MANIF CHEMINOTS A CANNES

Deux ou 300 personnes étaient rassemblées ce jour devant la gare de Cannes à l’invitation de l’intersyndicale des cheminots en grève. Grévistes, mais aussi retraités de la SNCF, de la fonction publique, représentants du PCF local, dans une ambiance bon enfant, ont partagé un pique nique devant la gare dont la recette revient à la caisse de solidarité des grévistes. Puis du haut des marches au tapis rouge (de la gare) les manifestants ont assisté à une saynète où « Macroléon » se félicitait du succès de ses réformes et de sa méthode par ordonnances, laissant entendre que ce n’était pas fini et qu’on allait voir ce qu’on allait voir, sous les huées de la foule. Enfin les manifestants se sont donnée rendez-vous devant les marches du palais, ce que les forces de l’ordre se sont employées à empêcher. Cependant quelques uns y sont parvenus et ont déployé une banderole proposant de faire dérailler Macron avant de se disperser dans le calme.(voir nos photos jointes et sur notre blog). De nombreux journalistes français et étrangers étaient présents pour couvrir l’événement.

« Malheureux les pays qui ont besoin de héros

 

Le ministre de l’intérieur est devenu un problème sérieux pour la République. En effet, en quelques jours Gérard Collomb a violé au moins deux principes de base de la légalité républicaine : le fait que seul l’État doit être dépositaire des pouvoirs de police et le droit des citoyens et citoyennes de ce pays à manifester en toute quiétude.

Ainsi, pour la 1ère fois depuis août 1944 et la sinistre milice de Joseph Darnand, on a vu en toute impunité un groupe para militaire d’extrême droite paradé en gardes frontières à grands renforts d’hélicoptères et de 4×4 de luxe, cela en s’arrogeant le droit d’arrêter des gens. La tolérance coupable du gouvernement vis-à-vis de l’existence et des agissements de cette milice d’hommes en bleu est d’autant plus grave lorsqu’on la met en regard de la répression qui s’abat sur les citoyens et les organisations qui font œuvre de solidarité en vers les migrants. Quel crédit porter aux paroles de Macron lorsqu’il critique les autorités hongroises au nom des droits humains alors que lui-même et son ministre de l’intérieur laissent agir une milice d’extrême droite sur les frontières de notre République ?
Puis, non content de laisser les « identitaires » faire la police aux frontières, Gérard Collomb s’est employé à saboter méthodiquement la manifestation du 1er mai à Paris, en laissant tranquillement la rue pendant plus d’une heure à quelques centaines d’encagoulés en noir.
Résultat, dans les médias, on ne parla donc que de vitrines brisées, de magasins incendiés, de mobiliers urbains saccagés, pas un mot sur les plus de 50.000 manifestant·e·s, sur les revendications et les luttes des cheminots, des personnels d’Air-France, des étudiants, des hospitaliers, des salarié·e·s Carrefour, des sans-papiers… pas une ligne, ni une image sur les très nombreux cortèges en province. Avec au passage une « héroïsation » malsaine et complaisante de la figure du « black bloc » assimilé à un « combattant anti capitaliste » (sic) en opposition aux « cortèges syndicaux, avec femmes, enfants, vieillards » qualifiés de manière méprisante de ringards, représentants de l’ancien monde, d’inutiles…. « Malheureux les pays qui ont besoin de héros » pour reprendre la citation de Bertolt Brecht, mise dans la bouche de Galilée.
Comme l’a demandé le groupe communiste au Sénat, il serait salutaire que les agissements du ministre de l’intérieur fassent l’objet d’une enquête parlementaire.
Mais, ne nous y trompons pas, Gérard Collomb n’agit pas en franc tireur, son action s’inscrit dans le concept de « démocratie limitée » qu’essaie d’imposer à notre pays Emmanuel Macron avec sa réforme constitutionnelle. Or le sens du combat des communistes, à l’ordre du jour du Congrès du PCF, est justement celui d’une démocratie politique et sociale étendue, fondée sur le principe de l’humain d’abord. Une démocratie qui ne s’arrête pas aux portes des banques et des entreprises et qui n’est pas limitée par les intérêts du capital.

Yann Le Pollotec, responsable de la commission transparence du congrès du PCF

POUR UNE FÊTE DES TRAVAILLEURS MILITANTE.

Cette année, nous aurions dû encore plus et mieux que les autres années réussir le 1er mai. Cependant, une bonne centaine de personnes étaient réunies devant la mairie de Cannes (coté port). Certes nous étions plus nombreux que l’an passé, mais pas autant que nous pouvions l’espérer compte tenu des circonstances. Cette date s’inscrit dans un contexte de luttes sociales très importantes où, après les retraités, les personnels de santé, ceux d’air France et bien d’autres encore,  le combat des cheminots pour l’avenir de la SNCF devient  le fer de de lance des autres luttes notamment pour la sauvegarde des services publics. Plus le libéralisme avance et plus les services publics reculent !

 

Mais ce jour est aussi important car les mouvements d’extrême droite d’Europe ont choisi de s’y rassembler à Nice et Le Pen a trouvé une statue de Jeanne d’Arc à Cannes, à quelques centaines de mètres de notre rassemblement, pour y venir déposer une gerbe. L’extrême droite s’est approprié le symbole de la « fête de Jeanne d’arc et du patriotisme » (officiellement le 8 mai) instaurée en 1920 par le  parlement  aux bottes de la bourgeoisie qui souhaitait depuis la fin du 19 ième siècle  faire de l’ombre au 14 juillet aux échos trop révolutionnaires. D’ailleurs, l’Action Française du fasciste martégal Mauras, dont la publication des œuvres par les éditions Robert Laffont fait polémique ces temps derniers, honore encore Jeanne D’Arc le 8 mai. Le FN entre 1979 et 1988 a défilé le 8 mai pour fêter Jeanne d’Arc.

Depuis 1988 et alors que Jean Marie Le Pen espérait être au second tour de l’élection présidentielle qui devait avoir lieu justement le 8 mai, le chef du FN a décidé de déplacer le rassemblement du 8 au 1 mai pour mobiliser ses troupes. N’ayant pu accéder au second tour, le FN a trouvé intéressant de  chercher à s’accaparer la date de la fête du travail tant prisée par le maréchal Pétain.

Chômé et férié dès 1946 sous l’impulsion du ministre communiste du travail Ambroise CROIZAT, le 1° mai retrouve son appellation de fête du travail en 1948, et non pas fête des travailleurs comme il l’aurait fallu. Rassemblements et manifestations sont interdits ce jour pendant les guerres d’Indochine et d’Algérie. Ce n’est qu’ensuite que le mouvement syndical profite de ce jour pour en faire une résonnance des luttes.

Allons-nous laisser l’extrême droite s’emparer définitivement du 1° mai ? Nous ne les laisserons pas faire et c’est en étant chaque année plus nombreux à ce rassemblement que nous montrerons notre détermination à plus de justice sociale.

 

On voit bien ici l’enjeu. Dans le contexte de mouvement social et après plusieurs mobilisations réussies, le mouvement social a besoin, pour être victorieux, d’une perspective de débouché politique, les propositions que nous faisons sont une véritable alternative proposée à ceux qui ne veulent pas voir Macron et son monde triompher. Le passé récent nous a appris qu’un mouvement social puissant et prolongé n’était pas suffisant pour gagner (Plan Fillon puis Woerth pour les retraites, loi El Khomery). Les salariés en grève qui perdent du salaire ont besoin, pour continuer, d’apercevoir un horizon autre que celui où l’on répète, à l’instar de Margaret Thatcher, qu’il n’y a pas d’alternative. Rien n’est écrit d’avance !

 

Face aux fascistes et aux nationalistes qui, après « la Fête de Jeanne d’Arc » du père Le Pen, essaient de nouveau de détourner les symboles du mouvement ouvrier, nous devons donner à voir un autre monde : Un monde pacifié, régi par un droit international qui s’impose à tous et qui sache se rénover pour ne plus être l’otage des puissances impérialistes régionales ou mondiales. La culture de paix, le respect des droits des peuples et des droits humains, le farouche combat contre toutes les formes de discriminations dans le monde, voici quelques-unes des valeurs que nous devrons porter.

 

Mobilisons autour de nous pour imposer le choix de l’humanisme, du progrès social, de la souveraineté populaire sur les choix économiques et l’utilisation du capital !

LES COUPS TORDUS ET L’ESBROUFE AU MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION.

 

 

 

Une « réforme »  de l’enseignement avec de la cavalerie budgétaire.

Au prétexte que les petits français seraient « mauvais » en mathématiques on veut nous faire croire qu’en réduisant les moyens avec des élèves en plus on va faire mieux.

Regardons cela de près : dans les Alpes Maritimes pour la rentrée 2018, 37 fermetures de classes pour 12 ouvertures. Cette coupe représente l’accueil pour 600 élèves environ soit environ 10% de la population scolaire publique cannoise en maternelle et primaire. Certes ces fermetures concernent tout le département. Mais pourquoi fermer des classes quand il est prévu 127 élèves de plus pour le département. Pour alléger les effectifs ici, on bourre les classes là en fermant au passage un poste de temps en temps. Et la tactique est simple : on annonce beaucoup de fermetures et, sous la pression des organisations syndicales et des parents d’élèves, on est magnanime et on lâche un peu de lest. C’est ainsi que l’école Saint Exupéry à la Bocca n’aura droit qu’à une seule fermeture (en maternelle) quand deux étaient prévues : heureux parents !

 

Il est vrai que pour faire passer les CP et CE 1 à 12 dans les zones REP+ il faut des enseignants: la Méthode Blanquer-Macron est la suivante.

C’est exactement déshabiller Pierre pour habiller Paul et c’est ainsi qu’on prétend élever le niveau des enfants de notre pays !

Finalement dans le quartier Ranguin Ranchito classé ZEP depuis 1982 et sorti du réseau REP depuis 2016 ce sont deux classes qui ferment et le collège Gérard Philippe qui voit sa dotation aussi réduite. Sans doute est-ce l’application mécanique d’une mesure antérieure qui vient à échéance. Mais qu’en est-il de la question de l’évaluation de ces coupes claires sur la réussite des élèves ?

 

Et au lycée cela va aller mieux?

 

A Carnot plus d’élèves et moins d’heures, à Bristol idem au point que les enseignants ont marqué le coup par un arrêt de travail vendredi dernier (notons au passage que ces enseignants qui ont fait une heure de grève dans l’intérêt des élèves se verront retirer une journée de leur salaire mensuel : belle arithmétique ! Il n’y a pas de petites économies). Au total les établissements publics du second degré de l’académie se verront retirer l’équivalent de 10 emplois pour accueillir 630 élèves de plus. Voilà de quoi faire progresser le niveau des élèves dans des classes surchargées.

La réforme du bac va régler tout cela prétend Mr Blanquer ?

Ben voyons, les syndicats mais aussi les associations disciplinaires ne s’y trompent pas et font leurs comptes :

La quasi-totalité des enseignants des disciplines scientifiques sont vent debout contre cette réforme dont ils ont mesuré qu’elle servirait d’abord à réduire les horaires disciplinaires et supprimer des postes.

Applaudi par toute la droite et sa presse, Le Ministre triomphe aisément dans le public d’une émission taillée sur mesure et sans véritable contradicteur : à vaincre sans péril ….

Réformer le système éducatif, pour l’améliorer, nécessite de prendre du temps .C’est une affaire complexe pour laquelle on ne peut se passer des formes d’intelligence collectives qui pourraient être mobilisées dans le monde enseignant. Les décideurs, prennent trop souvent pour modèles des expériences lointaines et souvent discutables mais oublient toujours la richesse d’expérience professionnelle qui existe au sein de notre propre système d’enseignement.

La vérité est la suivante : d’un côté le Joueur de flûte qui vous explique qu’enfin on « réforme » au pas de charge dans l’intérêt de la nation et des générations à venir et de l’autre les verrous austéritaires draconiens qui renforceront les inégalités sociales et déchirent le tissu territorial.

Nous ne suivrons pas le Joueur de flûte : nos enfants ne sont pas des rats.

Jeudi matin à 8 heures les parents d’élèves des écoles de Ranguin Ranchito  manifesteront dans le quartier. Les communistes cannois serons à leurs cotés.

 

Dominique HENROT

SOUTENIR LES KURDES AU MOYEN ORIENT

Les Kurdes ce sont 35 millions de personnes réparties sur 4 pays du Moyen Orient : Syrie, Turquie, Irak, Iran . En 1920, suite à la disparition de l’Empire Ottoman, un traité prévoyait la création d’un Etat Kurde dans la zone d’implantation de cette communauté. Mais les intérêts économiques des grandes puissances (notamment liés au pétrole et à l’eau) ont fait que la région a été morcelée en plusieurs états aux frontières artificielles et sous le joug de la France et du Royaume Uni. Depuis dans les 4 pays concernés ce ne sont que conflits entre les autorités au pouvoir et les populations Kurdes dont les droits élémentaires sont bafoués quand elles ne sont pas persécutées ou massacrées notamment en Irak avec Saddam HUSSEIN et en Turquie avec ERDOGAN encore aujourd’hui. Alors que les troupes Kurdes ont combattu avec le succès qu’on sait contre l’Etat Islamique en Syrie et en Irak avec le soutien des occidentaux. Le président islamiste turc Erdogan, allié en sous-main de Daech, vient de lancer ses troupes contre les Kurdes en Syrie alors que occidentaux et russes regardent ailleurs, voire font preuve d’une certaine complaisance en autorisant les exactions contre les populations civiles Kurdes de la région d’Afrin.
Samedi dernier la communauté Kurde des Alpes Maritimes organisait un rassemblement avec manifestation à Cannes pour dénoncer le pouvoir Turc et le silence des alliés contre Daech. Le PCF par l’intermédiaire de ses représentants à Cannes leur a apporté son soutien, estime que la position du président Macron n’est pas digne de la France. On ne peut se contenter de demander à Erdogan ; «de  la modération », comme s’il pouvait y avoir des bombardements modérés. L’honneur de la France serait que son président dénonce ces massacres (qui ne sont pas sans rappeler le génocide arménien de triste mémoire) comme les emprisonnements et tortures effectués sur tous les opposants d’Erdogan.