Macron et Philippe n’ont toujours rien compris !

 

 

Ils se permettent d’exiger la démission de Maduro au Venezuela pour le remplacer par un président autoproclamé, soutenu par Trump et sa CIA et en « même temps » font semblant de ne pas mesurer l’urgence de la contestation sociale dans leur propre pays. En quoi sont-ils plus légitimes que le gouvernement de Maduro ? Depuis plus de trois mois des manifestants battent le pavé tous les samedis après avoir occupé les ronds-points. Depuis trois mois, on leur oppose une force brutale qui tue, blesse, éborgne ou ampute la plupart du temps des manifestants lambda (5 mains arrachées, 20 éborgnés et près de 200 blessés à la tête !). Cependant, quelques « commandos » de casseurs semblent agir en toute impunité permettant aux chaines d’info en continue de passer des images de guerre civile en boucle en vue de discréditer le mouvement.

Le mouvement s’essouffle ou sont-ce les compteurs du ministère de l’intérieur qui s’essoufflent ? Quelles réponses sont données aux revendications ? Le RIC donne des boutons à Phillippe et naïvement (ou pas !) il le dit en public. Macron poursuit son « one man show » retransmis en direct à la télé, en guise de grand débat national. Chacune de ses sorties devant un public n’apporte rien de plus que la précédente et nous montre une étrange conception de la neutralité et de la transparence. Si on y regarde bien, à aucun moment il ne sort de ses choix politiques et cherche plutôt à convaincre (méthode Coué ?). En tous cas, stratégie de la fuite en avant, dont il pense que couplée avec un dispositif répressif digne d’un état totalitaire elle pourrait porter des fruits sur les cadres, les classes moyennes et les commerçants. Cela ne prend pas. Majoritairement les français soutiennent plus ou moins le mouvement même si pour la plupart d’entre eux ils réprouvent les actes de violence. Situation complexe, un rien schizophrénique ; mais qui n’apporte toujours rien, ou si peu, à Macron. Les français ont bien compris que le pouvoir reste sourd à toute demande visant à plus de justice sociale et fiscale, à plus de démocratie. Ils ont bien compris que les réponses données sont autant de fausses pistes ne permettant pas d’apaiser la colère.

Alors que se profile le 15 mars issue d’un grand débat, dont personne ne croit raisonnablement qu’il apportera du neuf, le succès de la journée de grève nationale prévue à cette date, et à laquelle beaucoup de gilets jaunes ont annoncé vouloir participer, sera un moment clef pour le mouvement voire pour le quinquennat de Macron.

La situation est dans une impasse et ce ne sont ni les propos d’un Finkielkraut dans le Figaro ni ceux aux faux accents gaulliens de notre député Brochand         dans le Nice Matin d’hier qui aideront à en sortir. Il est temps que ceux qui détiennent le pouvoir comme ces donneurs de leçon à l’ego surdimensionné méditent le propos de Montaigne «  Sur le trône, on n’est jamais assis que sur son cul ».

Tant que nous y sommes rappelons aussi Pierre Mendes France « Il n’y a pas de démocratie si le peuple n’est pas composé de véritables citoyens agissant constamment en tant que tels ».

C’est pourquoi il faut, en tant que « citoyens agissants », participer au débat, dont nous avons pris l’initiative, le 19 février de 18 h 30 à 21 à la maison des associations de Cannes.

Amitiés à toutes et tous.

Dominique HENROT

A MANDELIEU aussi certains sont « trop intelligents et trop subtils » !

Suite à notre appel au rassemblement devant la poste de La Napoule la mairie de Mandelieu via Nice Matin nous accuse de « récupération politique de bas étage », puis se dédouane totalement de la situation qui est faite aux usagers de la Poste et enfin concernant une demande d’une salle municipale pour que le collectif puisse y organiser une réunion publique, la ville répond que suite à une délibération du conseil municipal les salles municipales ne peuvent être utilisée que par les associations interdisant donc leur utilisation politique.

Voici notre réponse :

A la tête de la « ville de Mandelieu » se trouvent des politiciens de très  « haut niveau ». Au point qu’ils puissent se permettre de mépriser des exigences populaires élémentaires et les forces sociales et politiques qui les portent dont s’honore de faire partie le PCF. Il en est ainsi d’une peccadille à savoir la défense des services publics de proximité et notamment celui de la Poste. Pour ce qui  nous concerne, nous allons poursuivre, n’en déplaise à ces esprits de « haut niveau » que l’Ancien Régime ne renierait pas. Que ce soit pour la Poste, l’école, la Justice, la Santé, et bien d’autres encore, la barricade n’a que deux côtés et  nous sommes au quotidien auprès et avec ceux qui luttent pour une société plus juste et équitable.

Concernant plus directement les bureaux de Poste de la Napoule et de Capitou, s’il est vrai que c’est la Poste qui en a décidé la fermeture. Nous sommes convaincus, dans le cadre d’une négociation globale sur l’ensemble du service postal communal, intégrant les représentants des salariés, qu’il aurait été possible de parvenir à un accord plus favorable aux usagers.

Mais, peut être que la société La Poste était en position de force vis-à-vis de la ville en regard de l’opération immobilière réalisée à l’emplacement ancien des locaux du bureau du centre-ville. Pour gagner du temps sur la libération de cet espace, a-t-il fallu accepter la fermeture des deux bureaux ? Comment le savoir puisque les négociations sont restées entre les murs calfeutrés de responsables politiques de « haut niveau » et de dirigeants « éminents » d’un Service Public qu’ils mettent à mal ?

 En tous cas aujourd’hui le résultat est là et ce sont les usagers qui trinquent quoiqu’en prétende « la ville ». Les habitantes et habitants de la Napoule et de Capitou vont devoir faire attendre au bureau central pour réaliser les opérations que les agents municipaux ne pourront effectuer pour eux. On n’arrête pas le progrès !

Enfin, quant à l’utilisation des salles municipales, il est donc établi que les réunions tenues par le Maire de Mandelieu n’ont rien à voir avec la politique puisqu’il peut, lui, les utiliser. C’est là une bien étrange conception de la démocratie.

RÉPONDRE A LA PROVOCATION!

David LISNARD, le Maire de Cannes s’est exprimé au JT de France 2 hier au soir à propos du grand débat.Certes,  Macron et son gouvernement  se dégagent de leurs responsabilités sur les maires, montrant en cela qu’ils méprisent autant le peuple que ses élus de proximité, les seuls qui dans notre démocratie en crise résistent au rejet. Mais cette défausse du pouvoir illustre aussi le profond divorce entre une majorité de la population et les choix politiques réaffirmés dans la lettre présidentielle. C’est pourquoi cette consultation biaisée et tardive doit selon nous être mise en œuvre  sans désemparer pour donner à toutes et tous l’occasion d’une expression sans tri ni censure déguisée. D’ailleurs les premiers retours des cahiers de doléances, mis en place dans nombre de communes montrent, que les vrais problèmes y sont très majoritairement posés : sans surprise les questions de justice sociale, de justice fiscale, de hausse du pouvoir d’achat, et de profonde réforme politique sont posées de manière claire et explicite. Le rétablissement de l’ISF est en tête, cela ne pourra pas être évacué. Ces cahiers montrent déjà que nos concitoyennes et concitoyens n’entendent pas s’en remettre au seul RIC,  pas plus qu’ils ne sont obnubilés  par la question migratoire ou par la Loi Taubira. Elles et  ils  veulent mieux vivre et savent que c’est possible  autrement qu’en continuant « d’arroser » les fameux premiers de cordée. Elles et  ils veulent que l’impôt socialement juste permette de financer des services publics indispensables. L’impôt doit peser davantage sur le capital et les fortunes et non sur celles et ceux qui ne vivent que de leur salaire et de leurs retraites. « Augmenter l’impôt, ou réduire les services publics » n’est pas leur choix ; pas davantage que des taxes dont le poids repose sur la majorité de la population en épargnant les fortunes et le capital. Ce grand débat est indispensable et il revient à la Municipalité de Cannes d’en donner tous les moyens : c’est l’unique façon de faire la démonstration, face à une détermination gouvernementale sans faille, qu’il existe une détermination populaire qui n’entend pas s’en laisser compter.

Dominique HENROT

 

Mr « CONTRÔLE +Z » et les Mathématiques dans l’Enseignement secondaire Public.

Si le plus « haut » personnage de l’État peut déclarer qu’ « on ne peut pas demander à la fois moins d’impôts et plus de services publics » sans que cela déclenche un tel tollé qu’à défaut de partir , il doive se cacher , il ne faut pas s’étonner que Mr « Contrôle +Z », alias Blanquer ,  puisse, sans bruit et en toute impunité, rayer d’un trait de plume l’enseignement des mathématiques du corpus commun de l’enseignement secondaire à partir de la seconde.  Qu’un ci-devant ex-Ministre de l’Éducation Nationale n’en ait jamais eu « besoin », à entendre les « raisonnements » dont il abreuve ses passages médiatiques, ne fait pas de doute. Et il est sûr,  qu’on peut, sa vie durant, n’avoir jamais eu à utiliser les « identités remarquables » qui n’ont de « remarquables » que l’adjectif. Il ne s’agira pas ici de la défense d’une discipline dont Carl Gustav Jacob Jacobi , l’un de ses contributeurs marquants écrivait à Joseph Louis Fourier, aux travaux d’inspiration inépuisable   : «un philosophe comme lui aurait dû savoir que le but unique de la science, c’est l’honneur de l’esprit humain, et que sous ce titre, une question de nombres vaut autant qu’une question du système du monde » ; elle se passe fort bien de défenseurs face aux cuistres qui se mêlent de l’attaquer . Y a-t-il  la moindre nécessité d’enseigner à toutes et tous les rudiments de la façon la plus stupide, à la façon du Dr Knock : « Chaque jour, à la même heure, on ouvrira le même livre, à la même page, et on récitera : 2+2=4 » .

Sur ces aspects, Martin Adler, Président de l’Association « Animath », a tout dit.

 Mais c’est d’une toute autre question qu’il s’agit. Cette suppression dans le tronc commun n’est pas seulement une insulte à l’avenir immédiat : derrière l’automation croissante, impliquant la réduction massive du temps de travail contraint et non l’augmentation du chômage et de la précarité, se cachent de nouvelles qualifications, ce dont le MEDEF ne veut pas en entendre parler. Qualifications relatives au contrôle et à une infinité de processus connexes qui supposent des citoyen.nes en mesure de les maîtriser. Toutes, partie infime du continent des questions qui se posent à l’humanité,  mobilisent, à des degrés divers, certaines connaissances mathématiques.

Que l’Education Nationale soit en crise profonde n’est un secret pour personne ; elle n’est qu’une des dimensions multiformes de celles qui affectent la société française. Le statut quo est impensable ; Mr « Contrôle+ Z » s’emploie à la « réformer ». Personnage lisse du gouvernement, passé sans transition de la Sarkozie à la Macronie,  échappant aux quolibets mérités par d’autres, sa caractéristique principale est la détermination absolue dans la mise en pièces de ce qui subsiste d’Etat social pour y substituer ce qu’exige un Etat par et pour le profit.

Il y a encore bien plus grave : cette suppression « anodine » accentuera la scission entre exécutants et décideurs. Une citoyenneté de plein exercice se voit ainsi amputée.  Avant de constituer un assemblage de hiéroglyphes, les mathématiques sont constitutives de l’imaginaire,  participent du mouvement des idées et des représentations, entretiennent un dialogue avec toutes les formes artistiques, font partie du patrimoine architectural, sont partie intégrante de l’acquisition du sens critique, de la culture .Sans tapage nocturne, elles contribuent au sens de l’universel.  

Cette suppression « anodine » s’inscrit directement dans l’abandon de l’idée de « démonstration » à l’appui de toute pensée.  Discipline dont l’accès est par essence même démocratique, ne requérant aucun code socioculturel préalable, sa suppression du tronc commun accentuera les inégalités sociales, fragmentera davantage le tissu territorial, contribuera à la dislocation du Service Public d’Education nationale.

Après les « mesures d’économie », Mr Blanquer a inventé l’économie de la pensée.  

 

Et l’Humain dans tout ça!

 

La course à l’échalote pour doter sa police municipale des technologies les plus sophistiquées se poursuit entre les maires des communes littorales des Alpes Maritimes. Après des caméras de surveillance qui interpellent verbalement les contrevenants éventuels (big brother est bel et bien là!) voila maintenant que le délire sécuritaire, déjà omniprésent chez l’oncle, se développe chez le nouveau maire de Mandelieu, faisant de cette ville un pilote de la vidéo surveillance. Outre le fait que le citoyen n’échappe plus à ces contrôles permanents de sa vie privée on peut se demander s’il n’eut pas été plus utile de placer les 26 agents ainsi mobilisés sur le terrain, au contact de la population dans le cadre de relations humaines. Dans quel monde allons nous vivre demain avec tout ces « robots » qui font à la place des humains. Dématérialisation des démarches administratives (et tant pis pour ceux qui n’ont pas internet), automates à la banque, à la poste, au supermarché, consultation, diagnostic et prescription médicale via le net; le règne de la machine, de l’intelligence artificielle et des robots s’installe. Et ce avec un chômage « structurel »massif d’autant que les emplois de conception de ces machines ne compensent pas les emplois ainsi perdus. Le mouvement des gilets jaunes montre bien que la disparition des relations humaines réelles devient insupportable. La casse des services publics remplacés par des succédanés de service (voir la fermeture des agences de la Poste à Mandelieu), d’un côté, la psychose sécuritaire de l’autre, associés à un pouvoir d’achat en berne et une précarité professionnelle croissante fragilisent nos concitoyens. Et pendant ce temps-là, on installe des caméras sophistiquées pour attraper les délinquants de toute l’Europe mais rien n’est fait pour traquer les délinquants fiscaux qui planquent chaque année 80 milliards dans les paradis fiscaux. Revenons sur terre et conservons notre libre arbitre! Revenons sur terre et conservons notre libre arbitre!