LUNDI 1er DECEMBRE
10 H Gérard PHILIPE
10 H 15 SAINT EXUPERY
10 30 Fréderic MISTRAL
11 H Marcel PAGNOL
11 H 30 René GOSCINNY
11 H 45 La FRAYERE
12 H COLLEGE LES MURIERS

AUGMENTATION DE 20 % DE LA TAXE D’HABITATION POUR LES RESIDENCES SECONDAIRES.

En voila une idée quelle est bonne! D’ailleurs elle figurait dans notre programme municipal au printemps dernier. Le gouvernement nous l’a « piquée ». Mais voila, il ne faut pas effaroucher le bourgeois et le Maire de Cannes, comme la plupart de ses amis du département, se refuse à la mettre en œuvre. Nice Matin sort d’ailleurs l’artillerie lourde contre cette mesure qui nous semble être de bon sens. Les agents immobiliers montent au créneau et le journal va même chercher un couple de retraités qui pense qu’ils vont devoir vendre.
Mais qu’en est-il en réalité?
La mesure vise en premier lieu les logements vacants (vides ) et qui servent à la spéculation immobilière: il y en à plus de 5 000 à Cannes, alors que tant de familles sont en attente de se loger ou doivent se résoudre à habiter dans l’arrière pays. Quant aux résidences secondaires, elles représentent 40 % du parc immobilier cannois et toutes ne sont pas la propriété de « petits retraités ». D’ailleurs un dégrèvement est prévu pour les propriétaires aux revenus modestes.
Pour une fois que ce gouvernement prends une mesure en accord avec ses engagements et qui permettrait d’augmenter les ressources des communes, voila que l’UMP freine des 4 fers pour préserver les privilèges de son électorat.

LIGNE TER CANNES-GRASSE

Il fallait s’y attendre. La catastrophe de Brétigny-sur Orge qui a révélé au grand public ce que les cheminots à coup de grèves successives ne cessaient de dénoncer. En effet, les mauvais choix faits à la fois par RFF(1) et la SNCF ont fait que par une maintenance insuffisante le réseau grandes lignes et secondaires est dans un état de délabrement avancé. Mais RFF persiste dans ses mauvais choix et décide, afin d’éviter les poursuites que cela pourrait occasionner, de porter l’effort uniquement sur le réseau principal. C’est ainsi que la ligne Cannes Grasse voit les travaux d’aménagements nécessaires à son bon fonctionnement reportés de 3 ans. Cette ligne, vitale pour notre département, permet notamment de soulager la pénétrante Cannes Grasse et l’A8 jusqu’à Monaco, puisqu’elle permet des déplacements rapides et sécurisés de Grasse à Monaco pour environ un million de passagers par an. Le projet envisageait non seulement des améliorations matérielles mais aussi doublement de la fréquence de circulation des trains (toutes les ½ heures) ce qui aurait permis de rendre un service proche d’un métro ou d’un tramway en augmentant de manière considérable le nombre de passagers.
Toutes les gares du parcours sont très fréquentées. En dehors des salariés qui utilisent régulièrement la ligne, de nombreux lycéens de Ranguin et la Bocca prennent le train pour se rendre notamment à Bristol ou Jules Ferry et beaucoup d’étudiants du CFA ou de l’IUT de la Bocca : la gare de Cannes est à 7 minutes de celle de la Frayère. Tous ces gens vont être pénalisés par la décision de RFF qui comme d’habitude fait peu de cas des usagers. Les travaux de ce printemps ont duré plusieurs semaines pendant lesquelles les trains n’ont plus circulé, peut –on imaginer même situation sur la ligne Marseille-Nice : certainement pas !
Les usagers doivent rester vigilants mais aussi exigeants, cette ligne ouverte aux voyageurs de 1876 à 1938, puis de nouveau de 1978 à 1995 est régulièrement menacée. Que va-t-il en être si le projet de développement des transports en bus de Mr Macron voit le jour alors que RFF laisse à l’abandon la ligne ferrée.
(1) Réseau Ferré de France, la filiale de la SNCF qui a en charge l’ensemble du réseau ferré

LA ZEP DE RANGUIN DE NOUVEAU EN DANGER

Classé établissement ZEP (zone d’éducation prioritaire) dès la création du dispositif en 1982, le collège Gérard Philipe à Ranguin, risque, s’il n’y à pas de réactions, de perdre à la rentrée prochaine son statut « privilégié ». Depuis, la création de la ZEP la dénomination a changé pour devenir REP (réseau d’éducation prioritaire), mais le traitement en gros est resté: donner davantage de moyens aux établissements où sont concentrées les plus grandes difficultés scolaires et sociales.

Qu’est qui a changé aujourd’hui? Rien!
Le ministère de l’éducation nationale, via le rectorat de Nice, décide de déclasser le collège Gérard Philipe. La situation sociale des habitants des quartiers Ranguin, Ranchito et Saint Pierre (qui fournissent l’essentiel du recrutement scolaire du collège) ne s’est pas améliorée, loin de là avec l’aggravation de la crise, ces dernières années. Ceux qui y habitent le savent bien!
Si le pourcentage d’élèves faisant partie des catégories sociales dites défavorisées se situe en milieu de tableau par rapport aux autres collèges de l’académie et encore en dessous des collèges des Vallergues ou des Muriers, c’est en partie dû à la venue des enfants de La Roquette et Pégomas qui auront leur propre collège d’ici trois ans.

Pour les élèves de 3° la sélection est dure:
Alors qu’ils bénéficient de meilleures conditions de travail, seulement 57% sont orientés en seconde générale et technique (moyenne académique 70%) alors que les résultats au brevet (83.5%) sont proches de la moyenne académique (85%). Qu’en sera-t-il si la REP est supprimée?
Ce sont là des indicateurs qui plaident pour le maintien du statut particulier. En effet, c’est bien parce que depuis des années une équipe d’enseignants dynamique et soudée fonctionne avec moins de 24 élèves par classe que des progrès ont pu être réalisés.

Que va-t-il en être à la prochaine rentrée ?

Perdant le statut de REP le collège va perdre des moyens en heures et en postes d’encadrement et le seuil de 24 élèves par classe va passer à 29 rendant plus difficiles les conditions d’apprentissage des élèves.
En fait, il n’y aura pas davantage d’établissements classés REP dans l’académie de Nice, mais certains vont devoir sortir du dispositif pour en faire entrer d’autres. C’est la gestion de la pénurie de moyens quand le gouvernement annonce des efforts sans précédents pour l’éducation ! 60 000 créations de postes promises pour la durée du mandat de Monsieur HOLLANDE ! Mais à ce jour ce sont seulement 2 500 créations effectives et de nombreux postes aux concours ne sont pas pourvus tant le métier devient peu attractif avec des conditions de travail qui se dégradent de plus en plus et des salaires bloqués depuis maintenant plus de trois ans !

C’est le jeu des chaises musicales!
La situation sera examinée de nouveau dans 3 ans. Finalement, ce dispositif permet une amélioration qui conduit à sa suppression qui conduira à une détérioration et la nécessité d’intégrer, peut-être, de nouveau le dispositif dans quelques années ! Et pendant ce temps qu’en est-il des élèves ; leur intérêt est-il vraiment pris en compte? Économie de bout de chandelles, vision à court terme, il faut que cela cesse et que les problèmes soient véritablement pris en compte dans la durée.
Les enseignants, mais aussi l’association des parents d’élèves FCPE de Ranguin, se mobilisent et ont décidé de réagir en prenant des initiatives. C’est tout le quartier qui doit être solidaire de leurs actions dans l’intérêt de notre jeunesse.
Soyons vigilants et attentifs. La sortie de la REP peut-être évitée une nouvelle fois par l’action du plus grand nombre.

Dominique HENROT

NICE MATIN PRESQUE AUX SALARIES !

Il y a de temps en temps de bonnes nouvelles dans ce monde de grisaille, de pessimisme et de renoncement. Samedi dernier, le tribunal de commerce de Nice a retenu l’offre de reprise de Nice Matin par la Société Coopérative d’Intérêts Collectifs (SCIC) montée par les salariés du journal mis en redressement  judiciaire par le groupe Hersant (ancien propriétaire) au printemps dernier.

Depuis le 26 mai 2014, attirés par l’odeur du fric, les requins de la finance n’avaient pas manqué au chevet du journal et de son imprimerie.

Tous les projets, à l’exception de celui de la SCIC, envisageaient des suppressions massives d’emplois et une restructuration difficilement acceptable par les salariés comme les lecteurs.

Les salariés qui ont investi sur leurs deniers propres, aidés par de nombreux lecteurs qui ont pu apporter près de 400 000 euros en quelques semaines, se lancent donc maintenant concrètement dans une aventure exaltante autant que stressante pour la réussite de leur journal (ils sont associés majoritaires de la SCIC).

Ces mois d’une lutte opiniâtre, menée avec sang-froid et  détermination auront montré que les batailles pour la démocratie et la justice ne sont pas inutiles ; et que dans ce monde violent du capitalisme financier, il est encore possible de mettre en œuvre  des solutions alternatives qui mettent en avant l’économie sociale et solidaire.

Malgré les congratulations de tout le microcosme politique de ce département, on notera que ni l’Etat (la Secrétaire d’Etat à l’Economie Sociale, a refusé de recevoir les représentants syndicaux sous le prétexte bidon de « maintien d’égalité entre les différents porteurs de projets ».), ni les collectivités locales n’ont fait un effort,  seule la région PACA s’est véritablement engagée auprès des salariés. Il est vrai que l’un des repreneurs potentiels n’était autre que le milliardaire libanais SAFA proche de Monsieur LEROY le maire de Mandelieu qui ne lui refuse rien. Monsieur SAFA possède, à la sortie ouest de Mandelieu, une propriété fermée et gardée, plus vaste que la principauté de Monaco, comprenant notamment  les anciens terrains de San Estello.

Dans l’attente d’une ligne éditoriale pluraliste et démocratique, souhaitons bon courage et longue vie à la SCIC de Nice Matin.