RÉPONDRE A LA PROVOCATION!

David LISNARD, le Maire de Cannes s’est exprimé au JT de France 2 hier au soir à propos du grand débat.Certes,  Macron et son gouvernement  se dégagent de leurs responsabilités sur les maires, montrant en cela qu’ils méprisent autant le peuple que ses élus de proximité, les seuls qui dans notre démocratie en crise résistent au rejet. Mais cette défausse du pouvoir illustre aussi le profond divorce entre une majorité de la population et les choix politiques réaffirmés dans la lettre présidentielle. C’est pourquoi cette consultation biaisée et tardive doit selon nous être mise en œuvre  sans désemparer pour donner à toutes et tous l’occasion d’une expression sans tri ni censure déguisée. D’ailleurs les premiers retours des cahiers de doléances, mis en place dans nombre de communes montrent, que les vrais problèmes y sont très majoritairement posés : sans surprise les questions de justice sociale, de justice fiscale, de hausse du pouvoir d’achat, et de profonde réforme politique sont posées de manière claire et explicite. Le rétablissement de l’ISF est en tête, cela ne pourra pas être évacué. Ces cahiers montrent déjà que nos concitoyennes et concitoyens n’entendent pas s’en remettre au seul RIC,  pas plus qu’ils ne sont obnubilés  par la question migratoire ou par la Loi Taubira. Elles et  ils  veulent mieux vivre et savent que c’est possible  autrement qu’en continuant « d’arroser » les fameux premiers de cordée. Elles et  ils veulent que l’impôt socialement juste permette de financer des services publics indispensables. L’impôt doit peser davantage sur le capital et les fortunes et non sur celles et ceux qui ne vivent que de leur salaire et de leurs retraites. « Augmenter l’impôt, ou réduire les services publics » n’est pas leur choix ; pas davantage que des taxes dont le poids repose sur la majorité de la population en épargnant les fortunes et le capital. Ce grand débat est indispensable et il revient à la Municipalité de Cannes d’en donner tous les moyens : c’est l’unique façon de faire la démonstration, face à une détermination gouvernementale sans faille, qu’il existe une détermination populaire qui n’entend pas s’en laisser compter.

Dominique HENROT

 

Mr « CONTRÔLE +Z » et les Mathématiques dans l’Enseignement secondaire Public.

Si le plus « haut » personnage de l’État peut déclarer qu’ « on ne peut pas demander à la fois moins d’impôts et plus de services publics » sans que cela déclenche un tel tollé qu’à défaut de partir , il doive se cacher , il ne faut pas s’étonner que Mr « Contrôle +Z », alias Blanquer ,  puisse, sans bruit et en toute impunité, rayer d’un trait de plume l’enseignement des mathématiques du corpus commun de l’enseignement secondaire à partir de la seconde.  Qu’un ci-devant ex-Ministre de l’Éducation Nationale n’en ait jamais eu « besoin », à entendre les « raisonnements » dont il abreuve ses passages médiatiques, ne fait pas de doute. Et il est sûr,  qu’on peut, sa vie durant, n’avoir jamais eu à utiliser les « identités remarquables » qui n’ont de « remarquables » que l’adjectif. Il ne s’agira pas ici de la défense d’une discipline dont Carl Gustav Jacob Jacobi , l’un de ses contributeurs marquants écrivait à Joseph Louis Fourier, aux travaux d’inspiration inépuisable   : «un philosophe comme lui aurait dû savoir que le but unique de la science, c’est l’honneur de l’esprit humain, et que sous ce titre, une question de nombres vaut autant qu’une question du système du monde » ; elle se passe fort bien de défenseurs face aux cuistres qui se mêlent de l’attaquer . Y a-t-il  la moindre nécessité d’enseigner à toutes et tous les rudiments de la façon la plus stupide, à la façon du Dr Knock : « Chaque jour, à la même heure, on ouvrira le même livre, à la même page, et on récitera : 2+2=4 » .

Sur ces aspects, Martin Adler, Président de l’Association « Animath », a tout dit.

 Mais c’est d’une toute autre question qu’il s’agit. Cette suppression dans le tronc commun n’est pas seulement une insulte à l’avenir immédiat : derrière l’automation croissante, impliquant la réduction massive du temps de travail contraint et non l’augmentation du chômage et de la précarité, se cachent de nouvelles qualifications, ce dont le MEDEF ne veut pas en entendre parler. Qualifications relatives au contrôle et à une infinité de processus connexes qui supposent des citoyen.nes en mesure de les maîtriser. Toutes, partie infime du continent des questions qui se posent à l’humanité,  mobilisent, à des degrés divers, certaines connaissances mathématiques.

Que l’Education Nationale soit en crise profonde n’est un secret pour personne ; elle n’est qu’une des dimensions multiformes de celles qui affectent la société française. Le statut quo est impensable ; Mr « Contrôle+ Z » s’emploie à la « réformer ». Personnage lisse du gouvernement, passé sans transition de la Sarkozie à la Macronie,  échappant aux quolibets mérités par d’autres, sa caractéristique principale est la détermination absolue dans la mise en pièces de ce qui subsiste d’Etat social pour y substituer ce qu’exige un Etat par et pour le profit.

Il y a encore bien plus grave : cette suppression « anodine » accentuera la scission entre exécutants et décideurs. Une citoyenneté de plein exercice se voit ainsi amputée.  Avant de constituer un assemblage de hiéroglyphes, les mathématiques sont constitutives de l’imaginaire,  participent du mouvement des idées et des représentations, entretiennent un dialogue avec toutes les formes artistiques, font partie du patrimoine architectural, sont partie intégrante de l’acquisition du sens critique, de la culture .Sans tapage nocturne, elles contribuent au sens de l’universel.  

Cette suppression « anodine » s’inscrit directement dans l’abandon de l’idée de « démonstration » à l’appui de toute pensée.  Discipline dont l’accès est par essence même démocratique, ne requérant aucun code socioculturel préalable, sa suppression du tronc commun accentuera les inégalités sociales, fragmentera davantage le tissu territorial, contribuera à la dislocation du Service Public d’Education nationale.

Après les « mesures d’économie », Mr Blanquer a inventé l’économie de la pensée.  

 

Et l’Humain dans tout ça!

 

La course à l’échalote pour doter sa police municipale des technologies les plus sophistiquées se poursuit entre les maires des communes littorales des Alpes Maritimes. Après des caméras de surveillance qui interpellent verbalement les contrevenants éventuels (big brother est bel et bien là!) voila maintenant que le délire sécuritaire, déjà omniprésent chez l’oncle, se développe chez le nouveau maire de Mandelieu, faisant de cette ville un pilote de la vidéo surveillance. Outre le fait que le citoyen n’échappe plus à ces contrôles permanents de sa vie privée on peut se demander s’il n’eut pas été plus utile de placer les 26 agents ainsi mobilisés sur le terrain, au contact de la population dans le cadre de relations humaines. Dans quel monde allons nous vivre demain avec tout ces « robots » qui font à la place des humains. Dématérialisation des démarches administratives (et tant pis pour ceux qui n’ont pas internet), automates à la banque, à la poste, au supermarché, consultation, diagnostic et prescription médicale via le net; le règne de la machine, de l’intelligence artificielle et des robots s’installe. Et ce avec un chômage « structurel »massif d’autant que les emplois de conception de ces machines ne compensent pas les emplois ainsi perdus. Le mouvement des gilets jaunes montre bien que la disparition des relations humaines réelles devient insupportable. La casse des services publics remplacés par des succédanés de service (voir la fermeture des agences de la Poste à Mandelieu), d’un côté, la psychose sécuritaire de l’autre, associés à un pouvoir d’achat en berne et une précarité professionnelle croissante fragilisent nos concitoyens. Et pendant ce temps-là, on installe des caméras sophistiquées pour attraper les délinquants de toute l’Europe mais rien n’est fait pour traquer les délinquants fiscaux qui planquent chaque année 80 milliards dans les paradis fiscaux. Revenons sur terre et conservons notre libre arbitre! Revenons sur terre et conservons notre libre arbitre!

Donner du « pouvoir d’achat », pour donner du « pouvoir de vivre » décemment pour tous! Moins d’argent aux actionnaires davantage à ceux qui sont dans la misère !

 

Les portes parole de Macron qui regrettent d’avoir  « été trop subtils, trop intelligents », ceux qui considèrent qu’une partie des smicards font partie des « foyers les plus aisés », confirment que la déclaration de Macron l’autre soir à la télé était bel et bien un rôle de composition, que sur le fond rien ne change et que ce gouvernement va continuer à mener sa politique en faveur des plus riches et des grandes entreprises redistributives de dividendes. Il n’y aura pas de progrès du SMIC comme annoncé, mais une augmentation de la prime d’activité délivrée par la CAF et encore pas pour tous les smicards. Ce sont donc les contribuables qui vont financer cette hausse de revenu légitime, pas les patrons. De plus cette prime ne génère aucun droit pour la protection sociale et la retraite. Encore tout bénef pour le patronat. Quant à la défiscalisation des heures supplémentaires, les expériences passées ont montré que ce n’est pas en faisant travailler plus ceux qui ont déjà un emploi qu’on permet à ceux qui n’en ont pas d’en trouver un dussent-t-ils traverser la rue.

Bien sûr, les gilets jaunes, qui sont chômeurs, retraités, artisans, salariés de PME et TPE n’appréhendent pas de la même manière ces questions. Le MEDEF, les actionnaires, le CAC 40, ce n’est pas leur quotidien. Mais le fait qu’ils demandent le rétablissement de l’ISF, montre qu’ils comprennent bien les problèmes contrairement à ce que voudraient faire croire certains. Il faut cependant aller plus loin avec, par exemple, la suppression du CICE dont l’effet sur les créations d’emplois est plus que contestable. Il faut encore aller plus loin en prélevant à la source l’impôt sur les entreprises comme pour les autres contribuables. Il y a là un gisement d’argent public qui permettrait de satisfaire immédiatement plus d’une des revendications des gilets jaunes.

Enfin, le grand débat national est une nouvelle tentative d’enfumage: on doit découper en suivant bien les pointillés. Sur le terrain comme au parlement, les communistes feront tout pour bousculer ce schéma.

Dominique HENROT 21/12/18

 

La chute d’une étoile !

 

Les patrons du CAC 40 ne digèrent pas l’affaire Ghosn. Que « l’empereur de l’automobile » se retrouve du jour au lendemain, embastillé comme la dernière des crapules, ça les tétanise. Le MEDEF flippe. C’est la panique dans les beaux quartiers. Le PDG d’Orange se dit « sidéré ». La presse  « bien-pensante » en rajoute ; Ce serait un mauvais coup, une mauvaise manière des Japonais, qui détestent les étrangers, qui sont « xénophobes ». Ce serait le retour du péril jaune, en quelque sorte. La justice nipponne serait donc au service d’autres intérêts que ceux de …la justice. Comment croire de telles bêtises quand les chefs d’accusation à l’égard du PDG de Renault Nissan sont avérés. Sa garde à vue est aujourd’hui prolongée, probablement jusqu’au début de l’année prochaine, alors que le parquet de Tokyo l’accuse maintenant d’abus de confiance ; il aurait utilisé des fonds de ses entreprises pour éponger des pertes personnelles lors de la crise des subprimes en 2007/2008.

Contrairement à ce qu’on essaye maintenant de nous faire avaler, Monsieur GHOSN n’est pas un homme à part, une « ovni » comme dit le Figaro. Il est l’incarnation du capitalisme outrancier, symbolisé par cette caste de  grands patrons rapaces de sociétés multinationales à qui les gouvernements cèdent tout sur l’autel du profit. Cette monarchie patronale qui ouvre et ferme les usines ; qui achète, liquide et revend en pièces détachés entreprises et salariés. Ce qui se passe aujourd’hui avec Ford Blanquefort en est un autre exemple. L’arrestation de Ghosn met effraie ses amis du CAC 40. Elle monte que personne n’est au-dessus des lois. Alors que les gilets jaunes, pas dupes du jeu de bonneteau auquel se livrent Macron et sa majorité au parlement, continuent d’occuper les ronds-points en exigent du « pouvoir vivre », Il est peut-être temps que la justice française s’intéresse à la manière dont ces grands capitaines du capitalisme construisent leurs fortunes et qu’un peu d’ordre y soit remis.

Dominique HENROT  21/12/18