Ces nouveaux rouages du capitalisme.

Dans l’immense casino mondial, le bal des hypocrites bat son plein au rythme d’une lutte de classe de haute intensité. Ils tentent de faire passer la fraude et l’évasion fiscale pour des « dérives ». À peine sont-ils prêts à laisser désigner quelques moutons noirs au milieu d’un troupeau immaculé. La thèse de l’immoralité sert de petit bréviaire avant d’entonner à chaque révélation les mêmes cris d’orfraie qui sonnent de plus en plus faux.

La question est pourtant simple : existe-t-il une seule multinationale, une seule banque qui n’ait recours à des sociétés offshore ? Évidemment non. Pire, de moyennes entreprises se plient désormais à la règle non écrite de l’évasion fiscale pour peser dans le grand bain concurrentiel mondial.

Comment des commissaires européens gardiens de traités organisant « la concurrence prétendument «libre et non faussée » et « la liberté totale de circulation du capital » peuvent-ils feindre de découvrir ces pratiques d’envergure sans craindre le ridicule ?  Ils ne font que leur donner une plus grande ampleur en ajoutant chaque jour qui passe une brique supplémentaire à « un marché unique » où règne le dumping fiscal, social et environnemental.

Cette affaire n’est pas réductible à la « morale », ni même aux « législations » puisqu’il semble que le droit des États modernes couvre, par le truchement de centaines d’astuces prodiguées par des cabinets de conseil bien renseignés, cet immense vol d’argent pendant que la chasse aux pauvres est grande ouverte. Ce qui est en question, ce ne sont pas quelques pratiques frauduleuses dans l’océan vertueux du système capitaliste mondialisé et financiarisé, c’est le système lui-même. Celui qui fait de l’argent-roi l’unité de toute mesure.

Ceux qui en appellent à la morale sont souvent les mêmes qui soutiennent les choix budgétaires inégalitaires des pouvoirs successifs et se pâment devant cette « Europe » qu’il faudrait défendre. Ainsi en va-t-il de cette funeste théorie du ruissellement par l’enrichissement des plus riches grâce à la suppression de l’impôt sur la fortune pour les actifs financiers, parmi d’autres joyeusetés, au prétexte que leur argent sert à financer l’économie réelle.

Depuis le début des années 1980, les sommes amassées par les paradis fiscaux ont été multipliées par dix. Leur existence pérenne est étroitement liée au modèle néolibéral organisé depuis plus de trente ans.  Elle en est même la condition. Les paradis fiscaux remplissent toutes les conditions qu’exige le MEDEF pour la société française : imposition très faible, flexibilité maximale, discrétion totale sur les avoirs et concurrence absolue au bénéfice des trusts. Leur progression a contaminé les États dotés de systèmes sociaux et construits autour d’un contrat social. Ils sont sommés de se plier aux nouvelles règles du jeu d’autant plus facilement que leurs dettes publiques, gonflées parallèlement à la montée en force des paradis fiscaux avec le consentement des forces patronales et de leurs commis politiques et médiatiques, les y lient pieds et poings.

L’immense masse de liquidités produite par l’économie néolibérale transite par les nombreuses places offshores grâce à la libéralisation accélérée des marchés de capitaux. Les travailleurs, les retraités, tous ceux qui ont contribué à créer les richesses, à construire le cadre dans lesquels le capitalisme peut exister, se voient confisquer les fruits de leur labeur. L’économie réelle, la transition environnementale de notre système productif, les services publics, les biens communs sont sacrifiés. Les pays les plus pauvres sont contraints à la stagnation par ce système de prédation terrible qui voit les multinationales  pillant leurs ressources s’exonérer du moindre devoir à l’égard des populations locales et de leur environnement. Voici le visage hideux du capitalisme financier mondialisé dont le Président de la République est l’un des mécaniciens. La suppression de l’impôt sur la fortune, l’instauration d’une « flat tax » sur les revenus du capital ou la baisse de huit points de l’impôt sur les sociétés sont des éléments de ce rouage général.

Cette spirale de la financiarisation de l’économie est un poison mortel contre notre société et la civilisation. Placer les profits dans un paradis fiscal, c’est à la fois le moyen de continuer de refuser les augmentations de salaires et de se soustraire au bien commun en détruisant les services publics et la sécurité sociale que les mêmes entreprises privées s’accaparent. C’est priver les Etats de ressources que paient les plus modestes en plus d’une dette grossie des intérêts qui ne profitent qu’aux fonds financiers. Et ce flux vers les paradis fiscaux sert sans cesse d’argument pour pousser partout à la compétition vers le moins-disant fiscal. Ces cercles vicieux doivent être brisés en fermant tous les paradis fiscaux. C’est le sens de la proposition innovante de nos amis Alain et Eric Bocquet de lancer une conférence mondiale contre la fraude fiscale sous l’égide de L’ONU. Ne pas y mettre fin détruirait les idées de justice, d’égalité, de démocratie et de liberté, aussi sûrement que le réchauffement climatique détruirait notre planète.  C’est une mission de salubrité publique.

Patrick LE  HYARIC 16 novembre 2017

 

Tout va très bien chez Thales Alenia Space ?

 

Un article récent (11/09/17) de Vincent LAMIGEON dans la revue Challenges a attiré notre attention. Il s‘intéresse au secteur spatial et notamment aux commandes de satellites dont Thalès et Airbus sont les principaux concepteurs européens. La semaine mondiale des satellites (World Satellite Business Week) qui s’est tenue du 11 au 14 septembre à Paris a montré un très net ralentissement des commandes notamment sur les satellites de communication. Les américains Boeing et Loral sont en grande difficulté ce a qui conduit même ce dernier à supprimer 200 postes sur son site californien au printemps dernier. Les constructeurs européens, plutôt que d’essayer de coopérer, semblent entretenir une concurrence effrénée pour rester seul en lice. Cette stratégie peut s’avérer très dangereuse  pour l’emploi notamment du site de Thalés Alenia Space  Cannes, comme pour Airbus d’ailleurs et à terme pour Ariane espace si la faiblesse des commandes devait perdurer. Les directions de ces entreprises font preuve d’un bel optimisme que ne partagent pas les salariés ni leurs organisations syndicales. Celles-ci, pour le site cannois, ont dès le printemps lancés un droit d’alerte et ont récemment interpellé le député Brochand, qui fait partie de la commission « Espace » de l’Assemblée, afin qu’il intervienne auprès du premier ministre voire du président de la république. Ce sont des centaines emplois directs qui sont à terme menacés sans compter les sous-traitants et emplois dérivés. Le cabinet Euroconsult spécialiste du spatial et organisateur de la World Satellite Business Week prévoit quant à lui le lancement de 300 satellites commerciaux en orbite géostationnaire ces dix prochaines années. Les dirigeants d’Airbus tablent sur une reprise après 2021 et ceux de Thales Alenia Space  sont quant à eux très silencieux. Comment cela va-t-il se traduire en termes d’emploi dans le « creux » de 2017 à 2021 ? Le journaliste parle de faire « le dos rond ». Ce qui signifie, comme toujours dans des cas semblables, une politique de restriction des investissements qui risque de frapper notamment la recherche développement hypothéquant ainsi davantage l’avenir de l’entreprise.

Le député Brochand ne sait plus où il habite…

 

Classé par le magazine Capital comme l’un des députés les moins actifs, Bernard Brochand aurait-il décidé de mettre les bouchées doubles ? Ou s’agit-il de faire oublier son actualité judiciaire chargée puisque le député de Cannes passera prochainement devant le tribunal correctionnel : le pauvre avait oublié pendant des années de déclarer au fisc et dans sa déclaration de patrimoine un million d’euros planqués en Suisse !

Toujours est-il que l’élu pose au ministre de la Cohésion des Territoires une question écrite sur l’application de la loi SRU dans les communes des Alpes Maritimes : rappelons que cette loi de justice sociale impose que le parc immobilier de chaque ville comprenne au moins 25% de logements sociaux. Bernard Brochand exige un moratoire pour le 06. Pourtant, des villes comme Le Cannet, Mandelieu, Grasse, Cannes, Antibes, Cagnes, Nice, Menton, etc. sont très très loin du compte. L’un des arguments de Bernard Brochand est qu’y constituer des réserves foncières est hors de prix, surtout « à la suite de la baisse de la dotation globale de fonctionnement. » Cet argument serait recevable si les élus communistes n’avaient de très longue date attiré l’attention de leurs collègues sur la nécessité, quand le foncier restait abordable, de constituer des réserves pour le logement social. Ce fut un refus catégorique : il fallait laisser les riches dans leur entre-soi !

Le député de Cannes utilise donc un nouvel argument qui laisse pantois : « [Les] communes du littoral des Alpes Maritimes […] ont un climat social très dégradé car lié au terrorisme et à la présence sur leur territoire, de foyers djihadistes. L’augmentation de logements sociaux risquerait d’aggraver cette situation. » En clair : Habitants des HLM = terroristes en puissance !

On croyait ce parallèle insupportable réservé aux discours de Le Pen ou de Philippot. Le député cannois n’hésite donc pas un seul instant à stigmatiser sans vergogne  les résidents du logement social. Il est vrai qu’on a peu de chance de  rencontrer des djihadistes dans la salle des coffres d’une banque suisse, encore que ! On sait que Ben Laden et ses épigones blanchissaient l’argent du terrorisme dans les paradis fiscaux. N’est-il pas piquant d’imaginer que c’était dans un coffre situé à côté de celui de notre député ?

Mais trêve de plaisanterie… Cette question écrite en dit long sur la porosité entre tout un pan de la droite des Ciotti, des Wauquiez et désormais des Brochand, avec les idées nauséabondes du FN. Jusqu’où iront-ils pour flatter les bas instincts ou faire peur ? Evidemment, nous ne sommes pas angéliques : nous soutenons les efforts de la police et du renseignement pour prévenir partout le terrorisme.

Mais est-ce une raison pour obliger les familles modestes à s’entasser dans des logements trop petits parce que leurs enfants majeurs ne trouvent pas de logement social ? Est-ce une raison pour que des milliers de familles soient sur une liste d’attente sans fin pour accéder à un appartement à loyer modéré ?

Ce n’est pas d’un moratoire dont la loi SRU a besoin dans le 06 mais au contraire d’une application et de sanctions strictes. Oui, 25% de logement social partout, et vite !

Jean-Marie LANGOUREAU

AVEC THEO !

 

50, selon la police!

  Nous étions donc une cinquantaine rassemblés sur les allées de la Liberté (tout un symbole) pour soutenir le jeune Théo et protester contre les excès physiques et verbaux d’une certaine police qui salissent l’ensemble d’une corporation. D’aucuns diront que c’est peu; mais c’était important qu’à Cannes l’indignation se fasse aussi entendre. Bien sur, l’appel s’est fait en catastrophe, un jour et à une heure peu faciles pour la plupart d’entre-vous absents mais tout autant indignés que les présents. La présence du « barnum » du semi marathon autour du kiosque nous a rendu peu visibles certes, mais les passants ont souvent été sensibles à notre présence. J’en veux pour preuve ce groupe de jeunes venus à Cannes pour un match de basket ball et qui se sont joints à nous quelques instant. La jeune Grâce,  étudiante salariée,  originaire de la banlieue parisienne a même bien volontiers pris la parole comme le montre notre photo.

De la même manière que les actes des éducateurs et les curés pédophiles doivent être reconnus criminels et sévèrement sanctionnés, les actes des forces de l’ordre qui usent de leur uniforme pour s’affranchir de leur devoir de respect de tous les citoyens doivent aussi être sévèrement sanctionnés. Le pouvoir, le ministère de l’intérieur, la hiérarchie et même les représentants syndicaux ne peuvent  trouver à ces actes d’excuses, de circonstances atténuantes. Il faudra encore et encore souvent s’indigner, se rassembler pour protester contre tous les abus que le pouvoir cautionne plus ou moins.

Je profite de l’occasion pour vous signaler que l’assemblée vient de voter(le jeudi 16) un texte allongeant la durée de prescription de certains délits compte tenu des progrès scientifiques: bonne chose. Mais dans le même texte un amendement établit là où il n’y en avait pas jusqu’alors une  prescription de 12 ans  pour les infractions « occultes » et « dissimulées ». Il sera encore plus difficile de mettre au jour des montages de fraude complexes. Une vraie prime à la fraude financière. Avec cet amendement la moitié des « combines » de Mr FILLON seraient prescrites. Quand allons nous, comme les Roumains, descendre dans la rue contre ce genre d’auto amnistie?

Dominique HENROT

Avec Théo et les autres victimes

Rassemblement à Cannes, samedi 18 février 2017

15h – CANNES – Allées de la Liberté

Premiers signataires : ADN, ACR, FSU 06, Habitat et Citoyenneté, Les amis de la liberté, LDH 06, MRAP 06, Nuit debout Nice, PCF 06, P.G 06, RESF 06, Thalès Menton, Tous citoyens !

Initiative nationale : Cran, Ligue des droits de l’Homme, Mrap, SOS Racisme, CGT et FSU

Les faits qui se sont produits à Aulnay-sous-Bois sont graves.

Le déni par les autorités policières, les déclarations racistes qui en ont suivi sont inacceptables. Inacceptables pour les premiers visés, qui supportent quotidiennement des contrôles dont chacun sait qu’ils n’ont qu’un très lointain rapport avec la réalité de la délinquance.

Inacceptables pour toutes celles et ceux qui souhaitent bénéficier d’une police respectueuse des personnes et de leurs droits, garante des libertés et de la sécurité publique.

Inacceptables, enfin, pour la police elle-même, dont l’honneur est entaché par ces comportements.

Lorsque des agents ayant autorité outrepassent leurs droits et violent ceux des autres, ils menacent le pacte républicain qu’ils sont chargés de défendre.

Les faits qui se sont déroulés à Aulnay sont d’une exceptionnelle gravité. Mais ils sont loin d’être isolés. Il est temps d’y porter un coup d’arrêt, temps de réaliser qu’au-delà des faits incriminés, c’est l’ordre public lui-même qui est mis en cause, et, avec lui, la sécurité de toutes et tous.

Nous rappelons avec force que la loi puise sa force dans le fait qu’elle vaut pour tous et que la République n’a d’avenir que dans le respect de sa devise.

C’est pourquoi nous appelons toutes celles et ceux qui ont à cœur les valeurs d’humanité, toutes celles et ceux qui veulent opposer l’égalité et la fraternité au racisme et au mépris social, toutes celles et ceux qui jugent urgent de rétablir la confiance entre les citoyens et les forces de l’ordre, à organiser un rassemblement largement unitaires de solidarité et de protestation le samedi 18 février 2017, à Nice, 15h Pl Garibaldi,et à Cannes sur les allées de la Liberté en soutien à Théo, contre des dérives policières auxquelles il faut porter un coup d’arrêt.

Nous appelons le gouvernement à prendre la mesure de la gravité des événements et à prendre en compte les propositions portées par la société civile en matière de lutte contre le racisme et de sécurité publique